Que signifient les ornements rouges des femelles macaques ?

Biologie

De nombreuses cultures humaines associent la couleur rouge à la sexualité et à la fertilité. Chez les primates non humains aussi, une coloration rouge de la peau est supposée jouer un rôle dans l’attractivité sexuelle. Ainsi, chez certaines espèces, les femelles sont plus attirées par les mâles les plus colorés. Mais le lien entre coloration et attractivité des femelles a été moins étudié. Des chercheurs du CNRS1, de l’université de Kyoto et de l’université de New York se sont penchés sur le cas des macaques japonais : pendant la saison de reproduction, de novembre à février, mâles et femelles présentent une coloration particulièrement rouge de la face et de l’arrière-train. Contrairement à ce qui était supposé depuis de nombreuses années, leur étude montre que les variations de couleur de ces parties du corps n’indiquent pas le moment précis de l’ovulation chez les femelles. Par contre, les femelles dominantes (de haut rang social), qui ont en général un meilleur taux de reproduction, ont l’arrière-train plus foncé.  Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques ont étudié pendant trois mois 12 femelles du centre de primatologie de l’université de Kyoto. À partir de photos prises tous les deux jours, ils ont modélisé la perception visuelle des macaques afin de déterminer quelles variations de couleur étaient discernables par ces derniers. Cette étude vient d’être publiée dans la revue Behavioral Ecology and Sociobiology.   

femelle macaque avec son petit

tête d'une femelle macaque
Deux des femelles Macaca fuscata suivies dans le cadre de cette étude.
© Lucie Rigaill

D’autres photos sont disponibles sur demande.
  • 1. au laboratoire Eco-anthropologie (CNRS/Muséum national d’Histoire naturelle/Université de Paris)
Bibliographie

The redder the better? Information content of red skin coloration in female Japanese macaques, Lucie Rigaill, James P. Higham, Sandra Winters, Cécile Garcia. Behavioral Ecology and Sociobiology, août 2019. DOI : https://doi.org/10.1007/s00265-019-2712-x

Contact

Lucie Rigaill
Program-specific Assistant Professor au Primate Research Institute de l’Université de Kyoto
Cécile Garcia
Chercheuse CNRS
Véronique Etienne
Attachée de presse CNRS