Médailles de bronze

La Médaille de bronze récompense le premier travail d'un chercheur, qui fait de lui un spécialiste de talent dans son domaine. Cette récompense représente un encouragement du CNRS à poursuivre des recherches bien engagées et déjà fécondes.

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Les lauréats 2000 par département scientifique

Sciences physiques et mathématiques

  • Pierre Henri Chavanis, 30 ans, est chargé de recherche dans l'équipe de physique théorique du Laboratoire de physique quantique de Toulouse. Sa thèse réalisée à l'ENS de Lyon fut consacrée aux applications astrophysiques de la turbulence bidimensionnelle s'étendant de la grande tache rouge de Jupiter aux galaxies elliptiques. A Toulouse, ses activités sur le déclin de la turbulence bidimensionnelle impliquent désormais des partenaires aussi divers que le CEA de Saclay, l'Institut de mécanique des fluides de Toulouse, l'observatoire Midi-Pyrénées et Météo-France. Ce jeune théoricien est devenu en quelques années l'un des leaders mondiaux dans le domaine de la turbulence et de ses applications à l'astrophysique.
  • Yvan Sidis, 30 ans, est chargé de recherche au Laboratoire Léon Brillouin du CNRS, implanté à Gif-sur-Yvette. Ce jeune chercheur est un remarquable expérimentateur des systèmes électroniques fortement corrélés utilisant la diffusion inélastique de neutrons ainsi que les mesures de transport, afin de permettre l'étude du couplage entre les degrés de liberté de spin et de charge. Il a notamment démontré la généralité de l'existence d'un pic de résonance magnétique dans les supraconducteurs à haute température critique et l'existence d'excitations magnétiques incommensurables dans le supraconducteur exotique Sr 2 CuO 4.
  • Christophe Breuil, 32 ans, est chargé de recherche au CNRS (Laboratoire de mathématique d'Orsay). Avec trois collaborateurs, il a achevé la preuve de l'un des résultats les plus frappants des 20 dernières années en mathématiques : la conjecture de Taniyama-Weil. Il s'agit d'un événement exceptionnel. Pour démontrer le théorème de Fermat, A. Wiles avait eu besoin de vérifier certains cas de cette conjecture et avait introduit pour cela une méthode nouvelle. Les travaux antérieurs de Christophe Breuil sur les groupes p-divisibles ont permis d'étendre la méthode de Wiles aux cas restants et de donner une preuve complète de la conjecture.
  • Andreï Borissov, 34 ans, est chargé de recherche au Laboratoire des collisions atomiques et moléculaires d'Orsay. Après une formation initiale à l'Université d'État de Moscou et une thèse obtenue à l'Université Paris-Sud, il s'est affirmé comme un théoricien de premier plan, spécialiste du transfert de charge dans les collisions atome-surface. Andreï Borissov a développé de nouvelles méthodes théoriques permettant de décrire de manière plus quantitative l'échange de charge dans les cas où l'approximation de la surface par un milieu uniforme est insuffisante. Ces méthodes ont eu un impact particulièrement important dans le domaine des surfaces isolantes. Ses travaux théoriques ont initié plusieurs expériences nouvelles, tant au sein de son laboratoire qu'à l'extérieur.

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Physique nucléaire et corpusculaire

  • Dominique Duchesneau, 34 ans, est chargé de recherche au Laboratoire d'Annecy-le-Vieux de physique des particules (CNRS - Université de Savoie). Il participe à l'une des quatre grandes expériences menées auprès du collisionneur électron-positon (le LEP) du CERN à Genève. Ses travaux concernent plus particulièrement la physique de l'interaction forte et la recherche de nouvelles particules. Présentés lors de plusieurs grandes conférences internationales, les résultats de Dominique Duchesneau lui ont permis d'ores et déjà d'acquérir une reconnaissance de la communauté des physiciens des particules.

