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En direct des laboratoires

 

5 novembre 2012

L'hibernation d'un rongeur des Rocheuses affectée par le changement climatique

 

Le spermophile du Columbia, un rongeur des montagnes Rocheuses, a vu sa sortie d’hibernation reculer de 10 jours ces vingt dernières années, d’après une étude menée par des chercheurs du CEFE de Montpellier. La cause de ce retard ? Une multiplication des tempêtes de neige de fin de printemps.

 

 

spermophile

La sortie d’hibernation du spermophile du Columbia est contrainte par les chutes de neige au printemps. ©Jeff Lane

 

A mi-chemin entre l’écureuil et la marmotte, le spermophile du Columbia a fait l’objet d’un suivi continu depuis 1992 dans le parc provincial d’Alberta, au sein des Rocheuses canadiennes. La zone observée, située entre une forêt et une falaise, fait 1,8 hectares et abrite une population d’une centaine d’individus. Les données recueillies sont sans équivoque : la sortie d’hibernation des rongeurs, qui s’opère traditionnellement au mois d’avril, a reculé de dix jours en vingt ans, soit environ une demi-journée par an. Un retard qui impacte fortement la vie de ces petits mammifères.

« Le spermophile passe huit à neuf mois en hibernation. A la sortie du terrier d’hibernation, il n’a donc que très peu de temps pour se reproduire », explique Anne Charmantier, chercheur CNRS partie prenante de ce projet mené au Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive (CEFE) de Montpellier par le postdoctorant Jeff Lane. Avec une gestation de 24 jours et un sevrage intervenant environ 28 jours après la naissance, chaque journée compte pour les petits qui doivent grossir suffisamment afin de survivre à leur première hibernation. L’étude menée dans les Rocheuses montre que le retard observé engendre une baisse de survie des femelles et de leur progéniture, avec des conséquences préoccupantes pour le développement de la colonie.

La raison de la sortie tardive d’hibernation est à chercher du côté des conditions climatiques. « Ces dernières années, les tempêtes de neige de fin de printemps se sont multipliées dans la région des Rocheuses, empêchant l’émergence des spermophiles, explique Anne Charmantier. C’est une conséquence directe du changement climatique, qui ne se caractérise pas seulement par une élévation des températures mais également par une multiplication des événements extrêmes tels que les tempêtes. »

 

Référence
« Delayed phenology and reduced fitness associated with climate change in a wild hibernator », publié par Jeffrey E. Lane, Loeske E. B. Kruuk, Anne Charmantier, Jan O. Murie & F. Stephen Dobson dans Nature du 27 Septembre 2012

 

Contact chercheur

Anne CHARMANTIER, , Centre d'Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CEFE), CNRS/Université de Montpellier 1, 2 et 3, Montpellier SUPAGRO / CIRAD / IRD / Ecole Pratique des Hautes Etudes / INRA,  

Mél : anne.charmantier@cefe.cnrs.fr

 

Contact presse

Bénédicte Martin, chargée de communication, Centre d'Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CEFE),

Tel : 04 67 61 32 09, Mél : Benedicte.MARTIN@cefe.cnrs.fr

 

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