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Les lauréats de l’appel à projets CNRS-Momentum

Nouveau programme lancé en 2016 par le CNRS, Momentum s’adresse à de jeunes scientifiques ayant soutenu leur doctorat depuis moins de huit ans. Il leur permet de mener une recherche innovante au sein d'un laboratoire du CNRS. Avec un total de 430 dossiers éligibles, l’appel a connu un grand succès.
Pour cette première vague, les 19 projets retenus couvrent 9 des 13 thématiques affichées par le programme.

 

Voir l'appel à projets

Thématique : « Comportement humain, sur le plan collectif et social »

« La discrimination dégradante dans les espaces publics (MIDI) » par Martin ARANGUREN, chercheur CNRS dans le laboratoire Migrations et Société1 à Paris. S’appuyant sur des expériences de terrain, MIDI vise à explorer les formes de harcèlement implicite auxquelles sont exposées les minorités au quotidien. Le projet tentera d’identifier des formes récurrentes de discrimination non verbale dans les échanges quotidiens. Puis, sur la base de ces premiers résultats, il examinera si ces comportements discriminatoires signalent un déni de reconnaissance.


« L’alimentation au cœur de la vie quotidienne des chasseurs-cueilleurs : nouveaux outils, nouvelles données, nouvelle vision des sociétés préhistoriques » par Marie-Cécile SOULIER, chercheuse dans le laboratoire Travaux de recherches archéologiques sur les cultures, les espaces et les sociétés2 à Toulouse. Ce projet s’intéresse aux pratiques alimentaires passées qui ont pu jouer un rôle déterminant dans l’évolution des sociétés. Il s’appuie sur une analyse poussée des traces de boucherie présentes sur les ossements d’animaux chassés et sur une comparaison entre un référentiel ethnoarchéologique et des collections archéologiques.

Thématique : « Traitement de l'information par le cerveau : déchiffrage du code neuronal »

« Mise en lumière du circuit auditif : de la cochlée au cortex auditif » par Jérémie BARRAL, chercheur au Center for Neural Science à l’université de New-York qui rejoindra l’Institut de l’Audition en 2018 à Paris. Ce projet combine la caractérisation in vivo du traitement auditif, la description in vitro du réseau sous-jacent et des simulations in silico pour comprendre le circuit neuronal qui permet le traitement de l’information sonore. Les résultats permettront de répondre à des questions cruciales à propos de la nature du code neural dans le système auditif et permettront d’ouvrir une nouvelle ligne de recherche dans le champ des neurosciences sensorielles.

Thématique : « Sécurité des données et transparence des algorithmes »

« Gérer vos données sans fuite d'information » par Pierre BOURHIS, chercheur CNRS au Centre de recherche en informatique, signal et automatique de Lille3. Les données manipulées par les applications modernes sont stockées dans de grandes bases de données. Pour protéger ces données, des politiques de sécurité limitent l’accès d’un utilisateur à ce qu’il est autorisé de voir. Cependant, en utilisant la sémantique des données, il est possible qu’un utilisateur puisse arriver à déduire des informations qui lui sont interdites. Le but de ce projet est d’établir des méthodes et des outils pour comprendre et pour détecter de telles fuites de données.

Thématique : « Surfaces et interfaces »

« Vers des espèces organométalliques de surface hétérobimétalliques pour une catalyse coopérative » par Clément CAMP, chercheur au Laboratoire de Chimie, Catalyse, Polymères et Procédés à Lyon. Les recherches seront centrées autour de la chimie organométallique de surface et des effets coopératifs en catalyse.

 

 

 

« Imagerie de membranes cellulaires avec un microscope à force atomique à transfert d’énergie » par Luca COSTA, chercheur CNRS au Centre de Biochimie Structurale4 de Montpellier. Ce projet vise à la construction d’un instrument pour observer in-vivo les phénomènes du remodelage des membranes cellulaires à une résolution nanométrique en milieu physiologique.


« Quel est le rôle des interfaces dans la dynamique d’aimantation femtoseconde ? » par Emmanuelle JAL, chercheuse CNRS au Laboratoire de Chimie physique - matière et rayonnement5 à Paris. Une nouvelle façon de manipuler l’aimantation des films minces qui composent les dispositifs industriels, est d’utiliser une impulsion laser ultracourte. Pour mieux comprendre quels sont les mécanismes responsables de la dynamique d’aimantation femtoseconde induite par ces impulsions, le projet étudiera le rôle des interfaces à travers l’utilisation de la technique de réflectivité magnétique des rayons X.


