sance du site de reproduction, du territoire, etc.). L’état d’avancement dans ces différentes ap- proches par les équipes est variable en fonction des objectifs de recherche, des modèles biolo- giques et de leurs milieux de vie, ainsi que des contraintes techniques qui peuvent y être asso- ciées. En particulier la force des recherches en milieu aquatique porte surtout sur l’étude dé- taillée des structures chimiques impliquées prin- cipalement dans les mécanismes de défense. Celle en milieu terrestre porte plus sur le rôle écologique de ces molécules et cherche à iden- tifier les mécanismes d’interactions entre orga- nismes dans un contexte intégratif. Figure 3 : Mimétisme sexuel La diversité chimique des molécules est im- chez l’orchidée mense et dépend souvent de leur mode de dif- Ophrys ficalhoana fusion (eau/air). Cette diversité et complexité des messages chimiques ont très vite amené gie, protection, dispersion des graines, mutua- les écologues à se rapprocher des chercheurs lismes), celles entre insectes (insectes hôtes et en Chimie organique structurale pour avancer parasites, relations prédateur-proie), celles entre dans la description et la compréhension de la plantes (relations allélopathiques, allélobioses) chimio-biodiversité. et entre une espèce et son milieu (reconnais- Les chercheurs en Écologie marine identi ient (LC- La crépidule, une espèce invasive des côtes de la Manche Focus 3 : Invasions biologiques Les invasions biologiques résultent de l’introduction accidentelle ou vo- lontaire d’une nouvelle espèce dans un environnement, en relation avec des activités humaines variées (commerce maritime, agriculture, aquaculture, etc.). Ces espèces non-indigènes peu- vent se propager et proliférer au détriment d’espèces locales, conduisant à perturber fortement et durablement les écosystèmes. Cela peut se traduire par la disparition ra- pide d’espèces endémiques sous l’action directe de composés toxiques et/ou d’une compétition accrue pour la ressource et l’espace. L’Écologie chimique est une des disciplines qui met en oeuvre concepts et outils pour mieux comprendre ces méca- nismes, ainsi que les interactions entre espèces natives et espèces invasives. Par exemple, l’étude des modifications comportementales ou reproductives chez le ter- mite Reticulitermes flavipes, largement répandu en France, dont la population d’ori- gine a été retrouvée aux USA grâce, entre autre, à la comparaison de sa signature chimique et son caractère anormalement homogène. De même, l’analyse des phéro- mones d’alarme chez des crapauds invasifs, ou des signaux déclenchant la métamor- phose des larves du mollusque Crepidula fornicata est importante pour la compréhension des mécanismes biologiques et écologiques à l’origine de la proliféra- tion de ces espèces non-indigènes. L’étude de leurs effets sur les écosystèmes est donc essentielle pour prévenir leur propagation, limiter leurs impacts et mettre en place des stratégies de lutte (ex. lutte biologique). 13
INEE Prospective ecologie chimique
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