Entretien avec Alain Fuchs ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 2012 Une année avec le CNRS 5 Le rayonnement international du CNRS s’est d’ailleurs renforcé cette année. Le Scimago Institutions Rankings (SIR) a décerné à notre organisme la première place parmi les instituts de recherche les plus importants de la planète… Le CNRS se situe très nettement en tête des institutions scientifiques mondiales en matière de documents de recherche publiés et répertoriés dans les bases de données internationales. Quand on sait que les sciences humaines et sociales y sont fort mal comptabilisées, on réalise à quel point notre structure s’impose comme le véritable « leader mondial » de la production de connaissances scientifiques. Il convient bien entendu de souligner que la signature CNRS sur une publication concerne dans l’immense majorité des cas une unité mixte de recherche, en partenariat avec une université ou une école. C’est donc l’ensemble du système mixte CNRS-Universités qui est couronné par ce classement. Tout cela confirme l’importance de la recherche hexagonale sur l’échiquier international. Pour autant, je suis conscient que nous avons encore des marges de progrès importantes à faire pour accentuer la visibilité et donc l’attractivité de notre recherche de par le monde. Autre signe de la bonne santé du CNRS… la présence de l’organisme parmi les cent institutions mondiales – publiques ou privées – leaders en matière d’innovation. Le rôle du CNRS dans ce domaine n’est-il pas encore trop méconnu ? De fait, le CNRS et ses partenaires universitaires ont souvent la réputation de produire essentiellement de la recherche fondamentale. L’existence de plusieurs organismes très efficaces dédiés à des recherches appliquées pourrait certes laisser entendre qu’une forme de « partage » amont-aval s’est opérée entre les différentes institutions. Cette vision s’avère simpliste. En effet, cette distinction « fondamental » contre « appliqué » n’a aujourd’hui plus lieu d‘être. Le CNRS dépose beaucoup de brevets, plus de quatre cents en 20121, ce qui le classe au cinquième rang national ; il conduit des recherches partenariales avec de nombreuses entreprises sous la forme de plus de soixante-dix unités mixtes et laboratoires communs. Nous sommes actionnaires des Sociétés d’accélération de transfert de technologie, nos équipes travaillent avec les instituts Carnot, les pôles de compétitivité, les Instituts de recherche technologique… Cet engagement reste en partie méconnu, nous devons multiplier nos efforts pour mieux l’expliquer. Avec pour objectif central de contribuer à un transfert de connaissances et de compétences toujours plus efficace en direction du tissu économique. Quelles sont les conséquences de la crise actuelle et de la démarche de redressement des comptes publics, notamment en matière d’emploi et de financements ? L’enseignement supérieur et la recherche ont été protégés lors des arbitrages gouvernementaux de la loi de finances 2012. C’est indéniable. Il s’agit là d’un effort que plusieurs pays voisins n’ont pu réaliser. Lorsque je rencontre mes homologues italiens ou espagnols par exemple, je fais beaucoup d’envieux en expliquant que je peux continuer à recruter près de trois cents jeunes chercheurs… Et bien sûr je n’oublie pas les ingénieurs et de techniciens que Les Assises nationales de l’enseignement supérieur et de la recherche, inaugurées le 26 novembre 2012 au Collège de France par le Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault, ont constitué le point d’orgue d’une concertation inédite, à laquelle les personnels du CNRS ont largement contribué. •••
RA2012
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