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En direct des laboratoires de l'institut de Chimie
Deux bronzes antiques arlésiens exceptionnels sous l’œil expert du Centre de recherche et de restauration des Musées de FranceDans le cadre de la préparation de l’exposition « César, le Rhône pour mémoire - 20 ans de fouilles dans le fleuve à Arles », qui se tient du 24 octobre 2009 au 19 septembre 2010 au Musée Départemental d’Arles Antique (MDAA), le Centre de recherche et de restauration des Musées de France (C2RMF- CNRS/ministère de la Culture et de la communication) a été appelé en expertise pour l'étude et la restauration de deux statues antiques en bronze récemment découvertes dans le Rhône à Arles.
Ces deux sculptures de bronze, exceptionnelles, font partie des multiples objets découverts récemment dans le fleuve par les archéologues du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM). La première représente un Captif, genou gauche à terre et mains entravées dans le dos. La seconde est un bas-relief figurant une Victoire, vêtue d’un chiton ceinturé à la taille, et dont la surface était intégralement dorée. Le musée d’Arles a sollicité le C2RMF dans le cadre du vaste programme de recherche qu’il mène actuellement sur les techniques de fabrication de la grande statuaire antique en bronze. A ce jour, une trentaine d’œuvres issues des collections des Musées de France ont fait l’objet d’études très approfondies, visant en particulier à comprendre les techniques de fonderie et les procédés d’assemblage par soudure mises en œuvre par les bronziers-sculpteurs antiques. En parallèle, le C2RMF a créé avec le Département des antiquités grecques, étrusques et romaines du Musée du Louvre, une base de données HEPHAISTOS pour collecter l’ensemble des informations techniques existantes sur les grands bronzes antiques. Près de 500 œuvres y sont aujourd’hui répertoriées. C’est à partir de comparaisons issues de cette base de données, d’examens endoscopiques et de gammagraphies réalisées par le CEA Cadarache, que le C2RMF a pu caractériser les deux statues antiques. Le Captif a été élaboré en six pièces coulées séparément par un procédé particulièrement complexe de fonte à la cire perdue. Ces pièces ont ensuite été assemblées entre elles par de discrètes soudures. La statue a enfin été complétée par des incrustations d’argent. Les conclusions de l’étude technique rejoignent celles de l’étude iconographique et font du Captif un jalon essentiel de l’histoire de la sculpture antique. La Victoire constitue quant à elle le témoin d’une catégorie de sculpture antique particulièrement rare, les bronzes d’applique. Dans ce contexte, il est ainsi particulièrement troublant de constater que la Victoire d’Arles partage de nombreux traits techniques avec un bas-relief monumental de dauphins découvert également dans le Rhône, mais au XIXè siècle à Vienne (Isère). Arles appartenait à la province de Narbonnaise dont Vienne était la capitale. Les relations entre les deux cités étaient faciles, par l’entremise du fleuve. La confrontation des deux études permettra peut-être d’élucider le rapport qui existait entre ces deux œuvres.
La statue de Captif, © Musée départemental Arles antique, Maby J.-L L.Roux
L’applique de la Victoire, © Musée départemental Arles antique, Maby J.-L L.Roux
Pour en savoir plus :http://www.c2rmf.fr
Contact chercheurBenoit Mille – benoit.mille@culture.gouv.fr
Contact presseSophie Lefevre - sophie.lefevre@culture.gouv.fr
Contacts institutChristophe Cartier dit Moulin, Martine Hasler
5 novembre 2009Les actualités d'autres laboratoires |
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