Page 8

jdc270

w 8 | Actualités cnrsI LE JOUrnAL Géophysique Depuis 2000 ans, le champ magnétique de la Terre a perdu 30% de son intensité. Deux études nous éclairent sur ces phénomènes d’instabilité. La Terre va-t-elle perdre son champ magnétique? Le noyau terrestre vu  R.  © par GAëLLE LAhOrEAU directeur du Cerege et responsable du wDu haut de leur orbite, certains Qgrâce à l’atmosphère et au projet Mag-Orbà, financé par l’Agence satellitepasseglobe.Deschercheursdevinernoyaumesurantdedumagnétiqueendéjàchampl’intérieurplanète,leàdupermettentnotresdesesurfacepermanencequilaceliquideenà  --et reex  flux aucun000 ans  Unmagnétique1   Si à. d’icichamp  000 ans. le 2 2 moitié ded’ici  n’intervient, réduit nationale de la recherchebondseras’annulerau’il fait bon vivre sur Terre,protégé des particules et desrayons mortels de l’espace champ magnétique de notre planète… cessif de rayons et particules cosmiques  viennentpeut-êtredetrouverun Toutefois, le magnétisme terrestre peut pénétrera alors dans l’atmosphère avec  autremoyend’« observer»cenoyau: varier considérablement. Il lui arrive de possibles impacts sur la biosphère, la  lessatellitesgravimétriques,qui ainsi de faiblir, comme on l’observe ac- santé humaine et les technologies. » mesurentcettefoislagravité.Quidit tuellement : depuis2000 ans, il a perdu Pour leur étude, les chercheurs se sont mouvementdemétauxenfusiondans près de 30 % de son intensité. Plus em- appuyés sur des mesures de béryllium 10, lenoyau,ditvariationdemasse,etdonc bêtant, il lui arrive de disparaître quasi un isotope produit dans l’atmosphère lors in finevariationdepesanteursousnos totalement, et même de s’inverser : cela de réactions provoquées par l’impact de pieds.Encorefallait-illemontrer  Uneéquipefranco-allemandearéussi: se traduit par une permutation des deux particules cosmiques. Leurs travaux, pu- elleamisenévidenceuneconnexion pôles magnétiques, Nord et Sud. De quoi bliés dansJournal of Geophysical Research3, étroiteentrelesvariationsde perdre la boussole! Coup sur coup, deux montrent que la disparition temporaire laboratoires viennent de livrer des études du champ magnétique lors de l’excursion éclairantes sur ces phénomènes. de Laschamp s’est accompagnée du dou- Le Centre européen de recherche et blement de la production de béryllium 10, quelles le champ magnétique a été très d’enseignement des géosciences de l’en- et ce partout sur la planète. faible et très instable.« La rapidité du  vironnement (Cerege)1 s’est penché sur À l’Institut de physique du globe de basculement par rapport aux deux autres  l’« excursion de Laschamp », survenue il excursion. Paris (IPGP)4, ce sont dix inversions phases suggère des mécanismes différents  y a 41 000 ans. Il s’agit d’une inversion Phénomène « réussies », enregistrées dans des cou- qu’il reste à comprendre. Ces caractéris- qui a échoué. À l’époque, le champ ma- d’instabilité du lées volcaniques, qui ont intéressé les tiques sont de nouvelles contraintes pour  gnétique a fortement faibli avant de champ magnétique chercheurs. Alors que la durée de ces les modèles de la dynamo terrestre », sou- terrestre où les disparaître temporairement. Les pôles pôles magnétiques processus était estimée à une dizaine de ligne Jean-Pierre Valet, coauteur de l’étude magnétiques se sont très brièvement s’inversent avant de milliers d’années, l’équipe parisienne, publiée dansNature5. En laissant péné- inversés, mais ont très vite repris leur revenir à leur associée à l’Institut de géophysique et de trer dans l’atmosphère des particules et position normale. « Or,  nos  résultats  position initiale. planétologie d’Hawaï, révèle que le des rayons dangereux, ces affaiblissements indiquent  que  le  taux  de  perte  de  magnétisme  que  nous  basculement des pôles n’excède pas du champ magnétique ont-ils provoqué    actuellement est du même ordre que celui qui a  1000 ans et que cette étape est encadrée par le passé des extinctions d’espèces? Les enregistrons précédé la disparition du champ magnétique terrestre avant  par deux autres phases d’une durée données actuelles ne permettent pas en- l’excursion  de  Laschamp,  explique  Nicolas Thouveny, maximum de 2 500 ans, pendant les- core d’apporter de réponses.


jdc270
To see the actual publication please follow the link above