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Sciences pour l'ingénieur

  • François Dufour, 34 ans, est chargé de recherche au LABRI, Laboratoire bordelais de recherche en informatique (CNRS - Université Bordeaux 1), à Talence. Ses travaux, menés jusqu'en septembre 2000 au sein du Laboratoire des signaux et systèmes de Gif sur Yvette, (CNRS - Ecole supérieur d'électricité - Université Paris 11) portent sur les systèmes stochastiques à sauts ou systèmes hybrides. Au carrefour de l'automatique et de l'informatique, les travaux de ce jeune chercheur visent à enrichir les connaissances sur l'analyse et la commande des systèmes intervenant dans nombre de processus réels complexes de télécommunication, de transport et de production.
  • Hervé Rigneault, 32 ans, est chargé de recherche à l'Institut Fresnel de Marseille (CNRS - Université Aix-Marseille 1 - Université Aix-Marseille 3 - Ecole nationale supérieure de physique de Marseille). Il a étudié les propriétés mécaniques des matériaux en couches minces et mis en place un système interférométrique de mesure de contrainte sur ces couches. Hervé Rigneault se concentre maintenant sur l'étude de l'émission d'atomes luminescents placés en cavités avec pour objectif le contrôle de la directivité de l'émission radiative d'atomes luminescents dans des micro-cavités planaires. Il développe notamment des recherches sur la détection de la fluorescence de traceurs biologiques uniques placés dans ces microstructures.
  • Mohamed Cherkaoui, 33 ans, est chargé de recherche au Laboratoire de physique et mécanique des matériaux de Metz (CNRS-Université de Metz). Son programme de recherche sur la micromécanique des aciers TRIP (plasticité induite par transformation) associe des descriptions à plusieurs échelles à une approche thermomécanique. Ses travaux, menés en liaison avec la société sidérurgique SOLLAC, ont pour objectif la détermination de la loi de comportement du grain austénitique et la mise en ouvre d'une méthode de transition micro-macro permettant d'obtenir la loi de comportement du polycristal à partir de celle du grain. La qualité du travail de Mohamed Cherkaoui et les collaborations établies avec des groupes d'universités étrangères assurent à ce chercheur une visibilité internationale de premier plan.
  • Anne Bourdon, 30 ans, est chargée de recherche au Complexe de recherche interprofessionnel en aérothermochimie, CORIA (CNRS - Université de Rouen - INSA de Rouen), à Mont Saint Aignan. Ses activités de recherche portent sur la modélisation d'écoulements de plasmas réactifs et hors équilibre thermique et notamment sur la modélisation des plasmas de rentrée atmosphérique. Dans ce cadre, elle a développé, en étroite collaboration avec des expérimentateurs, plusieurs codes de calculs et proposé de nouveaux modèles. Depuis deux ans, Anne Bourdon a élargi ses travaux à la modélisation d'un réacteur plasma froid pour la dépollution des gaz d'échappement automobile.
  • Yannick Cremillieux, 35 ans, est chargé de recherche au Laboratoire de résonance magnétique nucléaire (CNRS - Université Lyon 1 - Ecole supérieure de chimie physique électronique de Lyon), à Villeurbanne. Spécialisé dans le développement des techniques d'imagerie médicale par résonance magnétique (IRM), ce physicien de formation travaillant dans le domaine des sciences de la vie est notamment reconnu pour ses recherches sur l'imagerie des gaz rares hyperpolarisés (hélium 3) dont les principales applications sont : l'imagerie de ventilation pulmonaire, l'imagerie combinant ventilation et perfusion pulmonaire, la vectorisation de l'hélium 3 hyperpolarisé. Yannick Cremillieux a été chargé par la communauté internationale de conduire l'Ecole d'été des Houches (2000) sur l'emploi des gaz hyperpolarisés en médecine.

