Un peu d'histoire

Soixante-dix ans de recherches fondamentales

Créé par un décret du Président de la République Albert Lebrun, le 19 octobre 1939, alors que la France est déjà entrée dans la deuxième guerre mondiale, le CNRS a pour vocation, à cette époque, de regrouper tous les organismes d'État, non spécialisés, de recherche fondamentale ou appliquée, et de coordonner les recherches à l'échelon national. Il est le fruit de la clairvoyance et de la persévérance de quelques scientifiques, parmi lesquels Jean Perrin, prix Nobel de physique en 1926. Ce dernier est à l'origine de la fusion de la Caisse nationale de la recherche scientifique avec l'Office national des recherches scientifiques et des inventions en 1938. Et c'est ce Centre national de la recherche scientifique appliquée, ainsi créé, qui devient, en 1939, le Centre national de la recherche scientifique.

L'essor de l'après-guerre

La guerre sévissant, le CNRS consacre ses premières années aux recherches appliquées : militaires jusqu'à l'armistice, et économiques jusqu'en 1944. Recherches atomiques, détection par ondes radio, produits alimentaires de substitution... sont autant de recherches menées dans les laboratoires financés par le CNRS, pendant ces années de guerre. Le véritable essor du CNRS débute après la victoire de 1945 : l'organisme s'oriente alors nettement vers la recherche fondamentale. La recherche appliquée est confiée à de grands organismes spécialisés et créés à cet effet : l'ORSTOM (Institut français de recherche scientifique pour le développement en coopération) spécialisé dans la recherche outre-mer, le CNET (Centre national d'études des télécommunications) et le CEA (Commissariat à l'énergie atomique).

Un tournant : la création des laboratoires associés

1966 voit la mise en place d'une importante mutation structurelle au sein du CNRS, avec la création d'unités associées. Il s'agit de laboratoires universitaires, soutenus par le CNRS grâce à ses moyens humains et financiers. Ces laboratoires sont liés au CNRS par un contrat d'association. Avec les unités associées, le CNRS, couvrant toutes les disciplines scientifiques, peut aider l'ensemble de la recherche française. Un peu plus tard, sont créés deux instituts fédératifs : en 1967 l'Institut national d'astronomie et de géophysique (Inag), qui deviendra ultérieurement l'Institut national des sciences de l' univers (Insu), et en 1971, l'Institut national de physique nucléaire et de physique des particules (IN2P3). Ces deux structures coordonnent les efforts du CNRS et de l'enseignement supérieur pour lancer et conduire de nouveaux programmes scientifiques, construire et gérer des équipements lourds, tels le télescope franco-italien Thémis aux Canaries pour l'INSU, ou l'installation européenne de rayonnement synchrotron (ESRF) à Grenoble pour l'IN2P3.

Une réponse aux questions de la société

Au cours des années 1970, l'intérêt pour des recherches finalisées s'affirme avec la création du département des sciences pour l'ingénieur. Sa vocation : développer une recherche fondamentale susceptible de répondre aux problèmes posés par les industriels. Les années 1980 sont marquées par une évolution des découvertes scientifiques, souvent à la croisée de diverses disciplines. La science évolue, le CNRS également : il inaugure une politique d'actions interdisciplinaires de recherche. Ces dernières réunissent, sur un thème donné, des chercheurs de disciplines scientifiques différentes, qui tentent de répondre aux questions posées par la société à la science. La santé, l'énergie, l'environnement en sont des exemples. Dans le même temps, le CNRS s'ouvre aux autres organismes de recherche, tel l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) ou, plus récemment, à l'industrie en créant des unités mixtes, gérées conjointement par le CNRS et une entreprise publique ou privée. Intensifiant ses partenariats et participant à l'effort national d'optimisation des moyens de la recherche publique, le CNRS est le premier des organismes nationaux de recherche à s' engager dans la "contractualisation" au cours des années 1990. Le coeur du dispositif mis en place entre tout établissement d' enseignement supérieur qui le souhaite, le ministère chargé de la recherche et le CNRS est l'élaboration et la signature d'un contrat de partenariat quadriennal, dans lequel les partenaires s'engagent, pour quatre ans, sur un programme scientifique précis, un budget et des modalités de mise en œuvre.

Des chercheurs de talent  

De très nombreux chercheurs éminents ont travaillé, à un moment de leur carrière, dans des laboratoires soutenus par le CNRS.

Pour en savoir plus

Comité pour l'histoire du CNRS

Convaincue que la connaissance du passé permet de comprendre le présent et de définir de nouvelles orientations, la direction générale du CNRS a pris la décision, le 19 novembre 1998, de créer un Comité pour l'histoire du CNRS. Y siègent les membres de la direction du CNRS et des personnalités scientifiques.

Site du Comité pour l'histoire du CNRS
Revue pour l'histoire du CNRS

Archives du CNRS

À travers les sources et documents collectés, conservés et communiqués par le secteur Archives du CNRS, il est possible de retracer l'histoire de l'organisme, d'étudier les évolutions d'un domaine scientifique ou encore de rédiger la biographie d'un chercheur...

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