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En direct des laboratoires

 

24 octobre 2014

La reproduction d’une colonie de manchots Adélie anéantie par de mauvaises conditions climatiques

 

Les perturbations environnementales peuvent être lourdes de conséquences pour les espèces. Des travaux publiés le 17 octobre 2014 dans la revue Ecography sur le suivi d’une colonie de manchots Adélie l’illustrent de manière saisissante. Menée par une équipe de l’Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien de Strasbourg (IPHC) et du Centre d'études biologiques de Chizé (CEBC) pendant la dernière saison de reproduction de l’espèce, l’étude révèle qu’aucun poussin élevé par les 34 000 couples d’oiseaux de la colonie n’a survécu. A l’origine de cet échec sans précédent, des conditions météorologiques très inhabituelles.

 

© Xavier Meyer, 2014


Le manchot Adélie, espèce endémique de l’Antarctique, est parfaitement adapté aux rudes conditions climatiques qui règnent sur ce continent. Il suffit toutefois que ce climat prenne un caractère inattendu pour que la vie de ces oiseaux marins s’en trouve totalement bouleversée. C’est la situation à laquelle ont dû faire face les manchots Adélie de l’île des Pétrels en pleine saison de reproduction. Fin 2013, alors que les poussins de la colonie viennent d’éclore, l’île qui abrite également la base scientifique française Dumont d’Urville est entourée d’une superficie de glace de mer encore jamais observée à cette époque de l’année. « Celle-ci était si étendue que d'une année sur l'autre nous avons constaté, via les suivis par GPS des déplacements en mer de ces oiseaux, que le temps qu’ils consacraient à rechercher de la nourriture pour leur progéniture avait doublé », précise Yan Ropert-Coudert, biologiste au CNRS à l’Institut pluridisciplinaire Hubert Curien de Strasbourg. Insuffisamment nourris, les poussins vont alors s’affaiblir très rapidement.


Mais ce qui n’aurait pu être qu’une année noire en termes de reproduction prend un tournant catastrophique lorsque des pluies intenses s’abattent sur ce territoire qui jouit habituellement d'un climat sec lui valant le surnom de "désert froid". Aux alentours du jour de l'an, trois jours de pluies consécutives provoquent la mort de 30% des poussins de la colonie, le plumage de ces oisillons ne les protégeant pas du fort taux d'humidité ambiant. Affamés, les rares poussins survivants n’ont pas résisté longtemps à l’absence prolongée des parents et à l'assaut des prédateurs. Début février 2014, les scientifiques ne peuvent que constater l’ampleur du phénomène : aucun des poussins élevés par les 34 000 couples de manchots de la colonie n’a survécu. Un échec total de reproduction qui n'avait encore jamais eu lieu depuis que le recensement des populations a débuté dans cette région, il y plus de cinquante ans. Les chercheurs veulent maintenant savoir comment les manchots Adélie réagiront à la dégradation de ces conditions environnementales si, comme ils le redoutent, elles devaient se répéter. « En couplant le suivi de cette population à des études mécanistiques visant par exemple à vérifier si les manchots deviennent de plus en plus stressés avec l'accumulation des mauvaises saisons, nous parviendrons à identifier les réponses comportementales ou physiologiques de ces oiseaux à la transformation rapide de leur milieu», conclut Yan Ropert-Coudert.

 

 

Télécharger la brève (PDF- 539 Ko)

 

Références :

A complete breeding failure in an Adélie penguin colony correlates with unusual and extreme environmental events , par Yan Ropert-Coudert, Akiko Kato, Xavier Meyer, Marie Pellé, Andrew J. J. MacIntosh, Frédéric Angelier, Olivier Chastel, Michel Widmann, Ben Arthur, Ben Raymond and Thierry Raclot publié dans Ecography le 17 octobre 2014

DOI : 10.1111/ecog.01182

 

Contacts chercheurs

Yan Ropert-Coudert, Institut pluridisciplinaire Hubert Curien (IPHC) – CNRS / Université de Starsbourg

Tél. : 03 88 10 66 59
Email : yan.ropert-coudert@iphc.cnrs.fr

 

Olivier Chastel,Centre d'études biologiques de Chizé (CEBC) – CNRS / Université de La Rochelle

Tél. : 05 49 09 78 37
Email : olivier.chastel@cebc.cnrs.fr

 

Contacts communication

Nicolas Busser, Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien (IPHC) – CNRS / Université de Starsbourg

Tél. : 03 88 10 66 66
Email : nicolas.busser@iphc.cnrs.fr

 

Bruno Michaud, Centre d'études biologiques de Chizé (CEBC) – CNRS / Université de La Rochelle

Tél. : 05 49 09 67 43
Email : bruno.michaud@cebc.cnrs.fr

 


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