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Sciences de l'Univers

  • Max-Werner Schmidt a fait ses études universitaires en Allemagne, puis en Suisse avant de poursuivre des recherches doctorales à Clermont Ferrand (UMR 6524 - Magmas et volcans) sur le thème de la déshydratation de la lithosphère de la subduction et sur le recyclage des matériaux crustaux dans le manteau terrestre. Devenu chargé de recherche dans cette unité, il a ainsi remis en question les idées en cours qui liaient la fusion du manteau à la présence d'eau issue de la déshydratation de la lithosphère océanique en subduction. Il a notamment démontré que la déshydratation est un processus relativement continu jusqu'à des profondeurs supérieures à 200 km, ce qui signifie que l'origine des magmas d'arc n'est pas liée à la présence d'eau dans le manteau, mais à son régime thermique. Parallèlement à cette activité scientifique, Max-Werner Schmidt a d'autres compétences reconnues dans le domaine de l'expérimentation à haute pression puisque la responsabilité de la presse multi-enclume de 1000 tonnes de Clermond-Ferrand, Instrument national de l' INSU, lui a été confiée après qu'il ait fréquenté les principaux laboratoires internationaux en pétrologie expérimentale.
  • Béatrice Marticoréna est chargée de recherche au CNRS et travaille au Laboratoire inter-universitaire des systèmes atmosphériques de Créteil (UMR 7583) où elle étudie la modélisation des aérosols désertiques par érosion éolienne des zones arides. Ce sujet est important tant pour la thématique du climat que pour comprendre le processus d'érosion des sols ou la biologie marine. En effet, elle a introduit la notion de " seuil d'érosion ", seuil qui dépendrait de la taille du granulat mobilisable. A l'aide de quelques paramètres physiques, elle a ainsi proposé un schéma explicite d'érosion éolienne, simple, mais d'une précision jamais atteinte jusqu'ici. Son modèle, validé à partir de l'imagerie par satellite et d'observations in situ, est rapidement devenu un standard dans le monde. Son schéma a été couplé à de nombreux modèles atmosphériques à échelles méso ou globales, en France et sur le reste du globe, tant pour l'exploitation des données des campagnes que pour les simulations climatiques.
  • Olivier Boucher, 29 ans, chargé de recherche au CNRS (Laboratoire d'optique atmosphérique UMR 8518 - Université de Lille), est actuellement mis à disposition du Max Planck Institut de chimie à Mayence, en Allemagne. Il utilise à la fois les observations par satellite et les modèles pour étudier les aérosols atmosphériques (particules en suspension dans l'atmosphère). Il est plus particulièrement spécialiste de l'impact des aérosols sur le climat de la Terre. Il a quantifié les effets directs (en ciel clair par rétro-diffusion du rayonnement solaire) et indirects (en ciel nuageux par modification des propriétés des nuages) des aérosols industriels. Cette étude s'est faite en deux temps : d'abord à partir des modèles globaux de l'atmosphère, puis à partir de données satellites fournies par l'instrument POLDER, développé par le CNES et le LOA. Ses recherches s'étendent également aux traînées d'avion et au cycle atmosphérique du soufre, un dernier travail qui s'effectue en collaboration avec les laboratoires de l'IPSL.
  • Martin Lemoine est chargé de recherche au CNRS et travaille à l'UPR 341 (Institut d'astrophysique de Paris), à Paris. Il s'est illustré dans trois domaines de la recherche en astrophysique. Ses analyses des spectres ultraviolets émis par les étoiles de notre galaxie ont mis en évidence des variations importantes du rapport isotopique deutérium sur hydrogène (D/H) dans le milieu interstellaire local. Martin Lemoine a expliqué ce phénomène par une contamination des nuages interstellaires provenant de vents stellaires dénués de deutérium. D'autre part, sa modélisation de la propagation des rayons cosmiques à ultra-haute énergie, suggère un champ magnétique extragalactique relativement important (de l'ordre de 10 -7 gauss) et le chercheur apporte là aussi des précisions importantes sur la détectabilité de ces rayons cosmiques à ultra haute énergie par l'observatoire AUGER. Enfin il a calculé la production de gravitinos (partenaires super-symétriques du graviton) durant l'inflation, soit par pompage gravitationnel du vide quantique, soit par des trous noirs primordiaux.

