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Dr Barbara Ervens, lauréate de « Make Our Planet Great Again »

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©B. Ervens

Après la sortie des États-Unis de l’Accord de Paris, Emmanuel Macron lance en juin 2017 un appel international « Make Our Planet Great Again » aux chercheurs investis dans la lutte contre le changement climatique. Heureuse lauréate désignée parmi 1822 candidatures, Barbara Ervens rejoindra pendant quatre ans l’Institut de Chimie de Clermont-Ferrand (CNRS/Université Clermont-Auvergne/SIGMA Clermont). Elle y développera des modèles numériques qui permettent de mieux comprendre le rôle des nuages et des aérosols dans la machine climatique.

 

Vous faites partie des dix-huit premiers lauréats de l’appel lancé par la France. Quelle expertise avez-vous développée pour retenir l’attention du CNRS et de l’Agence Nationale de la Recherche qui ont étudié les candidatures ?


Barbara Ervens : J’étudie l’atmosphère, sous mon angle de chimiste. Mon expertise se situe dans le développement de modèles numériques qui décrivent les processus chimiques dans les gouttelettes de nuages. Ces processus modifient la composition des nuages et de l’eau de pluie, mais aussi des aérosols, ces minuscules particules en suspension dans l’atmosphère. Mieux comprendre ces interactions aérosols/nuages permettra d’améliorer notre compréhension actuelle du changement climatique, avec d’un côté les nuages qui refroidissent notre planète, et de l’autre côté les particules d’aérosol qui peuvent conduire au réchauffement ou au refroidissement de l’atmosphère, en fonction de leur taille, de leur composition chimique ou encore de leur localisation géographique.

 

Pourquoi avoir répondu à l’appel de la France ?


B.E. : L’Institut de Chimie de Clermont-Ferrand et moi partageons depuis longtemps des intérêts de recherche communs en matière de « processus nuage ». L’appel « Make Our Planet Great Again » représentait l’opportunité d’aborder sous un autre angle ces processus et d’élargir mon réseau de collaborations internationales. Ce sera pour moi un retour en Europe. J’ai quitté mon Allemagne natale il y a 16 ans, quand j’ai intégré l’administration nationale américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA) où je travaille actuellement.

 

Cette nouvelle collaboration va-t-elle donner de nouvelles orientations à vos travaux ?


B.E. : Mes travaux concerneront toujours les interactions aérosols/nuages mais, après les réactions chimiques, nous nous concentrerons sur les processus biologiques. Nous étudierons le rôle des micro-organismes qui, par leur métabolisme, modifient la composition chimique des particules d’aérosols, des nuages et de l’eau de pluie. Les micro-organismes affectent directement la nébulosité, c’est-à-dire la quantité de nuages : il a même été démontré que les bactéries peuvent initier la formation de nuages. Mais inversement, les nuages affectent également la composition biologique des particules d’aérosol.

 

Quel sera votre rôle au sein de ce projet ?


B.E. : L’Institut de Chimie de Clermont-Ferrand se positionne en expert mondial de l’analyse des eaux de nuages en termes de constituants biologiques et chimiques. Mon rôle sera de généraliser leurs résultats de manière systématique, de les traduire en expressions numériques afin de les inclure dans des modèles informatiques pour décrire le rôle des micro-organismes dans notre atmosphère actuelle et future.

 

Quelles sont vos attentes, vos espoirs pour ces quatre prochaines années ?


B.E. : Sur le plan scientifique, je pense que la combinaison de nos expertises uniques conduira à une avancée nécessaire des modèles atmosphériques à différentes échelles, du nuage au globe. Sur un plan plus individuel, j’espère vivre de nouvelles aventures passionnantes dans ma carrière de chercheuse, avec la découverte de nouvelles méthodes de recherche, de nouvelles collaborations et interactions avec des scientifiques de mon domaine et en faisant l’expérience d’une culture de recherche et de vie différente.

 

 

Contacts institut

Sophie Félix, Stéphanie Younès

 

11 juin 2018

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