| Stratégie w 34 cnrs I LE JOUNR AL Prospective Du 3 au 6 juin, le Collège de France a accueilli les nombreux participants venus assister au colloque « Arctique : les grands enjeux scientifiques ». Tous mobilisés pour l’Arctique climatique sur le reste de la planète. Sur place, le bouleversement des écosystèmes et le dégel du permafrost (sol ou roc qui reste gelé en permanence), déjà amorcés, créent de gros enjeux géopolitiques, en favorisant l’accès aux ressources du soussol (pétrole, gaz), l’ouverture de nouvelles voies de navigation, un affaissement des sols exigeant de déplacer des populations ou encore de nouvelles opportunités de développement touristique. « La communauté scientifique française a des atouts indéniables pour contribuer à répondre à ces questions de première importance, et ainsi être un acteur-clé des actions qui vont être engagées prochainement au niveau international », a rappelé Alain Fuchs, le président du CNRS, lors de l’ouverture du colloque. « Il existe en France des communautés scientifiques très fortes dans la recherche arctique, mais qui travaillent souvent isolément, sans se connaître », signale Marcel Babin, directeur de l’Unité mixte internationale de Takuvik et président du conseil scientifique du Chantier Arctique français. Le colloque a permis pour la première fois de les réunir. « Le prestige du Collège de France et le partenariat avec la chaire d’Édouard Bard “Évolution du climat et de l’océan” y ont largement contribué », se réjouit Marcel Babin. Après une première journée consacrée à des conférences, les trois suivantes ont favorisé les échanges interdisciplinaires, par petits groupes de travail. « Il existe en Arctique des questions scientifiques majeures auxquelles on ne peut répondre qu’en associant les communautés, souligne Marcel Babin. Le dégel du permafrost, par exemple, modifie les propriétés mécaniques du sol, l’hydrologie, les processus microbiens qui se déroulent dans le substrat et les lacs de fonte, ainsi que les écosystèmes de surface. Ces modifications par ale xandra dejea n Le colloque « Arctique : les grands enjeux scientifiques », qui s’est déroulé au Collège de France du 3 au 6 juin, a tenu toutes ses promesses. « La communauté française travaillant sur l’Arctique s’est mobilisée dans son ensemble et jusqu’à la dernière journée », se félicite Denis- Didier Rousseau, délégué scientifique aux affaires polaires à l’Institut national des sciences de l’Univers. Avec 450 participants par jour, le succès de ce colloque, qui marque le lancement du Chantier Arctique (lire l’encadré ci-dessous), est à la hauteur de l’objectif : structurer la recherche française sur cette région du monde en proie au changement climatique, et dont l’évolution rapide a des répercussions mondiales. Le réchauffement climatique est en effet deux fois plus important en Arctique que dans le reste du monde. La fonte de la banquise s’accélère, à tel point que l’océan Arctique pourrait être dépourvu de glace en été dès 2030. Des modifications qui précipitent elles-mêmes le changement À voir sur le journal en ligne : le film Les Conséquences de la disparition de la banquise. Qu’est-ce que le Chantier arctique français ? C’est un programme national multi-organismes (CNR S, BRGM, CEA, Cnes, Ifremer, Ipev, MAE, MESR, Metéo-France, UP MC, UVSQ) destiné à fédérer la communauté scientifique française qui travaille en Arctique en coordonnant les efforts, et à augmenter la visibilité de la recherche française sur l’Arctique au niveau international. Dès 2014, c’est le Chantier Arctique, par l’intermédiaire de son conseil scientifique, qui lancera tous les appels à projets portant sur l’Arctique en France et sera chargé de l’attribution des financements. © NASA Scient ific Visualizat ion Studio/DMSP-SSM/I En trentre ans, entre janvier 1980 (01) et janvier 2012 (02), la taille de la banquise arctique a nettement diminué, comme on peut le constater en comparant ces deux images. 01 02
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