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innovation-2013

Stéphane Mallat, explorateur des mathématiques Le parcours de Stéphane Mallat, co-lauréat 2013 de la médaille de l’innovation du CNRS, montre que les mathématiques à leur état le plus pur peuvent faire naître une start-up commercialisant des puces pour les téléviseurs haute définition. Stéphane Mallat navigue entre le réel et la théorie. « C’est vraiment cet aller-retour qui me passionne », confie le mathématicien, professeur au département d’informatique de l’École normale supérieure de Paris. « Démontrer un théorème, c’est formidable, mais voir son impact sur une image, par exemple, cela donne une dimension magique aux mathématiques. En retour, les mathématiques s’enrichissent des idées et des intuitions provenant des applications. » En étudiant les représentations mathématiques des données numériques, Stéphane Mallat révèle ainsi les structures et l’organisation des sons et des images, ouvrant la voie à de nouvelles applications. Élaboration de la théorie de la multi-résolution En 1986, alors qu’il fait sa thèse à l’Université de Pennsylvanie, Stéphane Mallat découvre les travaux de recherche d’Yves Meyer1 sur les ondelettes, des fonctions mathématiques. Inspiré par les algorithmes des spécialistes du traitement de l’image, il revisite alors ces fonctions en introduisant l’idée de zoom mathématique pour naviguer à travers les échelles, élaborant ainsi la théorie de la multi- résolution. Ce nouveau regard sera à la base d’une théorie générale, permettant de construire les ondelettes Son parcours Stéphane Mallat, 50 ans, est professeur de mathématiques appliquées à l’École normale supérieure de Paris, dans le département d’informatique (ENS/CNRS/INRIA). De 1986 à 1996, il fait sa thèse aux États-Unis sur les ondelettes (méthode d’analyse mathématique du signal), devient professeur au Courant Institute of Mathematical Sciences de New York, puis rentre en France à l’École polytechnique. Ses travaux innovants sur la représentation d’images mèneront au standard international de compression JPEG-2000 et à la création de la start-up Let It Wave, spécialisée dans la compression et la superrésolution des images. Dans ce cadre, Stéphane Mallat déposera dix brevets internationaux. En 2004, il reçoit le prix CNRS du chercheur le plus cité en sciences de l’ingénieur et en 2007, le Grand Prix EADS de l’Académie des sciences. Aujourd’hui, il travaille sur une nouvelle théorie des invariants pour la reconnaissance de sons, d’images et de données. © CNRS Photothèque / Céline Anaya Gautier


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