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w 28 | cnrsI LE JOUrnAL Portrait Noël D utrait à l’encre de Chine Par LAUrE cAILLOcE C’est le luxe de Noël Dutrait : à la dans un sourire. De fait, il réalise ses Lde champagne au frais, au cas où. boulimie ! En trente ans, il a traduit des plus éminents experts français.traductions parallèlement à son travailde chercheur en littérature contempo-raine chinoise, dont il est devenu l’unUne posi-.différence des traducteurs profession-nels dont c’est l’unique activité, lui atoujours pu choisir ses livrestion de dilettante qui n’empêche pas lail avait mis une bouteillee 10 octobre dernier, jour del’annonce du prix Nobel de litté-rature, « Des rumeurs couraient depuis quelques  près de 25 ouvrages en collaboration PassioNNé ParLesLaNgues semaines sur une éventuelle attribution à  avec son épouse, Liliane Dutrait, décé- Sa fascination pour le chinois remonte Mo Yan », raconte Noël Dutrait en nous dée en 2010. « Quand on aime, ça n’est  au lycée. Déjà passionné par les langues, accueillant dans son bureau marseillais, pas  vraiment  du  travail », justifie-t-il il étudie le russe, le grec et le latin. Il au sein de l’Institut de recherche sur l’Asie (Irasia)1 dont il est le directeur. L’enseignant-chercheur en langue et lit- térature chinoise, spécialiste de la litté- rature contemporaine et traducteur de plusieurs ouvrages de l’écrivain, ne cache pas son excitation lorsque la nou- velle est tombée : « Imaginez, c’est mon  deuxième  Nobel,  après  celui  de  Gao  Xingjian, en 2000 ! » Il n’en tire pour- tant nulle gloire, si ce n’est celle d’avoir eu le flair de dire oui à une proposition du Seuil, un beau jour de 1999. « Contrai- rement à Gao Xingjian, que j’ai commencé  à traduire sans éditeur et alors que per- sonne ne s’intéressait à lui en France, je  n’ai pas découvert Mo Yan. Quand on m’a  proposé Le Pays de l’alcool, son premier  ouvrage publié ici, j’avais déjà deux ou  trois  traductions  sur  le  feu.  Raison- nablement, j’aurais dû refuser… » NoËL dutrait eN 5 dates 1951 naissance à Vienne, dans l’Isère 1975 cAPEsde chinois 1983 Thèse sur la littérature de reportage chinoise 2000 Gao Xingjian, dont il traduit les ouvrages, reçoit le prixnobel de littérature 2012 Directeur de l’Institut de recherche sur l’Asie


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