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| Stratégie w 32 cnrs I LE JOUNR AL Les fibres optiques montent en puissance A lma térabit. 1 térabit Co ntact : Laboratoire de physique des lasers, atomes et molécules, Villeneuve-d’Ascq Laurent Bigot > laurent.bigot@univ-lille1.fr Par jea n-phili ppe Bral y w Depuis les années 1980, les industriels des télécommunications n’ont cessé d’augmenter le débit des données transmises sous forme de lumière par fibres optiques. Pour y parvenir, l’astuce a consisté à multiplier, au sein de la fibre, les canaux de transmission : données transmises en plusieurs longueurs d’onde, en modulant l’amplitude ou la phase de l’onde lumineuse… R ésultat, les systèmes les plus performants affichent aujourd’hui un débit de 30  térabits  par seconde sur plus de 6 000 kilomètres ! « Mais pour éviter la saturation des réseaux prévue à l’horizon 2020, il faut développer des fibres encore plus performantes sur ces longues distances », souligne Laurent B igot, chercheur au Laboratoire de physique des lasers, atomes et molécules (Phlam)1 de Villeneuve-d’Ascq. D ans ce but, des chercheurs du Phlam ont participé au projet Strade2. O bjectif : accroître le débit en utilisant de nouvelles fibres du constructeur Prysmian G roup, capables de dispatcher les données sur différents modes d’intensité lumineuse, autrement dit en répartissant l’énergie lumineuse de différentes façons au coeur de la fibre. L’un des verrous technologiques résidait dans l’amplification du signal lumineux. E n effet, pour que le système fonctionne sur des milliers de kilomètres, il faut que le signal soit régulièrement amplifié, de manière égale pour chacun des modes. Pour relever ce challenge, les chercheurs du Phlam ont mis au point un nouveau type de fibres amplificatrices à base d’ions E rbium, connectables aux fibres de Prysmian. « En plaçant ces ions en anneaux à la périphérie du coeur de la fibre, puis en les excitant grâce à un laser, ils se sont avérés capables de transmettre assez d’énergie pour obtenir l’amplification souhaitée dans plusieurs modes », explique Laurent B igot. Le projet a finalement démontré qu’il est possible d’utiliser jusqu’à cinq modes d’intensité lumineuse en même temps, autrement dit de quintupler le débit. Pour l’heure, A lcatel-Lucent teste le système en conditions réelles de transmission, avec une ambition particulière : atteindre les 150 Tb/s sur plusieurs milliers de kilomètres ! 1. Unité CNRS / Université de Lille-I. 2. Le projet Strade (Slightly multimodal transmission and detection) est un projet A NR piloté par A lcatel-Lucent. Télécommunications Équipement Installé au Chili, A lma, le plus puissant radiotélescope du monde, est inauguré mi-mars. Il permet aux astrophysiciens des explorations jusque-là impossibles. Par Ma thieu Grou sson Alma (Atacama large millimeter/ submillimeter array), le plus grand radiotélescope jamais conçu, sera inauguré le 13 mars. De l’autre côté de la Terre, au coeur des Andes chiliennes, l’engin installé à plus de 5 000 mètres d’altitude tournera officiellement ses yeux vers le ciel. Soit, plus précisément, un réseau de 66 antennes mobiles de 7 et 12 mètres de diamètre, disséminées sur 200 km2 et fonctionnant toutes en phase. Construit par un consortium rassemblant les treize pays de l’Observatoire austral européen (ESO), les États-Unis, le Canada, le Japon et Taïwan, cet appareil hors normes permet d’observer avec une précision inégalée la naissance des étoiles et des systèmes planétaires ou encore la formation des toutes premières  galaxies. « Alma n’a aucun équivalent. En matière de sensibilité et de résolution, c’est une véritable révolution  », s’enthousiasme Laurent Vigroux, directeur de l’Institut d’astrophysique de Paris1. Lorsque les antennes seront placées en configuration compacte, l’instrument, d’une surface totale de 7 000 m2, sera presque dix fois plus sensible que le radiotélescope qui est actuellement le plus puissant au monde : celui du plateau de Bure dans les Hautes-Alpes. Et en configuration étendue, alors que certaines antennes seront distantes de seize kilomètres l’une de l’autre, la résolution des images atteindra 0,01  seconde d’arc, contre 0,3 à Bure ! Alma ouvre une extraordinaire fenêtre aux astrophysiciens dans le domaine des rayonnements millimétriques q Banc de test des fibres amplificatrices du Phlam. Galaxie. Vaste ensemble d’étoiles, de poussières et de gaz interstellaires, isolé dans l’espace et dont la cohésion est assurée par la gravitation. second e d’arc. Mesure utilisée pour les très petits angles. équivaut à 1012 bits.


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