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En direct des laboratoires

 

28 novembre 2013

Papillons mimétiques : qui se ressemble, s’assemble

 

Bien connus des biologistes depuis le 19e siècle, les papillons mimétiques sont un bel exemple de coopération entre espèces : ces papillons non comestibles ont en effet tendance à adopter les même motifs colorés, ce qui dissuade les oiseaux de les manger. Des chercheurs du laboratoire Origine, structure et évolution de la biodiversité (CNRS/MNHN) viennent de montrer que ces interactions positives étaient déterminantes dans les assemblages d’espèces et allaient jusqu’à modifier leur niche écologique.

 

Dans le piémont des Andes, ces deux espèces de papillons ithomiines partagent un motif coloré qui permet de prévenir les prédateurs de leur toxicité. ©Thierry Garcia / Bigal River Biological Reserve

 

On sait depuis longtemps que les assemblages d’espèces dans une niche écologique donnée sont régis par l’adaptation locale (seules les espèces adaptées à un milieu donné peuvent y vivre) et par la compétition (les espèces consommant les mêmes ressources ont tendance à s’exclure mutuellement). Mais peu d’études ont été consacrées au rôle des interactions positives dans ces assemblages, en particulier la coopération entre espèces proches. Pour en savoir plus, des chercheurs du laboratoire Origine, structure et évolution de la biodiversité se sont penchés sur le plus grand groupe connu de papillons mimétiques : les papillons ithomiines d’Amazonie et des Andes - soit plus de 380 espèces réparties entre 200 et 2000 mètres d’altitude. « Un recensement des espèces d’ithomiines et de tous les motifs existants a été mené dans 15 sites à des altitudes différentes », détaille Marianne Elias, chercheuse CNRS et coauteur de l’article paru dans American Naturalist. « Il a été complété d’une étude phylogénétique destinée à déterminer les relations de parenté entre toutes ces espèces ».


Sans surprise, on constate que le milieu a une incidence forte sur les assemblages d’espèces : les papillons les plus apparentés (et donc adaptés aux mêmes conditions de température, de précipitations ou de nourriture) ont tendance à occuper une même niche écologique – ici, une même altitude –, et un même motif sur leurs ailes. Mais le lien de parenté ne fait pas tout : il arrive que des espèces moins apparentées, mais partageant le même motif, coexistent à une même altitude. « Cela signifie que le danger représenté par les prédateurs est tellement fort qu’il peut aller jusqu’à modifier la niche écologique des papillons : en clair, une espèce ayant une apparence proche d’une autre espèce située à une altitude légèrement différente sera sélectionnée pour la rejoindre, car cela maximisera l’effet dissuasif que représente ce motif pour les oiseaux ».

 

Les implications de ces travaux vont bien au-delà des papillons mimétiques et plaident pour la prise en considération des interactions positives, très répandues dans le monde vivant, dans les modèles qui prédisent la réponse des écosystèmes aux changements globaux.


Références

Mutualistic mimicry and filtering by altitude shape the structure of Andean butterfly communities, publié le 27 novembre 2013 dans American Naturalist par Chazot N, Willmott KR, Santacruz Endara PG, Toporov A, Hill RI, Jiggins CD et Elias M.

 

Contact chercheur

Marianne Elias, Origine, structure et évolution de la biodiversité CNRS/MNHN

Tél. : 01 40 79 37 90 / 06 68 70 49 69
E-mail : elias@mnhn.fr

 

Contact communication

Géraldine Veron, Origine, structure et évolution de la biodiversité CNRS/MNHN

Tél. : 01 40 79 48 53
E-mail : veron@mnhn.fr


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