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En direct des laboratoires

 

31 octobre 2012

Quand le dynamisme des populations de cerfs fait décliner les populations d’oiseaux forestiers

 

La question Si les forêts nord-américaines sont plus silencieuses au printemps, les responsables pourraient en être les cerfs. Des données recueillies par les chercheurs du Centre d'Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CEFE - CNRS/Université Montpellier 1, 2, 3/ MONTPELLIER SUPAGRO/CIRAD/IRD/INRA), entre 1966 et 2009, suggèrent que le retour massif de ces animaux pourrait s’être fait au détriment de nombreuses populations d’oiseaux.

 

 

cerf

Cerf à queue noire broutant des bourgeons d'épicéa dans l’archipel de Haida Gwaii, au Canada

© J.-L. Martin, RGIS - CNRS

 

Tout comme en Europe, les populations de cerfs ont explosé en Amérique du Nord au cours du 20e siècle, passant d’environ 300.000 à 30 millions d’individus selon les estimations. La raison : une politique de gestion plus favorable à ces animaux qui connaissaient un fort déclin. Suite à une étude menée dans un archipel de la Colombie britannique (Canada), qui montrait que l’introduction récente de cervidés sur ces îles avait entraîné une forte diminution des populations d’oiseaux, des chercheurs du CEFE ont décidé de vérifier l’impact du retour des cerfs à l’échelle du continent nord-américain tout entier. Pour ce faire, ils ont croisé les données des populations de cervidés sur la période 1966-2009 avec les chiffres du North American Breeding bird survey - le recensement annuel des oiseaux nicheurs réalisé par les ornithologues amateurs.


Le résultat est sans appel. « Il existe une relation étroite entre augmentation des populations de cerfs et diminution des populations d’oiseaux forestiers », indique Jean-Louis Martin. Sur un échantillon de 73 espèces d’oiseaux, la moitié, soit 37 espèces, voit ses effectifs décroître en présence du cerf. « Les espèces qui déclinent le plus sont les oiseaux des sous-bois, qui nichent et s’alimentent dans les buissons dont les cerfs font leur festin » explique Jean-Louis Martin, qui précise que ce déclin est plus sévère dans les régions où le cerf est plus abondant.


Si le dynamisme des populations de cervidés est un indéniable succès pour la conservation de la nature, cette étude pose la question des bénéfices à attendre du retour de leurs prédateurs, au premier rang desquels le loup, pour réguler leurs effectifs.

 

Référence
« Declining woodland birds in North America: should we blame Bambi ?”, publié par S. Chollet et J.-L. Martin dans Diversity and Distributions d’octobre 2012

 

Contact chercheur

Jean-Louis Martin, Centre d'Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CEFE), Tel : 04 67 61 32 64,

Mél : jean-louis.martin@cefe.cnrs.fr

 

Contact presse

Bénédicte Martin, chargée de communication, Centre d'Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CEFE),

Tel : 04 67 61 32 09, Mél : Benedicte.MARTIN@cefe.cnrs.fr

 

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