N° 273 I eijlu t-ao ût 2013 Actualités | 13 Le paludisme en plein transfert éléments radioactifs tels que l’uranium et le thorium. Grâce à la méthode dite de thermochronologie basse température (U-Th)/He sur apatite, qui mesure la quantité d’hélium formée à partir de la décroissance radioactive de ces éléments, ils ont pu déterminer à quelle température, et donc à quelle profondeur, se situaient ces roches à une époque donnée. Le mouvement vertical du massif du Hoggar surprend, car celui-ci était réputé pour être extrêmement stable. L es raisons de ce soulèvement ne sont pas encore bien connues, mais les chercheurs pensent qu’il est dû à des mouvements de convection locaux du manteau terrestre. « Ces résultats remettent en question la persistance des massifs de socle tels que le Hoggar ou le Massif central. Les domaines anciens ne sont pas aussi stables qu’on le croyait, mais présentent une mobilité verticale importante », conclut Y ves M issenard. 1. Unité CNRS/Université Paris-Sud. 2. T ravaux réalisés en collaboration avec la faculté des sciences d’Alger et l’Université libre de Bruxelles et publiés dans Geology, mai 2013, vol. 41, n° 5, pp. 615-618. Co ntact : Interactions et dynamique des environnements de surface, Orsay Yves Missenard > yves.missenard@u-psud.fr en mission à fukushima w w Au début du mois de juin, des chercheurs français sont arrivés à Fukushima pour une mission de six semaines. Leur objectif : étudier les conséquences biologiques et comportementales de la catastrophe de 2011 sur les rainettes, animaux de référence pour ce type d’étude. La recherche porte sur plusieurs zones, éloignées de 40 à 100 kilomètres de la centrale de Fukushima et présentant des taux de radioactivité allant du “bruit de fond” normal à un niveau clairement supérieur aux valeurs seuil. Cette mission, qui rassemble des membres du Laboratoire d’écologie des hydrosystèmes naturels anthropisés1 et du Service de recherche et d’expertise sur les risques environnementaux de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, est financée dans le cadre du défi Needs de la Mission pour l’interdisciplinarité du CNRS . 1. Unité CNRS /UCB L/ENTP E. co ntac t : Laboratoire d’écologie des hydrosystèmes naturels anthropisés, Villeurbanne Thierry Lengagne > thierry.lengagne@univ-lyon1.fr q La mission a lieu dans différentes zones situées à quelques dizaines de kilomètres de la centrale accidentée en 2011. par lau re caillo ce w Pour la première fois, une équipe de chercheurs vient de faire la preuve du transfert du singe vers l’homme d’un parasite responsable du paludisme, Plasmodium vivax, le deuxième agent paludéen le plus répandu chez l’homme. Largement présent en Asie et en Amérique du Sud chez l’homme, P. vivax est totalement absent d’Afrique centrale et de l’Ouest du fait d’une particularité génétique des populations locales qui les protège du parasite. « Pourtant, nous avions connaissance de cas de touris- tes infectés par cet agent à la suite de voyages dans ces régions… », raconte Franck Prugnolle, de l’unité M aladies infectieuses et vecteurs : écologie, génétique, évolution et contrôle1, à M ontpellier, qui a participé à l’étude2. Après une investigation poussée de cinq de ces cas, le verdict est tombé : l’un d’eux, une personne ayant séjourné durant quinze jours en forêt en Centrafrique, présente exactement le même type de P. vivax que celui retrouvé chez les grands singes de la zone, vraisemblablement transmis par un moustique du genre Anopheles. « Depuis 2010, on savait qu’un autre parasite du paludisme chez l’homme, Plasmodium falciparum, était présent chez le gorille, et on avait formulé l’hypothèse d’un transfert ancien – plusieurs centaines de milliers d’années – du singe vers l’homme, précise le chercheur. Mais de là à imaginer que des sauts d’hôte étaient encore possibles aujourd’hui… » Les scientifiques connaissaient mal les parasites qui affectent nos plus proches cousins, faute de pouvoir effectuer les prélèvements sanguins nécessaires. Écologie C’est l’arrivée d’une nouvelle méthode, fondée sur l’analyse des excréments ramassés en forêt, qui a permis les dernières découvertes. Prochaine étape : comparer les parasites communs à l’homme et au singe, afin d’en détecter les infimes différences. « Pour coloniser l’homme, ces Plasmodium ont certainement développé des adaptations inédites, explique Franck Prugnolle, qui espère que de nouvelles cibles thérapeutiques pourront ainsi être identifiées. C’est tout l’intérêt de combiner les deux approches, médicale et écologique, pour une meilleure compréhension des maladies infectieuses. » 1. Unité CNRS/IRD/UM1/UM2. 2. T ravaux publiés dans PNAS, 14 mai 2013, vol. 110, n° 20, pp. 8123-8128. Co ntact : Maladies infectieuses et vecteurs : écologie, génétique, évolution et contrôle, Montpellier Franck Prugnolle > franck.prugnolle@ird.fr © I RSN/J.-M. Bonzom
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