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En direct des laboratoires

 

11 décembre 2012

Chez l’homme, avoir un aîné est-il un atout ou un handicap ?

 

Si avoir des frères et sœurs aînés augmente les chances de survie dans l’enfance, les effets de la fratrie à long terme ne sont pas forcément positifs pour les individus. C’est ce que révèle l’analyse d’une population rurale finlandaise des 18e et 19e siècles, réalisée par des chercheurs de l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier (CNRS/ Université Montpellier II/ IRD) en partenariat avec l’université de Sheffield, au Royaume-Uni.

 

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Familles finlandaises au 19e siècle. La présence d’un aîné de même sexe dans la fratrie fait baisser la probabilité pour ses cadets d’avoir des enfants et le nombre d’enfants engendrés. © Virpi Lummaa.

 

 

Les spécialistes de l’évolution humaine l’ont déjà montré lors de précédentes études : avoir des frères et sœurs aînés peut se révéler un véritable atout pour le petit d’homme, qui voit ainsi ses chances de survie augmenter. Aucune étude ne s’était cependant penchée sur les effets à long terme de cette fratrie sur le destin des individus et notamment sur leur succès reproducteur. Une première que viennent de réaliser des chercheurs de l’Institut de l’évolution de Montpellier en partenariat avec l’université de Sheffield, au Royaume-Uni. Pour ce faire, les chercheurs ont analysé les généalogies fournies par différents registres paroissiaux de la Finlande des 18e et 19e siècles – soit un échantillon de plus de 20.000 individus.


Les statistiques sont sans appel : si avoir au moins un frère ou une sœur aîné(e) augmente la survie pendant l'enfance dans ces familles de 6 enfants en moyenne – notamment parce que les aînés augmenteraient les ressources de la famille en travaillant et participeraient aux soins des plus petits, les effets s’inversent à l’âge adulte. « La présence d’un aîné de même sexe dans la fratrie fait baisser, et la probabilité d’avoir des enfants, et le nombre d’enfants engendrés », indique Aïda Nitsch, l’auteur principal de cette étude publiée dans « Proceedings of the Royal Society B ». Au-delà d’une possible concurrence entre frères et sœurs, les effets induits par les géniteurs seraient déterminants. « A l’âge adulte, les parents ont tendance à favoriser les aînés : c’est généralement le fils aîné qui hérite de la ferme, et la fille aînée qui dispose de la meilleure dot », explique la doctorante à l'Institut des sciences de l'évolution de Montpellier. Reste maintenant à savoir si ces effets sont toujours observables dans les populations modernes.

 

 

Références

Article : “Are elder siblings helpers or competitors ? Antagonistic fitness effects of sibling interactions in humans” publié dans “Procedings of the Royal Society B” par Aïda Nitsch, Charlotte Faurie et Virpi Lummaa.

 

 

Contact chercheur

Aïda Nitsch, Email : a.nitsch@sheffield.ac.uk

Institut des sciences de l'évolution de Montpellier - ISEM (CNRS/ Université Montpellier II/ IRD), Université sciences et techniques du Languedoc Montpellier 2, Bâtiment 22, 1er étage, place Eugène Bataillon
BP CC065, 34095 MONTPELLIER CEDEX 5

 

 

Contact communication

Aurélie LIEUVIN, chargée de communication de la délégation Languedoc Roussillon du CNRS, aurelie.lieuvin@dr13.cnrs.fr


 

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