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Sciences chimiques

  • Jérôme Claverie, 32 ans, est chargé de recherche au CNRS au Laboratoire de chimie et procédés de polymérisation (CNRS - Ecole supérieure de chimie physique électronique de Lyon), à Villeurbanne. Son activité de recherche se situe dans le domaine de la polymérisation en milieu dispersé (émulsion, mini-émulsion) réalisée par voie radicalaire, radicalaire contrôlée, ou encore catalytique. Ses contributions majeures concernent, d'une part, l'étude des mécanismes de transfert de matière à l'interface eau/latex et, d'autre part, la mise au point de procédés originaux de synthèse de polymères en milieu dispersé. Jérôme Claverie a ainsi synthétisé des latex complètement inédits, soit par polymérisation par métathèse de cyclooléfines, soit par polymérisation catalytique d'oléfines. Cette activité est à l'origine d'une nouvelle gamme de matériaux (latex de polyéthylène par exemple) qui présentent de réelles perspectives économiques et industrielles.
  • Christophe Meyer, 31 ans, est chargé de recherche au CNRS au laboratoire "Nouvelles méthodes de synthèse et étude de systèmes chimiques biomimétiques" (Université Paris 6), à Paris. Son activité de recherche est centrée sur le développement de nouvelles méthodologies (métathèses, réactions sur support solide, catalyse organométallique) et leurs applications à la synthèse de produits naturels. En collaboration avec Rhodia, il étudie également l'activité d'un nouveau catalyseur et l'approche de l'auto-catalyse asymétrique.
  • Philippe Walter, 33 ans, est chargé de recherche au CNRS au Laboratoire de recherche des musées de France (CNRS - Direction des Musées de France), à Paris. Il a démontré très clairement l'apport décisif de la science chimique à l'archéologie. Les avancées les plus spectaculaires concernent les cosmétiques antiques élaborés par les Egyptiens, 2000 ans avant J.C., selon une véritable stratégie de synthèse chimique. Il a appliqué et exploité les concepts et les techniques les plus novatrices au bénéfice de résultats archéologiques d'intérêt mondial.
  • Anne Dolbecq-Bastin, 31 ans, est chargée de recherche à l'Institut Lavoisier de Versailles (CNRS - Université de Versailles / Saint Quentin en Yvelines). Son activité de recherche porte sur la synthèse d'oxothiométallates (entités contenant des ions métalliques et des atomes de soufre et d'oxygène). Elle a développé la synthèse de nouveaux dérivés cycliques oxothiomolybdiques par condensation de thiocations autour de molécules, organiques ou inorganiques, structurantes. Elle a montré le rôle primordial de l'agent structurant dans la nucléarité et la géométrie des oxothiométallates obtenus. L'utilisation comme agent structurant, d'ions de transition ou d'ions phosphates, dicarboxylates et tricarboxylates, lui a permis de stabiliser des structures cycliques originales contenant six, huit, dix ou douze atomes de molybdène. Ses travaux portent également sur la synthèse contrôlée d'architectures uni, bi ou tridimensionnelles à partir de précurseurs oxothiométalliques.
  • Mireille Richard-Plouet, 34 ans, est chargée de recherche au CNRS dans le Groupe des matériaux inorganiques de l'Institut de physique et chimie des matériaux de Strasbourg (CNRS - Université Strasbourg 1 - Ecole européenne de chimie, polymères et matériaux). Son activité de recherche concerne l'étude de matériaux magnétiques de basse dimensionnalité et le développement de synthèses par voies sol-gel et hydrothermale. Elle s'intéresse à l'évolution des propriétés de luminescence de l'europium, en fonction de sa coordinence dans différents silicates. Son activité de synthèse par voie hydrothermale de silicates et alumino-silicates hybrides inorganique-organique de métaux de transition, a pour but d'étudier leurs propriétés magnétiques en fonction d'arrangements particuliers des métaux dans ces composés.
  • Jean-Pierre Simorre, 36 ans, est chargé de recherche au Laboratoire de RMN de l'Institut de biologie structurale Jean-Pierre Ebel (CNRS - CEA) à Grenoble. Spécialiste de la résonance magnétique nucléaire, son travail de recherche porte tant sur des développements méthodologiques que sur des études structurales et dynamiques de macromolécules (ARN et protéines). Il a, par exemple, mis au point une nouvelle approche permettant une augmentation de sensibilité dans l'analyse des molécules d'ARN. Les études en solution qu'il a récemment poursuivies concernent les structures d'ARN catalytique, comme celle du ribozyme en tête de marteau ou d'aptamère, comme celui capable de reconnaître un broncho-dilatateur, la théophylline. Il a étudié également la structure et la dynamique de la glycine décarboxylase, complexe enzymatique de haut poids moléculaire, produit lors de la photo-respiration des plantes.

