N° 271 I mars-avril 2013 Actualités | 13 le s média s en pa rle nt w Un immense disque formé d’une multitude de galaxies naines entoure la galaxie d’Andromède. Découvert par une équipe internationale à laquelle appartient Rodrigo Ibata, de l’Observatoire astronomique de Strasbourg, ce drôle de disque a été la star des médias en janvier après avoir fait la couverture de Nature. w Vu au journal télévisé de France 2 : le visage d’Henri IV reconstitué par ordinateur grâce aux travaux de l’équipe de Philippe Charlier, spécialiste de l’anthropologie médico-légale. Il y a deux ans, cette même équipe avait authentifié un crâne momifié comme étant celui du fameux roi de France, assassiné en 1610 par Ravaillac, puis décapité. w L’histoire du climat du Groenland a aussi intéressé la presse. Une équipe internationale, impliquant le CN RS, a pu remonter, grâce à des carottes de glace, jusqu’à il y a 130 000 ans. À cette époque, la fonte de la calotte du Groenland n’aurait contribué qu’à hauteur de 2 mètres à la montée du niveau marin, qui aurait crû de 4 à 8 mètres. Santé Un espoir de traiter la sclérose en plaques Par Seba stiÁn escal ÓN w La sclérose en plaques pourrait un jour être traitée grâce à une molécule que le corps humain produit naturellement : la testostérone. C’est le résultat de travaux publiés dans la revue Brain en janvier 20131. Ils ont été menés par une équipe du Laboratoire d’imagerie et de neurosciences cognitives (Linc)2, en collaboration avec une équipe de l’Inserm. Grave maladie dégénérative, la sclérose en plaques se caractérise par des troubles moteurs et de la vision. E lle est liée à une destruction de la myéline, une substance qui forme des gaines protectrices autour des fibres nerveuses. S ans myéline, le signal nerveux ne se propage que très lentement. Les chercheurs savaient déjà que les taux de testostérone jouaient un rôle dans la maladie. Ils avaient montré l’effet protecteur de cette hormone sur les oligodendrocytes, les cellules qui, dans le cerveau, produisent la myéline. P our aller plus loin, ils ont induit une démyélisation chronique chez la souris, similaire à celle observée dans la sclérose en plaques. Les souris ont ensuite été traitées soit à la testostérone, soit avec une hormone de synthèse (appelée MENT) analogue à l’hormone naturelle (et déjà utilisée dans des traitements hormonaux substitutifs). Celle-ci a l’avantage de ne pas induire un développement de la prostate susceptible de déboucher sur un cancer. « À la fin d’un traitement de neuf semaines, les souris présentaient une réduction remarquable de leurs symptômes, et leurs fibres nerveuses étaient à nouveau myélinisées », explique S aid Ghandour, chercheur au Linc. La testostérone et le MENT favorisent non seulement la synthèse de myéline par les oligodendrocytes, mais aussi la transformation des cellules souches du cerveau en oligodendrocytes. S’il reste encore du chemin à parcourir, ces travaux ouvrent une nouvelle voie au traitement de la sclérose en plaques et aux autres maladies de la myéline. P ar ailleurs, ils pourraient être utiles au diagnostic et au suivi médical des patients. « Les taux de testostérone pourraient servir de biomarqueurs pour évaluer la progression des maladies démyélinisantes », affirme S aid Ghandour. 1. « The neural androgen receptor: a therapeutic target for myelin repair in chronic demyelination », Brain, janvier 2013, vol. 136, n° 1, pp. 132-146. 2. U nité CNRS/Université de S trasbourg. Co ntacts : Laboratoire d’imagerie et de neurosciences cognitives, Strasbourg Said Ghandour > ghandour@unistra.fr Unité Inserm Neuroprotection et neurorégénération : molécules neuroactives de petite taille, Le Kremlin-Bicêtre Michæl Schumacher > michael.schumacher@inserm.fr q En haut : vue au microscope d’un cerveau de souris affectée par une démyélinisation chronique. La faible fluorescence est attribuée à la destruction de la myéline. En bas : un cerveau de souris traitée par la testostérone pendant plusieurs semaines. Une récupération importante de la myéline est observée à la suite de ce traitement hormonal. © Laboratoir e d ’im ageri e et d e n eurosci enc es c ogni tives (CNRS/Uni versité d e S trasbourg ) © NASA /JP L-Caltech w Cinq jeux vidéo pilotés par la pensée ont captivé les journalistes. Ils sont le fruit du projet OpenVibe 2. L’un de ces jeux, Brain Invaders, est inspiré du célèbre Space Invaders dans lequel il faut détruire des vaisseaux spatiaux ; il a été développé par le laboratoire grenoblois Gipsa-Lab. © G. Maisonn euve/Inri a © P . Froesch/Vi sualf orensic . © S . FOU CART/lemond e.fr
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