| Rubrique w 10 Actualités cnrs I LE JOUNR AL Astronomie Depuis neuf mois, le rover Curiosity explore le sol de la planète rouge afin de savoir si elle a pu abriter la vie. Et il a déjà quelques belles trouvailles à son actif. Vie sur Mars : l’enquête progresse Par Mathieu Grou sson L’annonce a fait le tour du monde. Le 12 mars, la Nasa révèle que, selon les analyses effectuées par son rover Curiosity, la planète Mars a bien présenté autrefois des conditions propices à la vie microbienne. Une première étape importante pour ce super-laboratoire à roulettes, à pied d’oeuvre sur la planète rouge depuis le 6 août, et dont l’objectif est de répondre à une question lancinante : dans un lointain passé, la jumelle de la Terre a-t-elle abrité une quelconque forme de vie, même rudimentaire ? Et l’occasion, alors que deux des dix instruments scientifiques à bord de Curiosity sont à forte participation française, de dresser un premier bilan d’une mission qui s’annonce riche en découvertes. Une chose est sûre, avec son nouveau robot télécommandé depuis la Terre, la Nasa a mis les bouchées doubles. Curiosity est un mastodonte de 900 kilos transportant pas moins de 80 kilos de matériel scientifique. De quoi passer au peigne fin pendant au minimum deux ans le cratère Gale et ses environs, non loin de l’équateur martien, en parcourant au moins 20 kilomètres. « Avec Curiosity, nous avons une mission surpuissante », s’enthousiasme Sylvestre Maurice, de l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie (Irap)1, à Toulouse, et coresponsable scientifique de l’instrument Chemcam. des traces de rivière Après l’arrivée du robot sur le sol de Mars, les 500 ingénieurs et scientifiques qui le couvent des yeux depuis la Terre, et notamment depuis Toulouse, ont entamé un programme de 90 jours de mise en route. Ainsi, le 10e jour, le laboratoire sur roues a livré son premier bulletin météo, indiquant une température variant entre – 11 et – 71 °C, une pression de 1,2 hectopascal et un vent de nord-ouest. Puis, le 14e jour, l’instrument Chemcam a analysé sa première roche. Pièce maîtresse du rover développée par le Centre national d’études spatiales (Cnes) et plusieurs laboratoires français sous la maîtrise d’oeuvre de l’Irap, ce dernier peut déterminer la composition chimique des roches jusqu’à 7 mètres de distance. Comment ? En tirant au laser sur un échantillon avant de recueillir et d’analyser la lumière émise par le plasma qui en résulte, caractéristique des éléments qu’elles contiennent. « À partir de là, on a commencé à faire de la science ! » annonce Sylvestre Maurice. Au matin du 27e jour, Curiosity s’est mis en route pour sa première destination, le site de Glenelg, à quelques centaines de mètres du point d’atterrissage. « Ce site est en direction opposée du mont Sharp, objectif du rover, mais les premières images ont dévoilé des structures géologiques qui nous ont incités à faire un petit détour », signale Sylvestre Maurice. Et les scientifiques n’ont 01 Poudre de roche martienne prélevée par le rover Curiosity le 20 février 2013. 02 Autoportrait du rover sur le site John Klein, où se déroulent les premières expériences de forage. 03 Le 9 février, l’instrument Chemcam a effectué dix tirs de laser (cercles numérotés) afin d’analyser la poudre de roche située autour du trou de forage de la veille (en bas de l’image). © NASA/JPL-Cal tec h/LANL/IRAP/CNES/LPGNan tes /IAS/CNRS/MSSS © NASA/JPL-Cal tec h/MSSS 01 02 03 10 9 8 7 6 5 4 3 2 1
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