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Sciences de la Vie

  • Hélène Bénédetti, 35 ans, est chargée de recherche au CNRS et travaille au Centre de biophysique moléculaire dirigé par Paul Vigny, à Orléans. Elle a réalisé depuis le début de sa carrière tout un ensemble de travaux novateurs sur la physiologie des bactéries à Gram négatif, telle qu' Escherichia coli. Elle a ensuite contribué efficacement à l'étude de l'endocytose chez la levure Saccharomyces cerevisiae. Elle s'intéresse actuellement à une famille de protéines, les PEPB (Phosphatidylethanolamine-Binding Protein), qui régulent la prolifération de certaines cellules.
  • Franck Girard, 33 ans, est chargé de recherche au CNRS et travaille à l'Institut de génétique humaine de Montpellier, dirigé par Jacques Demaille. Son travail actuel porte sur la caractérisation fonctionnelle, chez la drosophile, des SOX, une famille de gènes très conservés au cours de l'évolution. Les produits de ces gènes sont impliqués dans divers processus de détermination/différenciation cellulaire pendant l'embryogenèse, tels que la détermination du sexe mâle chez les mammifères, la formation des os ou encore le développement du système nerveux.
  • Ulf Nehrbass, 35 ans, est chargé de recherche au CNRS dans le laboratoire " Transduction du signal et contrôle de la transcription " dirigé par Michel Véron, à Paris. Dans le cadre d'une ATIPE dont il est le responsable, Ulf Nehrbass étudie les effets de l'organisation tridimensionnelle du noyau dans l'expression des gènes et le métabolisme nucléaire. Chez la levure, ses travaux portent essentiellement sur le rôle des filaments intranucléaires dans l'organisation de la chromatine et l'utilisation des éléments transposables Ty comme outils pour analyser la structure de la chromatine. Ses recherches sur les cellules de mammifères concernent le routage intranucléaire et l'intégration des complexes de préintégration du VIH-1.
  • Aïda Habib Abdulkarim, 34 ans, est chargée de recherche au CNRS. Elle travaille à Paris dans l'unité Inserm 348 dirigée par Sylvianne Lévy-Toledano. Ses travaux portent principalement sur la régulation des cyclo-oxygénases, enzymes nécessaires à la formation des prostaglandines, dans les cellules vasculaires et sanguines. Parallèlement, elle a caractérisé des récepteurs à 7 domaines transmembranaires couplés aux protéines G fixant le thromboxane, un dérivé de l'acide arachidonique, dont le rôle est important dans la fonction plaquettaire et vasculaire. Elle a montré qu'une seule des 2 isoformes de ces récepteurs est exprimée dans les plaquettes sanguines.
  • Myriam Cayre, 33 ans, est chargée de recherche au CNRS et travaille au Laboratoire de neurobiologie dirigé par Jean-Luc Clément à Marseille. Elle a découvert une zone de prolifération de neurones dans une structure intégrative du cerveau de l'insecte adulte. Cette neurogenèse persistante est régulée par des facteurs internes (hormones) mais aussi externes (enrichissement sensoriel de l'environnement). L'activation hormonale de la neurogenèse s'exerce via la production de polyamines, molécules que l'on trouve depuis la levure jusqu'à l'homme. Le rôle de ces polyamines dans le contrôle de la neurogenèse secondaire chez les vertébrés sera prochainement évalué.
