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En direct des laboratoires de l'institut de Chimie

 

Le Bassin parisien à l’heure des tropiques

Et si le Bassin parisien avait été situé dans une zone tropicale il y a 55 millions d’années ? C’est ce que suggèrent les travaux d’une équipe du Laboratoire de Chimie et Biochimie des Substances Naturelles (CNRS / Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris) qui ont identifié, emprisonnée dans de l’ambre, une molécule qui pourrait provenir de l’acide isoozique. Il s’avère que seuls des arbres poussant uniquement en Amazonie en renferment une très grande quantité.  Ces résultats sont parus dans le Journal of Organic Chemistry.

 

Un gisement d’ambre a été découvert en 1996 dans une carrière de l’Oise (Bassin parisien). Il a été daté de 55 millions d’années par des chercheurs du Muséum National d’Histoire Naturelle. L’ambre, résine fossile sécrétée par des conifères, contenait de nombreux insectes, des fleurs et des feuilles.

 

ambre

Les ambres de l’Oise

 

Les chercheurs du Laboratoire de Chimie et Biochimie des Substances Naturelles, en collaboration avec une équipe du Laboratoire de Chimie Inorganique et Matériaux Moléculaires (CNRS/UPMC, Paris), ont analysé les constituants chimiques de l’ambre de l’Oise pour tenter de remonter à son origine botanique. Une première analyse, utilisant la Résonance Magnétique Nucléaire (RMN) du carbone 13, a montré que l’ambre de l’Oise est différent de celui de la Baltique daté d’environ 30 millions d’années. A partir d’un fragment de cet ambre de l’Oise, les chercheurs ont isolé une substance originale dont la structure a pu être déterminée par différentes techniques d’analyse.

Ils ont ensuite formulé une hypothèse sur son origine biogénétique qui les a amenés à conclure que cette molécule pouvait provenir d’une évolution chimique de l’acide isoozique dont la structure est extrêmement proche.

Les arbres de genre Hymenaea sont connus pour secréter une résine contenant une grande quantité de cet acide isoozique. Actuellement, ces arbres poussent uniquement en Amazonie.

 

Hymenaea

Hymenaea oblongifolia

 

Or le spectre RMN de la résine d’Hymenaea oblongifolia présente de fortes similitudes avec celui de l’ambre de l’Oise, ce qui conduit les chercheurs à proposer qu’un arbre correspondant à l’actuel H. oblongifolia aurait pu être à l’origine de la résine devenue l’ambre de l’Oise.
La présence de quesnoïne, composé original isolé pour la première fois à partir d’ambre de l’Oise, laisse à penser que le Bassin parisien aurait été situé dans une zone tropicale, il y a 55 millions d’années (Eocène). Ces résultats sont en accord avec les données relatives aux mouvements tectoniques de la Terre qui situent, à cette période, l’Europe à une latitude tropicale.

 

Référence

Quesnoin, a Novel Pentacyclic ent-Diterpene from 55 Million Years Old Oise Amber

J. Jossang, H. Bel-Kassaoui, A. Jossang, M. Seuleiman, A. Nel

Journal of Organic Chemistry 18/1/2008, 73, 412-417.

 

 

Contact chercheur

Akino JOSSANG

Laboratoire de Chimie et Biochimie des Substances Naturelles

Tél : 01 40 79 31 28

Courriel : jossang@mnhn.fr

 

 

Contacts institut

Christophe Cartier dit Moulin, Martine Hasler

 

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