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| En images 16 cnrs I LE JOUNR AL dont la ville a évolué ou encore de comprendre comment elle était alimentée en eau. Pour la chercheuse, l’aventure a commencé alors qu’elle était encore étudiante. Dans le cadre de sa maîtrise à l’université Paris-I, elle a élaboré une base de données sur les monuments et les inscriptions de Pétra à partir des éléments collectés lors de missions d’exploration plus anciennes, notamment celles de l’Institut géographique national (IGN). Rapidement, elle s’est aperçue que de nombreuses informations manquaient et que des missions de reconnaissance supplémentaires seraient nécessaires. En compagnie de René Saupin, alors ingénieur cartographe à l’IGN, elle a donc mené huit missions de terrain, entre 1988 et 1997, financées en partie par la Mission archéologique française en Syrie du Sud. « Durant chacune de ces campagnes d’un mois, nous arpentions chaque vallée, fouillions chaque recoin, se souvient-elle. À l’époque, nous ne disposions pas de GPS. Nous notions la position des monuments sur les photographies aériennes au 1/5 000 prises par l’IGN en 1974. Le paysage de Pétra est accidenté, fractionné par des cours d’eau temporaires. Les altitudes relatives et les relations entre les différentes zones étaient donc souvent difficiles à apprécier. » Heureusement, les vestiges, creusés dans la roche, sont remarquablement conservés et, sauf exception, ne sont pas enfouis. Ils sont donc aisément repérables. Au fil de leurs voyages, les deux explorateurs s’aperçoivent que l’échelle de leur carte est trop petite pour y reporter la totalité des vestiges qu’ils ne cessent de découvrir. René Saupin redessine donc à la main une nouvelle carte, cette fois au 1/2 500. À la fois archéologue et épigraphiste, Laïla Nehmé est une rareté dans sa communauté. « Il n’a pas été évident de naviguer dans le milieu académique avec cette double casquette, constate-t-elle, mais, aujourd’hui, les choses ont évolué. Pour publier l’Atlas, l’Académie a créé une nouvelle collection intitulée “Épigraphie et archéologie”. C’est le signe que cette interdisciplinarité est désormais reconnue. Rien de plus normal : le sens d’une inscription est souvent éclairé par son contexte archéologique et par la place qu’elle occupe dans un espace. » L’ouvrage, paru en décembre 2012, est le premier d’une série de trois fascicules. Avec la publication des deux suivants, Laïla Nehmé et son équipe offriront une cartographie exhaustive de Pétra, un outil précieux pour comprendre et préserver ce site exceptionnel, inscrit depuis 1985 au Patrimoine mondial de l’humanité. 1. U nité CNRS/Université Paris-Sorbonne/Université Paris-I/ EPHE /Musée du Louvre. 2. Cet ouvrage a bénéficié du soutien de S uez E nvironnement et de l’Agence nationale de la recherche (ANR). Co nta ct  : Orient et Méditerranée, Ivry-sur-Seine Laïla Nehmé > laila.nehme@ivry.cnrs.fr à lire. > Atlas archéologique et épigraphique de Pétra. Fasc. 1 : De Bab as-Siq au Wadi al-Farasah, Académie des inscriptions et belles-lettres, coll. « Épigraphie et archéologie », 320 p. 06 La vasque circulaire visible au premier plan sur cette photo appartient à l’un des principaux sanctuaires à ciel ouvert du site, le Haut lieu du sacrifice, Jabal al-Madhbah en arabe. 07 Ces tombeaux font partie de la nécropole du Théâtre. La plupart sont petits et relativement simples, comparés au tombeau à droite de la rangée, plus grand et plus élaboré. 08 De nombreuses équipes de plusieurs pays travaillent à Pétra, contribuant chaque année à lever des pans de voile. Ici, des étudiants de l’université américaine Brown fouillent un sanctuaire et découvrent un sol de l’époque nabatéenne. 06 08 07 © 06-07 : H . Raguet/CNRS p hotothèque À voir sur le journal en ligne : la série complète des photos. © H . Raguet


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