  • Véronique Berteaux-Lecellier, 34 ans, chargée de recherche au CNRS, contribue aux travaux de l'Institut de génétique et microbiologie du CNRS, dirigé par Michel Duguet, à Orsay. Ses recherches portent notamment sur le rôle d'organites cellulaires, les peroxysomes, dans le développement sexué du champignon filamenteux Podospora anserina, plus particulièrement lors du passage du cycle de division mitotique au cycle méiotique. Elle a, en outre, mis en évidence l'homologie de deux protéines peroxysomales de ce champignon avec des protéines humaines dont les mutations conduisent à des maladies mortelles. Elle souhaite développer l'utilisation de Podospora comme modèle pour l'étude du rôle des peroxysomes dans la différenciation.
  • Delphine Duprez, 36 ans, est chargée de recherche au CNRS et travaille à l'Institut d'embryologie cellulaire et moléculaire du CNRS, dirigé par Gérard Couly et situé à Nogent-sur-Marne. Elle s'intéresse aux facteurs de signalisation intervenant dans le développement du muscle de l'aile, chez l'embryon de poulet. Son programme de recherche est fondé sur des expériences qui consistent à implanter dans l'embryon in ovo des cellules produisant des constructions rétrovirales et à en analyser les conséquences morphologiques et moléculaires sur le muscle.
  • Ludovic Ferrand, 33 ans, est chargé de recherche au CNRS et ouvre au Laboratoire de psychologie expérimentale du CNRS, dirigé par Juan Segui et situé à Boulogne-Billancourt. Son activité s'organise autour de quatre thèmes de recherche : la production de la parole (notamment l'étude du rôle de la syllabe comme unité "naturelle" de production) ; la perception de la parole (plus précisément l'influence de l'orthographe au cours de la reconnaissance des mots parlés) ; la reconnaissance des mots écrits ; la dénomination de dessins d'objets. Il vient de publier Leçons de parole chez O. Jacob (en collaboration avec J. Segui).
  • Hervé Philippe, 34 ans, chargé de recherche au CNRS, travaille à Paris où se trouve le Laboratoire " Biologie moléculaire et cellulaire du développement ", dirigé par Jean-Claude Boucaut, unité au sein de laquelle il bénéficie d'une ATIPE. Il développe une méthodologie de reconstitution phylogénétique qu'il applique à la reconstruction de l'arbre universel du vivant. Après des travaux portant sur la fiabilité des phylogénies moléculaires, ses recherches l'ont conduit à remonter aux origines de la vie et à remettre en cause la conception actuelle de l'évolution des premiers êtres vivants. Il a émis l'hypothèse de l'apparition des procaryotes avant celle des eucaryotes.

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Sciences de l'homme et de la société

