N° 271 I mars-avril 2013 Stratégie | 35 w Co ntact : Fonctionnaire sécurité défense Philippe Gasnot > philippe.gasnot@cnrs-dir.fr Le cnrs monte en ball on w Il tutoie le ciel parisien depuis quinze ans et a déjà embarqué 700 000 personnes à son bord. Mais désormais, le ballon de Paris, installé dans le parc André-Citroën, dans le XVe arrondissement, a partie liée avec les scientifiques. La société Aérophile, qui gère l’aéronef à vocation initialement récréative, a noué des partenariats avec une équipe de Supélec et trois laboratoires associés du CNRS : le LPC 2E (Laboratoire de physique et de chimie de l’environnement et de l’espace)1 et le Gremi (Groupe de recherches sur l’énergétique des milieux ionisés)2 , basés à Orléans, ainsi que le Laplace (Laboratoire plasma et conversion d’énergie)3 de Toulouse. Objectif : faire du ballon un outil de recherche sur la pollution atmosphérique. Dès le mois de mars, il embarquera un compteur d’aérosols, un appareil aussi appelé « Loac » (Light optical aerosols counter) conçu par le LPC 2E. Ce capteur ultraléger – quelques centaines de grammes à peine – doit permettre de mesurer en continu les concentrations de particules fines dans l’air, en fonction de leur taille et de l’altitude à laquelle se trouve le ballon. Afin de faire oeuvre de pédagogie, les données recueillies seront affichées au pied du ballon. L’instrument sert aussi un autre axe de recherche : l’électricité atmosphérique. L’idée est notamment de tester la production de courants électriques faibles à bord du ballon, grâce à la différence de potentiel existant entre le sol et les basses couches de l’ionosphère (environ 100 volts par mètre). Grâce aux charges électriques créées autour de l’enveloppe, on pourrait même imaginer que l’aéronef ait un rôle dépolluant en ionisant les particules fines à proximité et en les agglomérant entre elles avant de précipiter les amas ainsi formés vers le sol. L. C. 1. Unité CNRS /Université d’Orléans. 2. Unité CNRS /Université d’Orléans. 3. Unité CNRS /Université Paul-Sabatier-Toulouse-III/ INP Toulouse. Co ntacts : Laboratoire de physique et de chimie de l’environnement et de l’espace, Orléans Jean-Baptiste Renard > jean-baptiste.renard@cnrs-orleans.fr Laboratoire plasma et conversion d’énergie, Toulouse Olivier Eichwald > olivier.eichwald@laplace.univ-tlse.fr q Le ballon de Paris est amarré dans le parc André-Citroën, (XVe arrondissement). ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, via le FSD, doit délivrer une autorisation, comme cela se fait déjà dans certains établissements. En revanche, ce qui changera dans les ZRR, c’est que pour les simples demandes de visite, ce sera désormais le directeur de l’unité de recherche qui délivrera l’autorisation. Le challenge est de garder l’espace de recherche ouvert tout en écartant les éventuels « prédateurs » et d’homogénéiser des zones de coopération dites zones « de confiance ». Quelles sont les conséquences concrètes pour la communauté des chercheurs ? Toute politique de sécurité passe par la confiance, l’adhésion et la responsabilisation de l’ensemble des acteurs concernés. Nous opérons avec pragmatisme, en totale coopération avec nos partenaires institutionnels (écoles, universités, etc.). Nous définissons avec les différentes unités des objectifs personnalisés, réalistes et évolutifs en fonction de leurs spécificités et des moyens mobilisables. Nous leur apportons toute l’aide voulue : boîte à outils, définition de bonnes pratiques, sessions d’information. Il leur faut intégrer ces bonnes pratiques et faire preuve d’une certaine vigilance au quotidien : cryptage des ordinateurs portables, protection des données, attention portée à des comportements étranges. Sans oublier un souci d’anticipation pour toute demande de coopération, de recrutement d’un doctorant ou de déplacement dans un pays sensible par exemple, l’étude de leurs requêtes par nos soins et le ministère nécessitant un délai minimum. De façon plus générale, comment concevez-vous votre mission ? Elle relève avant tout de l’échange et du dialogue en amont. Mon objectif est d’obtenir l’aval du ministère de tutelle aux demandes des chercheurs, en dégageant une solution viable et sécurisée en étroite coopération avec les responsables d’unité, après une évaluation des dangers potentiels. Autrement dit, je suis au service des chercheurs pour qu’ils fassent leur métier en toute quiétude. Mon bureau leur est toujours ouvert. © J.-B. E PRO N
JDC271
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