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16 | cnrsI LE JOUrnAL En images 08 E yr E ss tI © J.-L. spécialiste du sujet. De fait, à Capestang, en plus de images sont toutes différentes, organisées précisément 08 caricature de moine à grosses lèvres scènes d’amour courtois et de symboles évoquant dans l’espace pour se répondre », insiste-t-il. Plus et à grandes oreilles, àcapestang. la richesse, on trouve notamment un fou à grelot d’une centaine de plafonds peints médiévaux, appar- 09 moniquebourin, du Laboratoire exhibant son anus, une caricature de moine, et tenant à d’anciennes tavernes, à des maisons de mar- de médiévistique occidentale de Paris, autres figures grimaçantes. Plutôt singulier quand chands ou de bourgeois, sont maintenant connus en et Pierre-Olivierdittmar, ducentre de recherches historiques, observant on sait que le propriétaire de l’époque n’était autre France. Après analyse, ils donneront de précieuses des closoirs.sur celui tenu par Pierre-Olivier que l’archevêque de Narbonne… Tandis que dans informations sur la vie quotidienne duxve siècle, en dittmar, un être hybride, corps de félin le presbytère du village de Lagrasse, ce sont tout marge des témoignages aristocratiques et religieux à visage humain, représente l’animalité simplement des scènes de bordels où les moines des manuscrits et de l’architecture, jusqu’alors prin- qui existe en l’homme. sont d’assidus clients, qui ornent l’ancienne de- cipales références du Moyen Âge.« Nous avons main- 10 cette scène d’épilation d’une prostituée meure du curé. S’agit-il de jugements moralisateurs tenant accès aux images de l’univers domestique de à la lumière d’une chandelle, trouvée portés sur les moines, que les curés d’alors détestent toute une frange de la société qui cherche à représenter équivalent aumoyen Âge et demeureau presbytère de Lagrasse, n’a aucun cordialement ? Ou plutôt du plaisir de posséder ses valeurs et son identité dans ses grandes maisons, un mystère. dans les recoins de son intérieur des images licen- et qui aime de plus en plus vivre entourée d’images », 11 sur ce closoir du presbytère de Lagrasse, cieuses et comiques ? Le sens de ces peintures reste conclut Pierre-Olivier Dittmar. un fou se tient derrière un soldat bandant encore un mystère. 1.UnitéCNRs/eHess,quifaitpartiedufuturCampus son arbalète avec un bien étrange projectile ! « C’est en tout cas une vraie manne de nouvelles 2.UnitéCNRsparis-aubervilliers.-panthéon-sorbonne. 12et 13 Les images des closoirs sontiaris-p/UniversitéCondorcet- images issues de cette période, dont on croyait pour- comparées à celles des manuscrits tant bien connaître l’iconographie », s’enthousiasme médiévaux. En repérant les correspondances, le chercheur. Les plans qu’il a établis battent déjà en centre de recherches historiques (GAhOm), Paris l’historien cherche ainsi des interprétations.:ctAntcO brèche l’idée qu’il s’agissait d’un art purement déco- > pierre-olivier.dittmar@ehess.frlivier DittmaroPierre- ratif, fait de motifs identiques qui se répètent.« Les 09 À LirE. Images oubliées du Moyen Âge, les plafonds peints du Languedoc- Roussillon, DRAC du Languedoc- Roussillon, septembre 2011. Cet ouvrage est téléchargeable gratuitement sur : www.rccpm.org (dans la rubrique « Un patrimoine à découvrir »). 13 aye LH e   © 10 11 12 e e ’ ’ L L e e D D  © es es L L a a NT NT e e M M e e RT RT épa épa e R D D ives ives RCH RCH  a a    © © ©


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