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Médailles de l'innovation du CNRS

La médaille de l'innovation du CNRS, a été créée en 2011 pour honorer une recherche exceptionnelle sur le plan technologique, thérapeutique, économique ou sociétal. Chaque année, un jury décernera entre une et cinq médailles à des chercheurs et ingénieurs du CNRS, d'autres organismes de recherche, des universités et des grandes écoles, ou encore à des industriels très engagés dans des actions de recherche.

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Palmarès 2011 de la médaille de l'innovation du CNRS

Pour cette première édition, le jury, composé de représentants du directoire et des directeurs d'institut du CNRS, des présidents des alliances de recherche, d'un représentant du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, de cinq personnalités du monde de l'entreprise et du prix Nobel de physique, Albert Fert, a choisi de récompenser trois lauréats.

Au cours d'une cérémonie au siège du CNRS, Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, a remis le 27 avril 2011 la médaille de l'innovation du CNRS aux trois lauréats 2011 :

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Esther Duflo, le goût de l'expérimentation

Esther Duflo

Esther Duflo - © CNRS Photothèque/
Cyril Frésillon

Esther Duflo, jeune professeure de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT), à Boston, codirige l’antenne européenne du Laboratoire d’action contre la pauvreté (J-PAL), un réseau international de chercheurs.

Le cheval de bataille de cette économiste de 37 ans à la renommée mondiale ? Le développement. Question qu’elle aborde en couplant réflexions fondamentales et travail sur le terrain, avec un objectif : apporter des réponses pratiques. Et cela dans des domaines aussi variés que la santé, l’éducation, l’agriculture ou l’accès au crédit.

Concrètement, cette ancienne élève de l’École normale supérieure s’est fait un nom en contribuant à importer dans le champ de l’économie la notion d’expérimentation en situation réelle, plus précisément la méthode dite d’évaluation d’impact par assignation aléatoire. Les concepts méthodologiques du J-PAL sont désormais mis en œuvre sur tous les continents, via notamment ses antennes en Inde, en Afrique du Sud et au Chili. Preuve de leur pertinence, les nombreux prix décernés à Esther Duflo, telle la médaille John Bates Clark, pour son rôle essentiel dans l’économie du développement. Ou son classement à la 38e place dans la liste des 100 penseurs globaux de 2010 du magazine américain Foreign Policy. Et aujourd’hui, donc, la médaille de l’innovation du CNRS : « Je suis ravie que l’innovation sociale soit reconnue sur le même plan que les innovations technologiques », conclut l’économiste.

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visionneuse   Esther Duflo présente ses innovations
   Esther Duflo répond à la question : Qu'est-ce que l'innovation pour vous ?

François Pierrot, la passion des robots

François Pierrot

François Pierrot - © CNRS Photothèque/
Cyril Frésillon

Au Laboratoire d’informatique, de robotique et de microélectronique de Montpellier, François Pierrot ne boude pas son plaisir : « C’est probablement un peu enfantin, mais je suis vraiment fier de cette médaille. À 5 ans, je jouais aux Lego, à 50, je construis des robots ». Une façon d’indiquer que la robotique est avant tout une passion jamais mieux assouvie que lorsque le fruit de ses cogitations sort du laboratoire et débouche sur quelque chose de neuf.

Sa réussite la plus emblématique est un robot, le plus rapide du monde, utilisé sur des chaînes de montage de panneaux solaires ou agroalimentaires, dont le brevet a été racheté par l’entreprise américaine leader dans le domaine. Ses recherches profitent à l’industrie, mais aussi à la médecine, comme en témoigne ce robot capable de réaliser des échographies en trois dimensions, conçu en 1997 par François Pierrot et son équipe, ou encore cet autre, conçu en 2002, suffisamment adroit pour réaliser des prélèvements de peaux destinés à des greffes.

Actuellement, François Pierrot se consacre à différents projets, en collaboration avec une entreprise espagnole, la fondation Tecnalia, dont il a fait venir une antenne à Montpellier il y a quatre ans. Dans l’apparent fouillis de son laboratoire, ses étudiants manipulent toutes sortes de machines dont le scientifique préfère ne pas trop parler. Confidentialité oblige. Une certitude : le rêve est intact.

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visionneuse   François Pierrot présente ses innovations
   François Pierrot répond à la question : Qu'est-ce que l'innovation pour vous ?

Mathias Fink, le plaisir de la découverte

Mathias Fink

Mathias Fink - © CNRS Photothèque/
Cyril Frésillon

Mathias Fink, directeur de l’Institut Langevin, se montre intarissable dès lors qu’il s’agit d’expliquer le principe des nombreuses inventions qui ont fait son succès. « J’aime transformer des idées de physique très fondamentales en produits innovants », précise-t-il, cliquant pour faire apparaître graphiques et vidéos sur l’écran de son ordinateur portable.

La plus importante de sa carrière est incontestablement celle du miroir à retournement temporel, un dispositif capable d’enregistrer des ondes acoustiques ou sonores avant de les réémettre à l’envers. « À la fin des années 1980, lorsque j’ai développé le concept, j’ai immédiatement entrevu les applications potentielles », se rappelle ce touche-à-tout. Mais c’est dans les années 1990, alors qu'il prend ses quartiers à l’École supérieure de physique et de chimie industrielles (ESPCI), que le physicien trouve l’environnement idéal pour concilier son double goût pour la recherche fondamentale et appliquée. Rien d’étonnant à ce que ses miroirs d’un genre particulier essaiment alors en applications tous azimuts : envoi de messages sous-marins exclusivement audibles pour un récepteur placé en un point précis, développement d’écrans tactiles fondés sur la signature sonore de chaque point d’une tablette, appareil de diagnostic des pathologies du foie fondé sur une autre de ses trouvailles, l’imagerie multi- ondes...

Afin de valoriser son travail, le chercheur, qui se qualifie d’inventeur du public, a créé quatre entreprises, mais il est surtout, insiste-t-il, « un scientifique porté avant tout par le plaisir de découvrir de nouvelles idées ».

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   Mathias Fink répond à la question : Qu'est-ce que l'innovation pour vous ?