Portrait Prix Nobel de physique Serge Haroche 2012 Une année avec le CNRS 43 Serge Haroche, l’explorateur du monde quantique Médaille d’or du CNRS en 2009, Serge Haroche, 68 ans, vient de décrocher, aux côtés de l’Américain David Wineland, le prix Nobel de physique 2012 pour ses travaux en physique quantique. « Les lauréats du Nobel ont ouvert la voie à une nouvelle ère d’expérimentation de la physique quantique en faisant la démonstration de l’observation des particules quantiques individuelles sans les détruire », a indiqué le comité Nobel. Professeur au Collège de France, dont il est l’actuel administrateur, Serge Haroche travaille au sein du laboratoire Kastler Brossel (CNRS/ENS/UPMC/Collège de France), à Paris. Il a commencé à faire de la recherche en 1965, au moment où la physique atomique et l’optique quantique connaissaient une profonde révolution, liée à la découverte des lasers et au développement de méthodes nouvelles de manipulation des atomes par la lumière. Il a joué un rôle pionnier dans le domaine de recherche de l’optique quantique en observant l’interaction atome-lumière sous son jour le plus fondamental. Le physicien est l’un des fondateurs de l’électrodynamique quantique en cavité, domaine qui consiste à étudier les interactions entre un atome unique et quelques photons contenus dans une « boîte ». Il est parvenu à isoler un photon du monde extérieur dans une cavité aux parois presque idéalement réfléchissantes et l’a forcé à interagir, sans qu’il soit détruit, avec une succession d’atomes traversant la cavité. Ses travaux lui ont permis de vérifier expérimentalement plusieurs expériences de pensée proposées par les fondateurs de la mécanique quantique comme Niels Bohr, Albert Einstein et Erwin Schrödinger. Ils ont largement contribué à expliquer la grande différence apparente de comportement entre le monde microscopique quantique et le monde macroscopique classique. Aujourd’hui, Serge Haroche prône avec ferveur la nécessité de poursuivre la recherche fondamentale, qui conduira nécessairement au développement de nouvelles technologies, car, comme il aime à le rappeler, « les grandes découvertes fondées sur la technologie quantique, telles que le laser, le transistor ou l’imagerie médicale par résonance magnétique, n’ont jamais été annoncées. Les scientifiques n’ont jamais prémédité l’usage de ces technologies avant leur création ».
RA2012
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