2012 Une année avec le CNRS 33 Portrait Médaille d’or du CNRS Philippe Descola Philippe Descola, le décrypteur des sociétés humaines Spécialiste du rapport à la nature établi par les sociétés humaines, Philippe Descola, 64 ans, vient de voir l’ensemble de ses recherches couronnées en 2012 par la médaille d’or du CNRS, la plus haute distinction scientifique française. Titulaire de la chaire d’anthropologie de la nature au Collège de France depuis 2000, il dirige depuis 2001 le Laboratoire d’anthropologie sociale (CNRS/Collège de France/ EHESS), à Paris. Ses travaux menés en Équateur auprès des Indiens Jivaros Achuar ont révolutionné les études sur l’Amazonie. C’est en tant que chargé de mission par le CNRS qu’il part sur le continent vert entre 1976 et 1978. Une expérience ethnographique qui nourrira sa thèse de doctorat, dirigée par Claude Lévi-Strauss et soutenue en 1983. Il y montre notamment comment les Achuar attribuent des caractéristiques humaines à la nature, les humains et non-humains formant ainsi un continuum. Étendant progressivement sa réflexion à d’autres sociétés et dépassant le dualisme qui oppose nature et culture, Philippe Descola redéfinit la dialectique structurant notre propre rapport au monde et aux êtres. Inventeur d’une « écologie des relations » qui s’intéresse aux relations entre humains et non-humains, il identifie quatre manières distinctes des sociétés humaines d’envisager la limite entre soi et autrui : l’animisme, le totémisme, l’analogisme et le naturalisme. Ses recherches permettent ainsi de mieux comprendre les sociétés humaines en fonction des propriétés différentes que ces sociétés détectent dans le monde. Dans ses récents travaux, le chercheur étudie comment les modes d’identification universels s’articulent avec des modes de figuration et le recours aux images. Depuis 2011, il travaille également sur une anthropologie du paysage en dégageant des principes de figuration iconique et de transfiguration de l’environnement à l’oeuvre dans des cultures où une tradition conventionnelle de représentation paysagère n’existe pas.
RA2012
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