Portraits Jean Jouzel, l’as des glaces Paléo-climatologue au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (CNRS/CEA/ UVSQ), à Gif-sur-Yvette, Jean Jouzel, 66 ans, s’est vu décerner en 2012, avec l’Américaine Susan Solomon (NOAA, États-Unis), le prix Vetlesen pour ses travaux qui ont permis de reconstituer quelque 800 000 ans d’histoire climatique de l’Antarctique, soit l’enregistrement le plus long jamais obtenu à partir de carottes de glace. Le chercheur est le premier Français à recevoir cette prestigieuse distinction, considérée comme le « Nobel des sciences de la Terre et de l’Univers ». Il a effectué l’ensemble de sa carrière au CEA et dirigé pendant huit ans l’Institut Pierre-Simon-Laplace, qui fédère les laboratoires de la région parisienne travaillant sur le climat et l’environnement. Avec le climatologue Claude Lorius, son « mentor » pionnier des forages et études glaciologiques, il a reçu en 2002 la médaille d’or du CNRS pour ses études sur la relation entre climat et atmosphère du passé, reconstitués à partir de l’analyse de glace et des bulles d’air qui y sont emprisonnées. Honoré à titre collectif avec le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat par le prix Nobel de la paix en 2007, Jean Jouzel est également un des leaders dans la diffusion vers le public des conséquences des activités humaines sur le climat de notre planète. Il est membre du comité de pilotage du débat national sur la transition énergétique en France. Supercalculateur CURIE conçu par Bull pour le Genci. Prix Vetlesen Jean Jouzel Alain Benoît, le champion de l’instrumentation Directeur de recherche à l’Institut Néel du CNRS, à Grenoble, Alain Benoît, 64 ans, est l’un des lauréats 2012 de la médaille de l’innovation du CNRS. Ce spécialiste de la physique des solides à très basse température a mis au point avec son équipe des procédés technologiques capables de refroidir les instruments de détection utilisés dans les missions spatiales afin d’augmenter leurs performances. En effet, plus on se rapproche de la limite du zéro absolu (- 273,15 °C), plus les instruments sont efficaces. Alain Benoît a développé différents systèmes de cryostats à dilution permettant le refroidissement proche du zéro absolu et qui sont désormais utilisées dans toutes sortes d’instruments. Le satellite Planck détient, par exemple, le record de froid pour un instrument spatial, l’une de ses caméras étant restée à - 273,05 °C pendant plus de deux ans. Aujourd’hui, l’invention d’Alain Benoît se retrouve également au laboratoire souterrain de Modane, au coeur de l’expérience Edelweiss, en quête de la mystérieuse matière noire qui représenterait près du quart de l’énergie de l’Univers. Le physicien a, par ailleurs, travaillé sur des « Kids », éléments supraconducteurs qui résonnent en fonction des ondes électromagnétiques qu’ils reçoivent et grâce auxquels on peut fabriquer des caméras à haute résolution. Et il vient de breveter avec un collègue un nouveau système de dilution pour les cryostats des satellites qui permet aux expériences spatiales de ne plus être limitées par l’autonomie d’un système de refroidissement. 2012 Une année avec le CNRS 53 Médaille de l’innovation Alain Benoît
RA2012
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