« Imagerie électrochimique et fonctionnalisation guidée de surfaces de morphologie irrégulière à l’échelle microscopique et à résolution ajustable » par Liang LIU, chercheur CNRS au Laboratoire de Chimie physique et microbiologie pour l'environnement6 à Villers-lès-Nancy. Ce projet propose le développement d’un nouveau type d’analyseur à balayage de sonde susceptible d’imager et de créer des motifs précis sur des surfaces de morphologie irrégulière, par le biais d’une fonction « zoom » unique. L’approche sera basée sur un contact "mou" entre la sonde et la surface et pourrait ouvrir la voie à des applications dans différents domaines tels que la caractérisation d’échantillons issus de la restauration du patrimoine culturel ou l’analyse (voir le traitement) des maladies de peaux.


« Auto-organisation de structures fluides et solides à l'interface fluide à l'échelle macroscopique » par Giuseppe PUCCI, chercheur à l’Institut de physique de Rennes7. Être capable de manipuler de façon contrôlée des fluides et des solides aux interfaces fluides est d’une grande importance pour les sciences et l'industrie. Dans ce projet, des instabilités interfaciales seront utilisées pour contrôler l'organisation et le mouvement collectif d'objets solides, gouttes et filaments liquides.

Thématique : « Stabilité et plasticité des Systèmes Complexes »

« Impact des changements environnementaux sur les interactions au sein des holobionts d’algue brune » par Simon DITTAMI, chercheur CNRS à la Station biologique de Roscoff dans le laboratoire de Laboratoire de Biologie intégrative des modèles marins8. Les algues brunes, une composante importante des écosystèmes côtiers, vivent en symbiose avec des communautés microbiennes, qui participent à leur développement. Des changements environnementaux peuvent perturber cet équilibre et contribuer au collapsus du système. Le projet permettra d’établir un modèle d’étude de l’interaction entre ces partenaires, maintenus dans un état stable ou soumis à des perturbations.

Thématique : « Modélisation du vivant »

« Auto-organisation de la polarité et croissance cellulaire » par Serge DMITRIEFF, chercheur CNRS à l’Institut Jacques Monod9 à Paris. De plus en plus, la compréhension des processus biologiques repose sur des méthodes dépassant les limites traditionnelles des domaines scientifiques. Après l’étude de la mécanique et thermodynamique cellulaire, l’approche pourra s’étendre vers une compréhension globale de l’auto-organisation de la croissance cellulaire grâce à des outils novateurs venant de la physique et de l’informatique.


« Une approche morphométrique sous contrainte pour étudier l'évolution d'organismes vivants » par Barbara GRIS, chercheuse au Department of Mathematics - KTH Royal Institute of Technology10 qui rejoindra en 2018 le Laboratoire Jacques-Louis Lions à Paris. Ce projet, réalsité au Laboratoire Jacques-Louis Lion, vise à développer une approche intermédiaire entre les modélisations bio-physiques et morphométriques. L'idée est de rester à l'échelle macroscopique de la morphométrie, tout en incorporant des a priori physiques grâce à la notion de modules de déformation. Ce cadre sera appliqué à l’étude de la gyrification corticale, de la perte neuronale dans les maladies neuro-dégénératives ainsi qu’à la modélisation des mouvements respiratoires responsables d’artefacts en tomographie SPECT.


« Des décisions instantanées aux conséquences écologiques : une approche intégrative pour l’étude du fourragement chez Caernorhabditis elegans » par Alfonso PEREZ ESCUDERO, chercheur CNRS au Centre de recherches sur la cognition animale11 à Toulouse. Ce projet développe une approche intégrée visant à étudier le comportement animal dans des environnements complexes. Dans une perspective évolutive, l’étude propose de combiner approches expérimentale et théorique pour identifier, à différentes échelles d'analyse, les règles comportementales gouvernant les stratégies de recherche de nourriture chez le nématode Caenorhabditis elegans.