  • Jean-François Berger, 34 ans, est chargé de recherche au Centre d'études Préhistoire, Antiquité, Moyen-Age de Nice-Sophia Antipolis. Sa spécialité est la géoarchéologie appliquée aux environnements holocènes. Ses activités, essentiellement menées dans la vallée du Rhône, s'intègrent notamment dans le programme européen Archaeomedes, qui étudie la désertification des régions nord méditerranéennes. Des recherches systémiques permettent de reconstituer l'évolution de la couverture pédologique et des styles fluviaux au Postglaciaire et d'élaborer un modèle prédictif pour corriger les cartes archéologiques des sites perturbés par l'évolution géomorphologique. Les travaux particulièrement novateurs de Jean-François Berger constituent tant un outil de premier ordre pour la recherche paléoenvironnementale qu'une contribution majeure aux stratégies de l'archéologie préventive.
  • Olivier Mattéoni, 38 ans, maître de conférences à l'Université de Paris I, est rattaché au Laboratoire de médiévistique occidentale de Paris. Il est l'auteur d'une thèse, Servir le prince. Les officiers des ducs de Bourbon à la fin du Moyen âge, qui a fait date par la rigueur de laméthodologie appliquée à l'histoire de l'État médiéval et par l'ouverture de perspectives nouvelles. Les conséquences sociales de la mise en place des structures politiques de l'État moderne y sont particulièrement mises en évidence. Après une enquête sur les Chambres des comptes des principautés françaises, qui a pris la forme d'un colloque international et donné lieu à la publication de deux ouvrages, Olivier Mattéoni a lancé trois nouvelles recherches : l'une sur les procédures de vérification des comptabilités au Moyen âge, une autre sur les châtelains, une dernière sur les procès politiques du XVe et du début du XVIe siècle.
  • Vincent Goossaert, 31 ans, est chargé de recherche dans l'unité "Religion et société en Chine" (CNRS - Ecole pratique des hautes études). Il est spécialiste de l'histoire sociale des religions chinoises. Sa thèse intitulée La Création du taoïsme moderne : l'ordre Quanzhen, fut remarquée pour sa méthodologie de sociologie religieuse d'inspiration wébérienne, et l'utilisation de l'épigraphie comme source documentaire. Vincent Goossaert a contribué à la conception du programme de son unité, au sein de laquelle il anime les recherches sur le passage de la religion chinoise à la modernité, et co-édite la revue Sanjiao wenxian. Il dirige également le nouveau projet "Anticléricalisme en Chine : l'époque des intolérances (18e-20e siècle". Il a publié un premier livre de synthèse : Dans les temples de la Chine. Histoire des cultes, vie des communautés (Albin Michel, 2000), dont il n'existe pas d'équivalent à ce jour.
  • Nicolas Tournadre, 41 ans, est maître de conférences à l'Université Paris 8 et membre du laboratoire "Langues et civilisations à tradition orale", à Villejuif. Ses activités de recherche se construisent autour de deux axes essentiels : la linguistique tibétaine et la typologie du temps, de l'aspect et du mode dans les langues naturelles. En dix ans, Nicolas Tournadre est devenu l'un des tous premiers experts mondiaux en tibétologie. Son ouvrage L'ergativité en tibétain moderne, dans lequel il met en lumière les emplois discursifs du cas ergatif en tibétain, constitue une approche totalement nouvelle qui éclaire le développement des marques casuelles dans bien des langues tibéto-birmanes à partir des marques rhétoriques. Nicolas Tournadre est le responsable scientifique d'un projet international de grande envergure portant sur les dialectes du tibétain. Il a d'ailleurs découvert et décrit plusieurs de ces parlers.
  • Jocelyn Benoist, 32 ans, est agrégé de philosophie et maître de conférences à l'Université Paris 1. Spécialiste de l'idéalisme allemand et de la phénoménologie, il collabore aux travaux du laboratoire "Pays germaniques, histoire-culture-philosophie" (CNRS - Ecole normale supérieure - Ecole des hautes études en sciences sociales - Université Paris 8). Après une thèse sur "Le problème de la subjectivité dans la Critique de la raison pure", ses activités de recherche se sont essentiellement développées dans le cadre des Archives Husserl. Par une production scientifique remarquable, notamment la publication de quatre livres importants dont deux dans la prestigieuse collection "Épiméthée" des Presses Universitaires de France, Jocelyn Benoist est déjà considéré comme une personnalité marquante de la philosophie française d'aujourd'hui.
