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En direct des laboratoires de l'institut de Chimie

 

Une nouvelle méthode de détection de la légionellose

 

Avec plus de 5600 cas par an en Europe et une prévalence mortelle de l’ordre de 10%, l’amélioration de la détection de Legionella pneumophila, la bactérie responsable de la légionellose, est un enjeu de santé publique. Un dispositif simple, rapide et performant de détection de cette bactérie vient d’être mis au point par des chercheurs du Laboratoire de chimie bactérienne (CNRS/Aix-Marseille Université), de l’Institut de chimie des substances naturelles du CNRS et de l’Institut de chimie moléculaire et des matériaux d'Orsay (CNRS/Université Paris-Sud). A l’origine de deux brevets, ces travaux paraissent dans la revue Angewandte chemie le 20 janvier 2014. Jusqu’à présent, il n’existait pas de méthode rapide permettant de détecter et de dénombrer simultanément des L. pneumophila vivantes.

 

Legionella pneumophila est une bactérie pathogène à l’origine de la légionellose, une des 30 « maladies à déclaration obligatoire », nécessitant donc dès son diagnostic une signalisation auprès des autorités sanitaires compétentes. Ainsi, des textes réglementaires et des normes de détection encadrent la prévention et la surveillance de la légionnelle tout particulièrement dans les eaux chaudes (tours aéroréfrigérantes et établissements accueillant du public). La méthode de détection réglementaire prend du temps : elle nécessite le passage par culture en milieu gélosé (10 jours) suivi par une confirmation immunologique. L’obtention de méthodes alternatives plus rapides est un enjeu de santé publique tout particulièrement en cas d’épidémie.


La méthode qui vient d’être mise au point permet de détecter et dénombrer spécifiquement et rapidement la bactérie pathogène L. pneumophila vivante. Pour ce faire, les bactéries sont mises en contact avec une sonde, mime d'un sucre que seules les L. pneumophila utilisent pour synthétiser un polysaccharide spécifique de leur membrane cellulaire. Mais ce sucre a été au préalable modifié par l’introduction d’une fonction chimique de type « azoture » (constituée de trois atomes d’azote). Leurrées, les L. pneumophila vivantes intègrent le sucre artificiel à leur membrane. Ensuite, grâce par exemple à une molécule fluorescente s’attachant exclusivement au groupe azoture, il devient alors possible de reconnaître et compter les L. pneumophila vivantes, les seules à avoir assimilé la sonde. Jusqu’à présent, il n’existait aucune méthode rapide permettant simultanément de détecter et dénombrer des L. pneumophila vivantes.


Ce projet est accompagné en maturation (juridique, économique et technologique) par la SATT Sud Est (Société d'Accélération du Transfert de Technologies Sud Est), et est soutenu par la Fondation pour la recherche médicale et la région PACA. Il a donné lieu à deux brevets et bénéficie de l’accompagnement et du financement de l’incubateur interuniversitaire Impulse.

 

Référence

Jordi Mas Pons, Audrey Dumont, Grégory Sautejeau, Emilie Fugier, Aurélie Baron, Sam Dukan, Boris Vauzeilles

Identification of Living Legionella pneumophila Using Species-Specific Metabolic Lipopolysaccharide Labeling.
Angew. Chem. Int. Ed. 20 janvier 2014. DOI: 10.1002/anie.201311062

 


Contact chercheur

Sam Dukan, chercheur CNRS au Laboratoire de chimie bactérienne (CNRS/AMU) qui fait partie de l’Institut de microbiologie de la Méditerranée
sdukan@imm.cnrs.fr

 

Boris Vauzeilles, chercheur CNRS à l’Institut de chimie des substances naturelles (CNRS) et à l’Institut de chimie moléculaire et des matériaux d'Orsay (CNRS/Université Paris-Sud)
boris.vauzeilles@cnrs.fr

 

Contacts institut

Christophe Cartier dit Moulin, Jonathan Rangapanaiken

 

20 janvier 2014

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