« Modélisation de l’effet des changements climatiques sur la mobilisation des éléments transposables (ET) chez Arabidopsis thaliana » par Leandro QUADRANA, chercheur CNRS à l’Institut de biologie de l'École normale supérieure à Paris12. Les génomes sont généralement considérés comme insensibles à l'environnement. Cependant, la mobilisation des éléments transposables (ET) et donc la mutagénèse qui y est associée sont souvent influencées par les facteurs environnementaux. Le projet propose une approche interdisciplinaire pour modéliser le rôle des ET dans la création de diversité génétique et phénotypique en réponse au changement climatique.


« Motilité cellulaire en environnements déformables » par Pierre RECHO, chercheur CNRS au Laboratoire interdisciplinaire de Physique13 à Grenoble. Ce projet permet l’étude du comportement de modèles chémo-mécaniques en biophysique cellulaire. L’objectif est de comprendre comment une cellule utilise son énergie interne pour contrôler sa forme, son volume et sa motilité via l’auto-organisation de son cytosquelette.

Thématique : « Matériaux multifonctionnels : de l'échelle nanométrique à la description multi-échelle »

« Des solutions de graphènium aux matériaux multifonctionnels » par Ferdinand HOF, chercheur au Centre de recherche Paul Pascal14 à Pessac. À l'aube d'une révolution technologique et d'une économie basée sur des approvisionnements en énergie renouvelables, durables et circulaires, l'impact des nouveaux matériaux est crucial. Les solutions de graphènium, contenant des couches de graphène positivement chargées, constituent une plate-forme chimique, permettant la synthèse de nouveaux types de catalyseurs, électrocatalyseurs et matériaux actifs dans le domaine de la conversion d'énergie.

 


« Composites ciment-nanocarbone : des super-condensateurs structuraux pour bâtiments énergiquement autonomes (CEMCAP) » par Katerina IOANNIDOU, chercheuse à l’Unité Mixte Internationale Multi-Scale Materials Science for Energy and Environment15 à Cambridge aux USA. Le projet vise à transformer le ciment en un matériau multifonctionnel permettant à la fois le stockage de l’énergie électrique et l'isolation thermique. Le but ultime est de construire des bâtiments énergétiquement autonomes en transformant les éléments structuraux d’un bâtiment en super-condensateurs.

Thématique : « Nouvelles frontières de l'apprentissage automatique dans le domaine de l'intelligence artificielle »

« Apprentissage actif pour l'étude à grande échelle en astronomie » par Eugenia ISHIDA, chercheuse au Laboratoire de Physique de Clermont Ferrand16. Ce projet interroge la frontière entre astronomie et informatique, en utilisant les méthodes d'apprentissage automatique, pour développer de nouvelles techniques spécifiquement adaptées aux données astronomiques.

Thématique : « Calculs et simulations quantiques »

« Taux de décroissance des systèmes quantiques désordonnés » par Martin VOGEL, chercheur au Département de Mathématiques d’Orsay17, le projet sera réalisé à l'Institut de Recherche Mathématique Avancée de Strasbourg. Ce projet propose d’étudier les taux de décroissance des systèmes quantiques désordonnés pour comprendre le comportement des particules au cour du temps.

 


 

1 CNRS / Université Paris Diderot / Université Nice Sophia Antipolis / IRD

2 EHESS / CNRS / Université Toulouse Jean Jaurès / Ministère de la culture et de la communication / Inrap

3 Université sciences et technique Lille / CNRS / École centrale de Lille / Université Charles de Gaulle / Inria / Institut mines-télécom

4 CNRS / Université Montpellier / Inserm / Inra

5 Université Pierre et Marie Curie / CNRS

6 CNRS / Université Lorraine / EPHE

7 Université de Rennes 1 / CNRS

8 CNRS / Université Pierre et Marie Curie

9 Université Paris Diderot / CNRS

10 Mathematics departments at KTH / Stockholm University

11 CNRS / Université Toulouse Paul Sabatier

12 CNRS / ENS Paris / Inserm

13 CNRS / Université Grenoble Alpes

14 Université de Bordeaux / CNRS

15 CNRS / Massachusetts institute of technology / Université Aix-Marseille

16 Université Clermont Auvergne / CNRS

17 Université Paris Sud / CNRS / Fondation Mathématique Jacques Hadamard