| L’enquête w 26 cnrs I LE JOUNR AL Les dessous de Paris se dévoilent propos recueill is Par charli ne zei tou n Numériser les caves anciennes de Paris pour les préserver et permettre au grand public de les admirer, c’est le projet présenté par Dany Sandron, directeur du Centre André-Chastel1, à Paris. En quoi consiste le projet Les caves de Paris2 ? Dany Sandron : Il s’agit de reconstituer en images numériques animées et en 3D une vingtaine de caves de Paris datant du xiie au xixe siècle et sélectionnées pour l’intérêt de leur architecture. Pour ce faire, nous utilisons des photos, des mesures laser, etc. Cette mémoire d’un Paris méconnu est inestimable. Les caves anciennes sont les vestiges les plus nombreux du Paris médiéval, elles se comptent par centaines voire par milliers. Celles du xiiie siècle, témoignent de l’époque de la plus grande extension qu’a connue Paris, quand la ville passe de 50 000 à 200 000 habitants en un siècle pour devenir la première ville d’Occident. En dehors du monde académique, à qui ce type de reconstitutions virtuelles sert-il ? D. S. : Ces reconstitutions participent à une meilleure connaissance de ces caves anciennes. Et celle-ci aidera la prise de décision des élus et des responsables du patrimoine. Ils pourront, par exemple, décider d’en protéger certaines. Et, dans le cas où ils accordent des permis de travaux de rénovation, nos images permettront de garder une trace de l’architecture originelle. Notre projet, lauréat en 2011 de l’appel à projets Paris 2030, est d’ailleurs soutenu par la ville de Paris. Connaître seulement une vingtaine de caves ne suffit pas dans cette optique… D. S. : En effet. Mais mener un inventaire exhaustif du corpus immense que représentent ces caves anciennes réclame des délais conséquents. Il nous a donc semblé prioritaire de nous doter d’abord rapidement d’un outil d’évaluation de ce patrimoine en travaillant sur un échantillon représentatif d’une vingtaine de caves. Une fois que celui-ci nous aura fourni des repères fiables, nous espérons élargir l’enquête à l’ensemble de Paris. Les résultats alimenteront une base de données qui sera aussi accessible au grand public… D. S. : Oui, le public intéressé par l’histoire de Paris, comme les scolaires, les touristes ou les amateurs d’architecture, sera à plus long terme une autre cible de la valorisation de nos travaux. Nos reconstitutions sont disponibles sur une base de données couplée à un Système d’information géographique (SIG). En cliquant sur le plan de Paris, on pourra faire défiler animations en 3D, photos et plans. 04 Avant de numériser une cave de Paris, les chercheurs effectuent des relevés archéologiques, comme ici, au 10, rue de l’Abbaye dans le VIe arrondissement. 05 Caves de la Maison d’Ourscamp, au 42, rue François-Miron dans le IVe arrondissement (à gauche), et sa numérisation en 3D (à droite). © C. Mi gnot/Centre Chas tel © G . Chau met © M . Leliè vre/DHAAP 04 05
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