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Médailles de l'innovation du CNRS

La médaille de l'innovation du CNRS, créée en 2011, honore des recherches scientifiques exceptionnelles ayant conduit à une innovation marquante sur le plan technologique, thérapeutique ou sociétal et valorisant ainsi la recherche scientifique française. Chaque année, un jury décerne entre une et cinq médailles à des chercheurs et ingénieurs du CNRS, d'autres organismes de recherche, des universités et des grandes écoles, ou encore à des industriels très engagés dans des actions de recherche.

2015 | 2014 | 2013 | 2012 | 2011

Palmarès 2015 de la Médaille de l'innovation du CNRS

Portraits de Jérôme Chevalier, Patrick Maestro, Jean-Michel Morel, Sylviane Muller : lauréats de la médaille de l'innovation 2015

Crédits : DR ; Studio Norbert ; P. Caron / Inria ; C. Schröder / Unistra

Jérôme Chevalier

Portrait de Jérôme Chevalier

Directeur du laboratoire Matériaux : ingénierie et science (1) depuis janvier 2014, il est un spécialiste reconnu internationalement de la conception de céramiques innovantes et notamment de biocéramiques. Ce chercheur de 44 ans a proposé des améliorations majeures pour augmenter la durabilité des prothèses orthopédiques et dentaires en céramique. Il est également à l’origine de nouveaux composites utilisés en chirurgie pour remplacer les tissus osseux et de matériaux supports de la régénération tissulaire. Ses travaux s’étendent aussi au-delà du domaine biomédical : il a ainsi contribué à la mise au point de nouvelles céramiques à coefficient de dilatation nul pour la fabrication de miroirs spatiaux ou encore de supports de catalyse destinés à l’industrie pétrolière.

(1) Unité CNRS / Insa de Lyon / UCBL

« Médaille de l'innovation CNRS 2015 : Jérôme Chevalier », un film de Claude Delahaye, produit par CNRS Images
Notice du film

Lauréats

Patrick Maestro

Portrait de Patrick Maestro

Membre fraîchement élu de l’Académie des technologies, ce chimiste de 62 ans est une pointure dans le domaine des matériaux. Son péché mignon ? Les composés à base d’oxydes de terre rares que l’on retrouve aujourd’hui, en partie grâce à lui, dans les lampes à basse consommation (les LED), dans les catalyseurs de postcombustion des voitures ou comme pigments dans les plastiques. Mais Patrick Maestro, 60 publications et 15 brevets à son actif, a également innové dans l’art de faire travailler de concert recherche publique et monde industriel. Nommé directeur scientifique de Rhodia en 2007, puis de Solvay en 2011, il a grandement contribué à leur rapprochement avec le CNRS à travers, notamment, la mise en place d’unités mixtes en France telles que le Laboratoire polymères et matériaux avancés (1) ou le Laboratoire du futur (2), et même à l’étranger avec l’unité mixte internationale E2P2L (3), créée à Shanghai en 2010.

(1) Unité CNRS / Solvay
(2) Unité CNRS / Solvay / Univ. de Bordeaux
(3) Unité CNRS / Solvay / ENS Lyon / Univ. de Lille-I / UCCS / Ecnu / Fudan

« Médaille de l'innovation CNRS 2015 : Patrick Maestro », un film d'Alexandra Ena et Marcel Dalaise, produit par CNRS Images
Notice du film

Lauréats

Jean-Michel Morel

Portrait de Jean-Michel Morel

Spécialiste de l’analyse et du traitement d’images, ce mathématicien de 61 ans, fervent théoricien, ne se doutait pas à ses débuts que ses travaux allaient changer la vie des industriels et du grand public. Depuis, ses puissants algorithmes de débruitage d’images (pour en supprimer les perturbations ou « bruit ») améliorent la miniaturisation des caméras des téléphones portables, notamment ceux conçus par la société DxO Labs. Et, en partenariat avec le Cnes, son équipe du Centre de mathématiques et de leurs applications (1) a aidé à la conception de satellites d’observation de la Terre et à la cartographie de cette dernière en relief à haute précision. Son credo : théoriser et résoudre tous les problèmes que les industriels lui soumettent. Depuis quelques années, il a aussi enfourché un nouveau cheval de bataille : le partage et l’expérimentation en ligne des algorithmes, via le journal Ipol, ouvert aux chercheurs et aux industriels, premier outil du genre qu’il a créé sur Internet.

(1) Unité CNRS / ENS Cachan / Univ. Paris-Saclay

« Médaille de l'innovation CNRS 2015 : Jean-Michel Morel », un film de Christophe Gombert, produit par CNRS Images
Notice du film

Lauréats

Sylviane Muller

Portrait de Sylviane Muller

Entrée au CNRS en 1981, elle dirige depuis 2001 l’unité Immunopathologie et chimie thérapeutique du CNRS, à Strasbourg. C’est dans ce laboratoire que cette biologiste née en 1952 a découvert avec son équipe l’effet thérapeutique du peptide P140 sur le lupus. Le lupus est une maladie auto-immune qui affecte plus de 5 millions de patients dans le monde et contre laquelle il n’existe aucun traitement spécifique. Un candidat médicament a été développé à partir de P140 : le Lupuzor. Les essais cliniques réglementaires menés auprès de 150 patients ont montré que l’administration du produit est bien tolérée et que le Lupuzor fait régresser les symptômes de manière statistiquement très supérieure au placebo. Une demande d’autorisation de mise sur le marché doit prochainement être constituée. Lauréate de la médaille d’argent du CNRS en 2009, Sylviane Muller est également à l’origine de 26 brevets. Elle est par ailleurs cofondatrice de deux entreprises, dont ImmuPharma, détentrice exclusive de la licence du Lupuzor et cotée à la bourse de Londres.

« Médaille de l'innovation CNRS 2015 : Sylviane Muller », un film de Marie Mora Chevais, produit par CNRS Images
Notice du film