w 12 | Actualités cnrsI LE JOUrnAL Technologie Ledéveloppementdesoutilsnumériquesavantagecertaineslangues européennes,tandisqued’autressouffrentd’uncrueldéficitdemoyens. 21 langues menacées d’extinction numérique par vAhéTErMInAssIAn technologies multilingues et multimédias exemple, compte 220 millions de locu- uson chemin en se laissant guider final est inquiétant. 2. Et le constat écarts technologiques à l’importancemil- des concentration la imputer doit « Onteurs dans le monde et plus de 100lions d’apprenants.-Au moins 21 des 30 langues eurode l’information (Immi)péennes étudiées (27 langues nationalesn conducteur français égarépourra facilement retrouver par la voix de son GPS. Mais si ce chauf- et 3 langues régionales) seraient actuelle- des efforts de R & D sur l’anglais, au feur parle uniquement l’islandais, l’ir- ment en danger « d’extinction numé- manque d’investissements sur le long landais ou le maltais, il risque d’avoir rique ». D’ailleurs, aucune d’entre elles ne terme pour les autres langues, mais aussi beaucoup plus de problèmes. En effet, disposerait d’un soutien technologique à l’absence d’une démarche européenne selon la dernière étude internationale numériques vocaux , « excellent ». Comme on pouvait s’y at- coordonnée », regrette Joseph-JeanLes outilsq Meta-Net1, ces langues comptent parmi tels les GPs, ne sont tendre, l’anglais tire son épingle du jeu ; Mariani. Par ailleurs, l’Europe, et la les 21 d’Europe qui sont sous-équipées pas disponibles dans en revanche, la situation du français, de France en particulier, pourtant dotées en technologies du langage : leurs locu- toutes les langues l’allemand, de l’italien, de l’espagnol et du d’une recherche de qualité, sont pénali- parlées en Europe. teurs sont ainsi privés d’accès à la plu- sées par la faiblesse de leur tissu industriel part des services communicants. et par l’absence de grandes entreprises Correcteurs orthographiques et gram- investies sur le sujet. maticaux, assistants personnels interac- Face à ce constat, Meta-Net préconise tifs, systèmes de dialogue par téléphone, donc un effort concerté de grande enver- outils de traduction automatique, mo- gure et de longue haleine, au niveau eu- teurs de recherche sur le Web, synthéti- ropéen, portant un double objectif : créer seurs vocaux des GPS… À l’ère du tout- les technologies nécessaires, mais aussi numérique, les technologies du langage les déployer vers l’ensemble de ces lan- se sont largement démocratisées. Mais gues. Toutefois, prévient Joseph-Jean sont-elles réellement accessibles dans Mariani : « Ce problème ne saurait être toutes les langues européennes ? Et, abordé sous le seul angle technologique. » lorsqu’elles le sont, leur qualité et leur FOTOLIA Cette question doit aussi mobiliser une diffusion sont-elles satisfaisantes? z volonté politique, comme cela a été le cas/ES OJ pour l’Inde, qui s’est lancée dans un vaste M I. un consTaT inQuiÉTanT © chantier pour doter ses 22 langues consti- C’est à ces différentes questions qu’ont voulu répondre les néerlandais ne serait que« moyenne ». tutionnellement reconnues d’outils nu- quelque 200 experts du réseau d’excellence européen Meta-Net. Enfin, 5 langues (l’irlandais, l’islandais, mériques. Pour avancer sur le sujet, l’Eu- Celui-ci réunit une soixantaine de centres de recherche spécia- le letton, le lituanien et le maltais) seraient rope doit faire du multilinguisme un lisés dans les logiciels de traitement automatique du langage, presque totalement démunies d’outils de enjeu majeur, et de la disponibilité des écrit, parlé ou signé. Ils sont implantés dans une trentaine de qualité : à cet égard, elles seraient encore technologies de la langue, la seule solu- pays européens, dont la France. plus mal loties que certaines langues ré- tion pour l’assurer pleinement. Pour la première fois, ces experts ont dressé un état des lieux gionales comme le basque ou le catalan. 1.Meta-Netestl’abréviationdeMultilingualEurope des équipements disponibles dans une trentaine des quelque TechnologyAllianceNetwork. 2.UnitéCNRS/UniversitéParis-Sud/Institutde 80 langues européennes. Au mois de septembre, ce travail de un enJeu poLiTiQue technologiedeKarlsruhe/UniversitéRWTHAachen. recensement et de comparaison s’est concrétisé dans une série Comment expliquer de tels résultats ? de livres blancs. Celui consacré au français a été élaboré sous la Bien sûr, la mise au point des outils re- coordination de Joseph-Jean Mariani, directeur de l’Institut des quiert l’existence de volumes importants de données écrites ou parlées. Mais si les cOnTAcT: en LiGne. et multimédias de l’information, Orsay5 langues précitées pâtissent de leur faibleInstitut des technologies multilingues Les livres blancs sont téléchargeables à l’adresse suivante : nombre de locuteurs, tel n’est pas forcé- >joseph.mariani@limsi.friJoseph-Jean Marian > www.meta-net.eu/whitepapers/overview ment le cas des autres. Le français, par
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