  • Gisèle Sapiro, 35 ans, est chargée de recherche au Centre de sociologie de l'éducation et de la culture (CNRS - Ecole des hautes études en sciences sociales), à Paris. Ses travaux s'entendent comme autant de contributions à une sociologie des intellectuels, de la fin du XIXe à la fin des années 1960. Dans La guerre des écrivains (1940-1953) (Fayard), Gisèle Sapiro a doublé l'analyse institutionnelle d'une minutieuse approche biographique. Ce travail, qui retrace l'histoire des conditions de production intellectuelle sous l'Occupation, amène surtout la réflexion sur le pouvoir symbolique au sein du champ intellectuel, pouvoir dont l'exercice reste disputé aux écrivains par d'autres fractions intellectuelles. La reconnaissance de cet ouvrage confirme la place éminente de Gisèle Sapiro dans sa discipline.
  • Thomas Piketty, 29 ans, est chargé de recherche au laboratoire "Recherche fondamentale en économie mathématique" (CNRS - Centre d'études prospectives d'économie mathématique appliquée à la planification), à Paris. Ses thèmes de recherche concernent d'une part le chômage et les politiques de l'emploi et d'autre part l'économie politique des inégalités. Ses travaux couvrent largement toutes les facettes de la recherche : théorie, souci de l'empirique, recommandations en matière de politique économique, vulgarisation et diffusion des connaissances. Le rayonnement national et international des travaux de Thomas Piketty est de tout premier plan, comme le prouvent sa fonction d'éditeur du Journal of Public Economics et sa qualité de membre du Conseil d'Analyse Économique, placé sous l'autorité du Premier Ministre.
  • Maria-Caterina Pasqualino-Regis, 36 ans, est chargée de recherche au Laboratoire d'anthropologie des institutions et des organisations sociales, à Paris. Elle mène depuis plusieurs années un travail de grande qualité sur des populations gitanes du bassin méditerranéen. Véritable anthropologie du flamenco, son ouvrage Dire le chant. Les Gitans flamencos d'Andalousie constitue par ailleurs la première étude monographique des Gitans andalous. Après avoir conduit des enquêtes en Estrémadure sur les rapports entre musique et religion, elle compte entreprendre un travail sur les gitans du Mexique. L'ouvrage de Maria-Caterina Pasqualino-Regis, ses articles, les numéros spéciaux de revues qu'elle a dirigés et également ses films dressent le tableau subtil de la culture gitane, entre tradition et modernité.
  • Marie-Christine Chivallon, 39 ans, est chargée de recherche au Laboratoire Migrinter-Tide (CNRS - Université de Poitiers - Université Bordeaux 3), à Poitiers. Son activité scientifique prend place dans le champ de la géographie culturelle, notamment dans les relations espace-identité dans l'univers antillais. La réflexion se fonde sur un important travail d'enquête et de terrain, sur deux sujets très différents, la société martiniquaise et la diaspora jamaïcaine au Royaume-Uni. De plus, ses contacts répétés avec les géographes britanniques ont amené Christine Chivallon à des interrogations sur les liens entre production scientifique et dynamiques du champ académique. Les travaux qui en résultent associent recherche et réflexion épistémologique dans un contexte à la fois international et pluridisciplinaire.
  • Sophie Duchesne, 36 ans, est chargée de recherche au Centre d'étude de la vie politique française (CNRS - Fondation nationale des sciences politiques). Auteur d'une thèse en sociologie politique portant sur les représentations de la citoyenneté, Sophie Duchesne a progressivement élargi ses travaux aux questions de l'identité sociale et politique, d'une part, et à celles de l'engagement altruiste, d'autre part. Elle a ainsi mené une enquête récente sur le bénévolat et l'engagement associatif à partir de laquelle elle s'interroge sur la gratuité et l'individualisme des acteurs. Par ailleurs, par ses travaux portant sur les identités nationales et européennes, elle poursuit les collaborations internationales engagées dans le programme Beliefs in Governement. Elle est particulièrement attentive aux problèmes posés par les méthodes qualitatives et l'analyse du discours, notamment celui que l'on recueille en entretien.

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