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| Rubrique w 8 Actualités cnrs I LE JOUNNR AL Nucléaire Créé en 2011, le réseau Becquerel monte en puissance en tant que spécialiste neutre et crédible pour effectuer des mesures et contrôler l’environnement. Les experts de la radioactivité Par mathieu grou sson Sujet politique, constamment alimenté par l’actualité, l’impact de la radioactivité sur l’environnement suscite toujours autant de questions. Sur ce terrain sensible, sept laboratoires de l’Institut national de physique nucléaire et de physique des particules (IN2P3) du CNRS ont décidé de fédérer outils et savoir-faire en créant une plateforme nationale d’analyse de  radionucléides  et de  dosimétrie. C’est le réseau Becquerel. Mis en place en 2011, ce réseau s’est affirmé en un an et demi d’existence comme un acteur reconnu de la mesure de la radioactivité auprès de tous les acteurs de cette filière. Il offre par ailleurs aux chercheurs du CNRS une nouvelle façon de faire valoir leur expertise, et ouvre la perspective de nouveaux projets de recherche et de collaborations. « Dans le domaine des mesures radiologiques, les compétences des laboratoires du CNRS sont multiples, explique Patrick Chardon, au laboratoire Subatech1, à Nantes, et responsable du réseau Becquerel. Leur mise en réseau nous est apparue comme une opportunité de mettre ces compétences et ces moyens directement à disposition de la société. » En effet ces équipes disposent d’un très large champ d’expertise. Elles savent étudier le comportement des radionucléides dans l’environnement, mettre au point des détecteurs en physique nucléaire et des particules. Elles maîtrisent aussi, à travers des protocoles rigoureux, la radioprotection des personnels du CNRS et la surveillance de l’environnement liée au fonctionnement de grands instruments tels les accélérateurs… Historiquement, les mesures radiologiques étaient essentiellement le fait de laboratoires d’exploitants du nucléaire, d’organismes de contrôle ou d’associations à caractère militant. « Or dans les débats et controverses autour du nucléaire, le positionnement du CNRS est neutre, argumente Patrick Chardon. La population est attachée à son objectivité, ce qui le rend absolument légitime pour des mesures radiologiques dans l’environnement et dans le monde du nucléaire. » DES de mandes croiss antes Certes, avant la mise en place du réseau, différents laboratoires répondaient déjà, indépendamment les uns des autres, à des demandes de mesures radiologiques. « Mais nous nous sommes rendu compte que leur nombre allait croissant, en particulier concernant le comportement des radionucléides dans la biosphère et les mesures à très bas seuil », indique le scientifique. En cause ? La montée des préoccupations sur les conséquences à long terme du nucléaire ainsi que la loi de 2006 relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire. Cette loi a conduit en particulier l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), dont les pouvoirs ont été renforcés, à diligenter des campagnes de mesures qui auparavant incombaient exclusivement aux exploitants. « D’où l’idée d’une offre globale jouant la complémentarité plutôt que la concurrence entre nos laboratoires  », précise Patrick Chardon. Preuve du bien-fondé de l’offre  ? Après un an et demi d’activité, le réseau reçoit des demandes d’expertises de l’ensemble des acteurs concernés par la question nucléaire : collectivités locales radionucléides . Éléments chimiques radioactifs. dosimétrie. Mesure des doses de rayons ionisants auxquels un être vivant a été exposé. 01 02 03 À voir sur le journal en ligne à partir du 18 mars : un reportage vidéo sur le réseau Becquerel. © B. Rajau/cnr s photothèque © subatech © IPH C


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