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En direct des laboratoires

 

26 avril 2011

A la recherche de l'ancêtre commun à l'homme moderne et à Néandertal

 

Un des défis de la paléoanthropologie consiste à déterminer le plus récent ancêtre commun à l'homme moderne et à l'homme de Néandertal. Publiée dans PLoS ONE, une étude franco-italienne menée par deux chercheurs de l’équipe Paléontologie et Bioarchéologie de l'UMR 6578 (Anthropologie bioculturelle, CNRS-Université de la Méditerranée-EFS) et un chercheur de l’Université de Rome (Sapienza, Dipartamento di Biologia Ambientale) suggère, à partir de la comparaison de nombreux crânes fossiles dont celui de Ceprano, découvert en Italie en 1994, qu'Homo heidelbergensis pourrait être cette espèce ancestrale.

 

Quelle est l'espèce ancestrale à Homo sapiens – l'homme moderne, qui a émergé en Afrique il y a environ 200 000 ans– et à Homo neanderthalensis – l'homme de Néandertal, qui s'est différencié en Europe quelques dizaines de milliers d'années plus tôt ? L'étude franco-italienne publiée dans PLoS ONE propose d’aborder cette question cruciale de la paléoanthropologie à partir d’un célèbre fossile découvert dans le Latium, le crâne de Ceprano, dont l'âge a récemment été réestimé à environ 400 000 ans. Les auteurs de ce travail ont réanalysé les caractéristiques morphologiques de ce fossile et l'ont comparé avec plusieurs dizaines d'autres spécimens, plus ou moins récents, appartenant à des espèces du genre Homo : Homo erectus, Homo ergaster, Homo heidelbergensis, Homo neanderthalensis et notre espèce, Homo sapiens.

Les résultats de cette comparaison à grande échelle montrent deux choses : d'une part que le crâne de Ceprano, en se plaçant comme le fossile le plus archaïque de l'espèce Homo heidelbergensis, pourrait représenter un pont entre les fossiles du Pléistocène inférieur (de - 1,8 million d'années à - 780 000 ans) et ceux du Pléistocène moyen (de -780 000 à -130 000 ans) ; d'autre part qu'Homo heidelbergensis se serait répandu en Afrique et en Eurasie aux alentours de la limite entre le Pléistocène inférieur et moyen et serait le dernier ancêtre commun des hommes modernes et des Néandertaliens.

 

Ce travail clarifie une période de l’évolution humaine qui ne voit toujours pas l’émergence d’un consensus au sein de la communauté scientifique. Par ailleurs, sa méthodologie originale pourrait permettre de reconsidérer de nombreuses problématiques taxonomiques en paléoanthropologie.

breve mounier

Le fossile de Ceprano
© G. Manzi, courtoisie de M. Rubini, Soprintendenza per i Beni Archeologici per il Lazio

 

Référence
The Stem Species of our Species. A Place for the Archaic Human Cranium from Ceprano, Italy, PLoS ONE, Aurélien Mounier, Silvana Condemi & Giorgio Manzi.

 

Contact chercheur
Aurélien Mounier, UMR 6578 Anthropologie bioculturelle (CNRS – Université de la Méditerranée – Etablissement français du sang), Faculté de médecine - Secteur Nord, bât. A – CS80011, boulevard Pierre Dramard, 13344 Marseille Cedex 15. Tél. : 04-91-69-88-72.

 

Contact communication
Karine Balligand, Responsable du service communication de la Délégation Provence et Corse du CNRS

 

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