| L’événement w 6 cnrs I LE JOUNR AL Par Émilie badin Semaine du cerveau Bernard Zalc, directeur du Centre de recherche de l’institut du cerveau et de la moelle épinière (CRICM), fait le point des dernières avancées de la recherche sur les pathologies du système nerveux. Les pistes pour endiguer les maladies neurologiques Du 11 au 17 mars, la Semaine du cerveau va témoigner du vif intérêt que le public porte aux recherches sur les maladies neurologiques, telle la maladie d’Alzheimer. Quelles sont les pistes pour lutter contre cette pathologie qui devrait toucher deux millions de Français en 2020 ? Bernard Zalc : Aujourd’hui, on pose le diagnostic de cette maladie neurodégénérative très tardivement, lorsqu’un pourcentage élevé de neurones sont déjà détruits, réduisant d’autant les chances de succès d’une intervention thérapeutique. Un objectif général est donc de mettre au point des techniques de diagnostic plus précoce. Au CRICM, par exemple, nous élaborons des méthodes basées sur des prélèvements biologiques et de l’imagerie (IRM) de l’hippocampe. Tout l’enjeu consiste à distinguer, parmi les patients qui consultent pour des pertes de mémoire légères, les individus indemnes de ceux qui ont déjà développé la maladie, toutefois nous n’en sommes qu’aux prémices. Nous avons des résultats, mais ils sont encore trop éclectiques (les uns issus de l’imagerie, les autres de tests sanguins ou psychologiques…). Afin de leur donner un sens prédictif, nous développons des logiciels adéquats : c’est ce que l’on appelle une approche multimodale. Comment, ensuite, ralentir le processus de dégénérescence ? B. Z. : Dans les années 1990, plusieurs groupes à travers le monde ont montré que, contrairement à ce que l’on pensait jusqu’alors, les cellules souches sont capables de générer de nouveaux neurones tout au long de notre vie. L’espoir consiste donc à stimuler ces UNE figure de proue des neu rosc iences Créé en 2009, le Centre de recherche de l’institut du cerveau et de la moelle épinière (CRICM) rassemble aujourd’hui près de 500 personnes, soit 22 équipes, qui tentent de mieux comprendre notre cerveau et ses pathologies. « À l’origine, nous voulions regrouper les 11 unités mixtes du site de la Pitié-Salpêtrière, spécialisées en neurosciences, en un seul et même institut, explique Bernard Zalc, directeur du CRICM. La motivation était financière, avec la mise en commun de nos équipements, mais nous avions aussi à coeur de réunir des équipes qui échangeaient finalement assez peu sur leurs travaux respectifs. C’est compréhensible : les différents labos étaient localisés dans 12 bâtiments dispersés sur les 32 hectares du site de la Salpêtrière ! » En 2005, à l’initiative d’Yves Agid et Gérard Saillant, l’AP-HP a alors accepté que se construise, sur le site de la Salpêtrière, un bâtiment spécialement dédié aux recherches en neurosciences. « Le fait que notre centre soit établi au coeur d’un hôpital facilite les allers-retours entre la recherche appliquée et la recherche fondamentale à laquelle nous accordons une grande importance, précise le responsable. Cela implique une compréhension des mécanismes mis en jeu, et se traduit aussi par le développement de modèles expérimentaux de maladies neurologiques. Mais la proximité des patients influence de façon majeure nos projets de recherche, par les données cliniques et biologiques mises à notre disposition et la richesse des prélèvements biologiques conservés dans nos banques de tissus, d’ADN et de cellules. » 01
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