| Actualités w 12 cnrs I LE JOUNR AL Environnement Les plantes dépolluantes au placard ? w Peut-on dépolluer une maison grâce aux plantes ? Rien n’est moins sûr, selon les derniers résultats du programme Phytair, lancé en 2005 par la faculté de pharmacie de L ille et le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), et auquel participent des chercheurs du CNRS. Pourtant, les deux premières phases du programme avaient montré que certaines espèces pouvaient faire baisser les taux de benzène, de monoxyde de carbone et de formaldéhyde contenus dans un espace confiné. M ais ces travaux, effectués en laboratoire, reflétaient mal les conditions qui règnent dans une véritable maison. Lors de la phase 3 de l’essai, qui a débuté en 2009, Benjamin Hanoune, du laboratoire Physicochimie des processus de combustion et de l’atmosphère (PC2A)1, à V illeneuve-d’Ascq, et ses collègues de Géologie Les massifs jouent aux montagnes russes par Se bastián Escal ón w Même les très anciens massifs au coeur des continents bougent et se déforment. C’est ce qu’a montré, pour le massif du Hoggar, dans le Sud algérien, une équipe du laboratoire I nteractions et dynamique des environnements de surface (Ides)1, à Orsay. Cette région grande comme la France, dotée d’un important relief qui culmine à 2 900 mètres, aurait connu au cours de sa longue histoire plusieurs épisodes d’enfoncement et de soulèvement. D ’après ces travaux publiés dans la revue Geology en mai dernier2, un important épisode s’est ainsi produit il y a environ 50 millions d’années. « À la fin du Crétacé, il y a 70 millions d’années, le massif du Hoggar était plus bas et probablement recouvert par la mer, explique Yves M issenard, chercheur à l’Ides. Il s’est ensuite soulevé. La mer a alors disparu, et les sédiments qu’elle avait déposés se sont érodés peu à peu. Ainsi, les roches qui étaient à 2 ou 3 kilomètres de profondeur se retrouvent aujourd’hui à la surface. » Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont analysé des échantillons de granite du Hoggar. Ceux-ci contiennent de l’apatite, un minéral riche en par Émilie badin q C’est grâce aux échantillons de granite prélevés ici, sur le piton d’Iharen, que les chercheurs ont réussi à retracer les déplacements du massif algérien du Hoggar. Co ntact : Physicochimie des processus de combustion et de l’atmosphère, Villeneuve-d’Ascq Benjamin Hanoune > benjamin.hanoune@univ-lille1.fr Phytair ont mené leurs expériences au sein de M aria, une maison expérimentale du CSTB spécialement conçue pour étudier la qualité de l’air intérieur. « Nous avons exposé une douzaine de plantes à des polluants que l’on trouve communément dans une maison, par exemple ceux issus de la combustion de bâtons d’encens ou qui se dégagent de la colle ou de l’agglomérant des parquets », explique le chercheur. L e résultat s’est avéré très différent de celui des tests en laboratoire : « Certes, les plantes, plus précisément les plantes et leur substrat, font baisser le taux de polluants, mais l’effet est minime, poursuit Benjamin Hanoune. Pour aboutir à une dépollution équivalente à celle obtenue avec une simple aération, il faudrait mettre plusieurs centaines de plantes dans une enceinte de 8 m3 ! » Ce résultat a été soumis pour publication dans les revues Atmospheric Environment et Indoor Air. © B. BONIN © B. HANOUNE Les plantes n’auraient-elles donc que des vertus esthétiques en intérieur ? Pas seulement : la phase 3 de Phytair a montré qu’elles sont d’excellents bio-indicateurs. Comprenez : sous l’effet des polluants, les plantes subissent des atteintes microscopiques (cassures d’ADN et stress oxydant) qui apparaissent avant même des dommages visibles, sur la forme ou sur la couleur des feuilles par exemple. L e programme Phytair a ainsi permis de mettre au point une méthode destinée à dresser un état de la pollution au sein de bureaux et d’écoles uniquement en observant ces marqueurs de génotoxicité. 1. Unité CNRS/Université L ille-I.
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