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En direct des laboratoires

 

29 août 2014

Une bilharziose pas si tropicale que cela …

 

Du fait du réchauffement climatique et des déplacements de populations plus importants autour du globe, les aires de distribution de certaines maladies tropicales ne cessent de s’étendre. C’est le cas pour la bilharziose urinaire, due à un ver plat du genre Schistosoma qui parasite plus de 100 millions de personnes dans le monde et en tue chaque année près de 150 000. Jusque-là, cette parasitose sévissait seulement dans les régions tropicales et subtropicales. Or en avril 2014 les autorités sanitaires nationales signalaient 8 cas en France… Des investigations menées par une équipe comprenant des chercheurs du laboratoire Ecologie et Evolution des Interactions (CNRS / Université de Perpignan Via Domitia) et du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Toulouse révèlent que le foyer de transmission se trouve en Corse, et implique un type de schistosome particulier... Les détails sont publiés dans le numéro de septembre de la revue Emerging Infectious Diseases.

 

Le mollusque Bulinus truncatus hôte intermédiaire de Schistosoma haematobium a été trouvé dans trois rivières du Sud-Est de la Corse.

Le mollusque Bulinus truncatus hôte intermédiaire de Schistosoma haematobium a été trouvé dans trois rivières du Sud-Est de la Corse. Jérôme Boissier)

 

Tout d’abord, les chercheurs perpignanais ont analysé l’ADN des œufs de ver dans l’urine des patients suivis au CHU de Toulouse. Il apparaît que le ver impliqué n’est pas une espèce « pure », mais un hybride entre une espèce infectant spécifiquement l’humain, Schistosoma haematobium, et un schistosome du bétail, S. bovis.

 

Ensuite, les biologistes ont rencontrés les premières personnes infectées. Celles-ci leur ont appris qu’elles s’étaient baignées pendant les étés 2012 et 2013 dans une rivière de Corse-du-Sud : la rivière Cavu. Les chercheurs se sont donc rendus au bord de ce cours d’eau du 12 au 19 mai 2014 et ont analysé les mollusques y vivant. Observation : ils ont noté de fortes quantités d’un escargot d’eau connu pour abriter les embryons de vers schistosomes : Bulinus truncatus.

 

De tous ces résultats, les biologistes ont conclu que les premières contaminations rapportées ont eu lieu en été 2012, et que le foyer de transmission est la rivière Cavu.

Depuis la transmission de ces résultats aux autorités sanitaires fin mai 2014, la rivière Cavu est interdite à la baignade.

 

Désormais, l’équipe tente de comprendre comment l’hybridation entre deux espèces de schistosome a pu avoir lieu, ainsi que ses conséquences en termes de transmission en Corse. Le but : anticiper au mieux les risques de la transmission de la bilharziose dans d’autres régions du sud de l’Europe.

 

Références

Emergence of schistosomiasis haematobium in Corsica, France, par Berry A., Moné H., Iriart X., Mouahid G., Abbo O., Boissier J., Fillaux J., Cassaing S., Debuisson C., Mitta G., Théron A. & Magnaval J.-F. publié online dans Emerging Infectious Diseases en juin 2014.

 

Contact chercheur

Guillaume Mitta, Ecologie et Evolution des Interactions - 2EI - (CNRS / Universités de Perpignan)

Tél. : 04 68 66 21 85
Email : mitta@univ-perp.fr

 

Contact communication

Anne Modat, Ecologie et Evolution des Interactions - 2EI - (CNRS / Universités de Perpignan)

Tél. : 04 68 66 20 50
Mél. : anne.modat@univ-perp.fr


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