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Le CNRS, terre d’innovations ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Trois questions à… Christophe Moriceau, responsable scientifique de Michelin ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Michelin et le CNRS collaborent étroitement depuis plus de vingt ans… Absolument ! Et le groupe Michelin est très attaché à la poursuite et au développement de sa coopération avec le CNRS. La traçabilité des innovations émanant des laboratoires CNRS dans les produits Michelin est très complexe car une cinquantaine de brevets sont attachés à chaque pneu et sept à huit années peuvent s’écouler entre leur dépôt et leur application industrielle. Mais les collaborations entre nos chercheurs et ceux du CNRS restent une priorité et permettent une plus grande ouverture d’esprit et un gain d’expertise pour nos chercheurs. 2012 Une année avec le CNRS 69 Que pouvez-vous nous dire sur le nouvel accord signé en 2012 ? Notre histoire commune a été jalonnée de longues discussions sur le partage de la propriété intellectuelle, ce qui nous a longtemps poussés à limiter nos échanges à des sujets plutôt fondamentaux. Afin de clarifier et de renforcer les contours de notre coopération, nous avons donc décidé de formaliser un accord-cadre quadriennal. Ce document se fonde sur la compréhension mutuelle des contraintes et des priorités de chacun. Il fixe un principe général de travail, un champ thématique, les conditions de partage de la valeur et demeure ouvert à toutes les formes possibles de collaboration. Chaque collaboration donne ensuite lieu à un contrat dédié. Qu’en est-il de l’avenir ? Cet accord-cadre nous permet d’enrichir nos relations : tout en gardant un volet fort de recherche fondamentale, qui permet d’enrichir et compléter nos expertises internes et de préparer l’avenir, nous souhaitons impliquer plus fortement le CNRS dans notre innovation. Notamment, l’efficacité du transfert du résultat des travaux communs dans la réalité suppose d’avoir identifié au départ les bons problèmes scientifiques. Nous souhaitons impliquer plus fortement le CNRS dans la formulation des questions et pas seulement dans leur résolution. Nous augmenterons ainsi nos chances de déboucher sur une innovation et le dépôt d’un brevet. Des solutions de transfert de technologie innovantes Le paysage de la valorisation de la recherche s’est enrichi de nouveaux acteurs en 2012. Les CVT et les SATT répondent à l’un des objectifs centraux du Programme Investissements d’avenir (PIA) : contribuer à la compétitivité de l’industrie française en favorisant le transfert des technologies entre la recherche publique et les entreprises. Le CNRS est membre fondateur et/ou actionnaire des cinq CVT et des neuf SATT créés en 2012 (quatorze à terme). Partie prenante de leurs bureaux opérationnels et/ou de leurs conseils d’administration, l’établissement s’est intimement impliqué dans le fonctionnement quotidien de ces outils inédits, y compris à travers sa filiale FIST SA. « Le CNRS contribue très directement à la maturation des découvertes et à l’accélération des processus de transfert des nouvelles technologies vers les entreprises. Les CVT jouent le rôle de portail à haute valeur ajoutée : ils apportent expertise, conseils stratégiques et services à forte valeur ajoutée aux différents acteurs des écosystèmes : SATT, Instituts de recherche technologique, France Brevets… », explique Pierre Gohar. Agents d’imagerie, le premier Domaine de valorisation stratégique (DVS) du CVT d’Aviesan1 a ainsi vu le jour en janvier 2013. Le CNRS est chargé d’en piloter la coordination scientifique. Au carrefour des univers de la recherche et de l’entreprise, les SATT ont pour mission d’accélérer l’industrialisation des découvertes scientifiques en favorisant leur maturation. Ces nouveaux acteurs de l’innovation structurent régionalement la valorisation de la recherche publique. Le CNRS a déjà signé une convention avec Conectus Alsace, la première née des SATT (voir encadré page 68). D’autres accords sont en préparation, en particulier avec Toulouse Tech Transfer et Île-de-France Innov’. Affaires à suivre… 1 Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé. « L’innovation, moteur de développement économique et social, est dans les gènes du CNRS. De nombreux travaux de recherche issus des laboratoires CNRS sont chaque année valorisés pour un transfert efficace vers la société. » Joël Bertrand, directeur général délégué à la science


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