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| Actualités w 10 cnrs I LE JOUNR AL électronique i Des filaments d’actine, protéine du squelette des cellules vivantes, pourraient bientôt servir de composants électroniques. Des chercheurs du CEA, du CN RS, de l’université Joseph-Fourier et de l’Inra ont mis au point une technique qui permet de contrôler l’autoassemblage de ces filaments entre deux plaques de verre. Ils les ont ensuite rendu conducteurs grâce à des nanoparticules d’or. biologie i Une étude clinique sur des patients atteints de lupus érythémateux disséminé, maladie auto-immune très handicapante, a montré l’efficacité d’un peptide synthétique développé par l’équipe de S ylviane Muller, de l’Institut de biologie moléculaire et cellulaire de S trasbourg. À la clé : l’espoir d’un médicament débarrassé des effets indésirables des traitements actuels. astronomie i On a mesuré l’intensité de la lumière extragalactique diffuse. Les chercheurs du Laboratoire Leprince- Ringuet (CN RS/École polytechnique) ont utilisé le réseau de télescopes HESS auquel contribuent le CN RS et le CEA. nanotechnologies i Un moteur composé de seulement deux cents atomes, et dont le sens de rotation peut être inversé à volonté, a été réalisé par des chercheurs du Cemes (CNRS) et de l’université de l’Ohio. Son rotor de deux nanomètres de diamètre est actionné par les électrons délivrés par la pointe d’un microscope à effet tunnel. Ce moteur, le plus petit de ce type, pourrait équiper de futurs nanorobots. Plus d’actualités sur www2.cnrs.fr/presse/ Physique Des nanocubes pour bâtir les matériaux du futur Par Va hé ter minassia n w En disposant aléatoirement de petits cubes d’argent sur une surface d’or recouverte d’un simple film polymère, on obtient un matériau à même d’absorber la lumière. Cette découverte prometteuse a été réalisée par une équipe francoaméricaine, associant l’Institut P ascal1 et le laboratoire de David R. S mith, de l’université de Duke (États-Unis). Dans la revue Nature2, A ntoine Moreau et ses collègues assurent que cette nouvelle structure est bon marché et facile à fabriquer. E lle devrait donner lieu à de nombreuses applications. La création de matériaux capables d’absorber la lumière de manière efficace sur une gamme de longueurs d’onde décidée à l’avance est l’un des grands challenges actuels de la photonique. Ces matériaux pourraient ouvrir la voie à une nouvelle génération de capteurs hightech ou de systèmes pour convertir la chaleur en électricité. De la détection de molécules à l’élaboration de cellules photovoltaïques extrêmement performantes, les utilisations potentielles se déclinent à l’infini. Problème, explique A ntoine Moreau : « Si, dans le passé, on a déjà mis au point des objets de ce type, leur coût s’est toujours avéré prohibitif en raison des procédés de fabrication employés, qui ont souvent fait appel à des techniques de lithographie onéreuses issues de l’industrie de l’électronique. » D’où l’intérêt de la méthode « purement chimique » imaginée par le chercheur et ses confrères. Celle-ci a consisté à synthétiser en solution des nanocubes d’argent de 75 nanomètres de côté, puis à déposer ce cocktail sur une surface d’or préalablement recouverte d’un film diélectrique de quelques nanomètres d’épaisseur. Les scientifiques ont alors constaté que les cubes se comportaient comme des nanoantennes très efficaces : ils réagissent à une certaine longueur d’onde de la lumière, et entrent alors en résonance. Ces cubes sont ainsi capables d’absorber la lumière sur une surface correspondant à trente fois leur taille, dans une gamme 01 Vues des nanocubes au microscope : avant d’être déposés sur le film d’or (01), ils sont synthétisés dans une solution (02 ). En fonction de leur taille, ils ont des fréquences de résonance différentes(03 ). très précise du spectre. Comme la longueur d’onde à laquelle les cubes réagissent dépend de leur taille ou de l’épaisseur du film, l’équipe a pu établir les paramètres nécessaires pour que les cubes absorbent la couleur rouge. Ils ont ainsi démontré qu’il était possible de donner à l’or une apparence verte ! «  L’avantage, poursuit A ntoine Moreau, est qu’un infime changement dans l’épaisseur du film suffit à changer la longueur d’onde absorbée par les cubes. À partir de là, on peut imaginer détecter par cette méthode la présence d’un polluant dans l’air. Le dépôt du polluant sur le film modifiera ses propriétés optiques, induisant un changement de la longueur d’onde d’absorption des cubes. Au final, la couleur de l’or sera modifiée, ce qui nous fournira un indicateur de la présence de la molécule indésirable. » 1. U nité CNRS/Université Clermont-Ferrand-II/Institut français de mécanique avancée/École nationale supérieure de chimie de Clermont-Ferrand. 2. Nature, 6 décembre 2012, vol. 492, n° 7427, pp. 86-89. 02 diélectrique. Se dit d’un matériau qui ne peut pas conduire le courant électrique. Co ntact : Institut Pascal, Aubière Antoine Moreau > antoine.moreau@univ-bpclermont.fr 03 © photos : J . Mock/Duke Uni versity


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