Recherche sans frontières ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Trois questions à… Arturo Zychlinsky, directeur de l’Institut Max-Planck d’infectiologie de Berlin ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Pouvez-vous présenter brièvement l’Institut Max-Planck d’infectiologie ? Créé en 1992, notre Institut est spécialisé dans la recherche fondamentale sur les maladies infectieuses et l’immunologie, en raison de leur pertinence médicale mais aussi de leur rôle majeur dans l’évolution. Nous concentrons nos travaux sur divers agents pathogènes : bactéries, virus, vecteurs, parasites… Et nous étudions les processus de défense immunitaire via différentes méthodes expérimentales. L’Institut, qui déploie une approche multidisciplinaire de l’infectiologie, compte cinq départements et cinq unités de recherche. à Strasbourg est le fer de lance des travaux réalisés en ce domaine. En témoigne le prix Nobel de physiologie ou de médecine attribué en 2011 à Jules Hoffmann. La création d’un LIA entre nos institutions a permis de donner un cadre juridique à cette collaboration dont le thème principal concerne les voies de signalisation immunitaire utilisées par les insectes pour repousser les agents pathogènes. Quels résultats attendez-vous de cette collaboration scientifique ? Nous pensons que l’expertise combinée des deux laboratoires conduira à établir de nouveaux paradigmes sur les interactions hôte-pathogènes. Certaines de ces découvertes permettront de proposer des solutions innovantes afin de lutter efficacement contre le paludisme. 2012 Une année avec le CNRS 65 Pourquoi avoir créé un Laboratoire international associé (LIA) avec le laboratoire « Réponse immunitaire et développement chez les insectes » de Strasbourg et quels sont les thèmes de cette recherche conjointe ? L’épidémiologie représente aujourd’hui un axe majeur de nos recherches. Or le laboratoire du CNRS créé par Jules Hoffmann adhère ainsi à Science Europe, qui regroupe cinquante-et-un organismes de recherche et agences de moyens issus de vingt-cinq pays. « Ce club, créé en octobre 2011 à Berlin et qui s’est structuré en 2012, se positionne comme une force nouvelle de réflexion et de proposition auprès de la Commission européenne, comme un acteur clé de l’Espace européen de la recherche, souligne Minh-Hà Pham-Delègue, directrice de la DERCI. Nous participons activement aux différentes initiatives en gestation ou en développement afin de permettre au CNRS d’influer collectivement sur les priorités de la Commission européenne. Un lobbying crucial alors que se prépare le nouveau programme-cadre Horizon 2020 qui orientera la recherche européenne pour les sept prochaines années. » Le CNRS collabore également avec d’autres organismes dans le cadre des projets européens de coopération internationale (INCO) de l’Union européenne afin de porter l’excellence des scientifiques européens à l’extérieur du continent. Il s’investit notamment dans les projets les plus stratégiques comme les ERA-Net, qui permettent à des organismes issus de différents États de l’UE de travailler en concertation avec des pays tiers, et de lancer des appels à projets multilatéraux. En 2012, le CNRS s’est particulièrement impliqué dans la coordination d’ERA-Net avec quatre pays majeurs sur la scène de la recherche mondiale, l’Inde, la Russie, le Japon et la Corée du Sud. L’organisme a ainsi piloté le lancement et le suivi de l’appel à projets conjoint avec l’Inde portant sur la biotechnologie appliquée à la santé humaine en 2012. Une année ponctuée par deux autres évènements marquants coordonnés par le CNRS : la publication d’une étude prospective, L’état et le futur de la coopération scientifique entre l’UE et l’Inde, et l’organisation de la troisième édition des Journées indo-européennes de la coopération scientifique, technologique et de l’innovation à Hyderabad. Dans le cadre de l’ERA-Net avec la Russie, prolongé jusqu’en juillet 2013, le CNRS a assuré la préparation et le suivi des appels à projets « science & technologie » et « innovation » et s’est fortement investi dans la préparation du prochain ERA-Net avec ce pays, dont les appels à projets recevront un financement européen additionnel. Un réseau unique d’unités de recherche à l’étranger Le CNRS bénéficie d’une notoriété forte et d’une visibilité croissante dans le paysage mondial. Il a développé plusieurs outils de coopération pour l’international adaptés aux attentes des chercheurs, qui permettent de structurer les partenariats, et a mis en place une politique ambitieuse d’implantation de laboratoires à l’étranger, les unités mixtes internationales (UMI) et les unités mixtes des Instituts français de recherche à l’étranger (UMIFRE). « Véritables structures de recherche, les trente UMI regroupent sur un site unique des chercheurs, des ingénieurs, des techniciens et des étudiants affectés par le CNRS et l’organisme étranger partenaire », explique Minh-Hà Pham-Delègue. Une unité mixte associant pour la première fois le CNRS et le Massachusetts Institute of Technology (MIT) a été inaugurée en juin 2012 par Alain Fuchs, prési- « Grâce notamment à des accords stratégiques conclus avec nos partenaires à travers le monde, nous accompagnons la « marque France » sur le chemin de l’excellence scientifique et de la visibilité internationale. » Joël Bertrand, directeur général délégué à la science •••
RA2012
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