Page 15

JDC272

N° 272 I mai -iju n 2013 En images | 15 w Par émilie badin Que l’on évoque Pétra, et l’on pense immédiatement à la Khazneh, cet immense monument à colonnes creusé dans la roche, photographié des millions de fois par les voyageurs de passage en Jordanie. Mais l’ancienne capitale du royaume des Nabatéens ne se réduit pas à ce tombeau royal, loin de là. Le site comprend quelque trois mille monuments, ainsi qu’un millier d’inscriptions. C’est que ce peuple du désert, qui s’est enrichi grâce au commerce de l’encens et des aromates, y avait bâti une immense cité entre le ive siècle avant J.-C. et le iie siècle après J.-C. Dès le début du xxe siècle, plusieurs savants ont entrepris de dessiner la carte du site et de dresser l’inventaire des tombeaux, sanctuaires et autres monuments dont celui-ci est constellé. Plusieurs projets de cartographie archéologique ont ainsi été développés depuis cent ans, mais aucun d’entre eux n’était complet ni suffisamment précis pour rendre compte de l’extraordinaire richesse de Pétra. Laïla Nehmé, du laboratoire Orient et Méditerranée1, à Ivry-sur-Seine, a comblé cette lacune en publiant, à l’Académie des inscriptions et belles-lettres, le premier Atlas archéologique et  épigraphique  de Pétra2. Cet outil, fruit d’un travail de fourmi, permet de mettre en évidence la place respective sur le site des monuments funéraires, domestiques et religieux, d’examiner la manière épigraphie. Science étudiant les inscriptions, généralement anciennes, gravées ou peintes sur des supports durables. 03 © p hotos 02-04-05 : H . Raguet/CNRS p hotothèque 02 Pétra s’organise autour d’un espace central traversé par une voie pavée et bordé par une série de colonnes (à gauche). Celui-ci ouvre sur le téménos (aire sacrée) du plus grand sanctuaire de la ville, le Qasr al-Bint (derrière les dromadaires). 03 Cette nefesh, petit monument commémoratif en forme de pyramide, symbolise l’âme d’un défunt. L’inscription gravée en bas indique qu’il s’agit de celle de Yaqûm, fils de Zaydqawmû. 04 En effectuant le relevé systématique des inscriptions figurant sur les sanctuaires (ici le nom d’un certain Qayyamat, en nabatéen), les chercheurs établissent à quelles divinités ils étaient dédiés, mais aussi la liste des personnes qui les fréquentaient. 05 Creusée dans la roche, la Khazneh est sans doute le monument le plus connu de Pétra. Ce tombeau royal, peut-être celui du roi Arétas IV, mesure 40 mètres de haut sur 28 mètres de large. 05 03 04 © L. Nehmé/CNRS Photothèque


JDC272
To see the actual publication please follow the link above