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En direct des laboratoires

 

1 octobre 2015

Déclin des moineaux des villes à cause d’une nourriture urbaine inadaptée

 

En Europe occidentale, le moineau domestique est une espèce urbaine par excellence. Or, plusieurs études récentes ont rapporté un déclin de cette espèce dans les métropoles européennes. Une équipe du Centre d’Etudes Biologiques de Chizé (CNRS/Université de La Rochelle) a tenté de comprendre les causes de ce phénomène. Les chercheurs ont comparé plusieurs populations de moineaux urbains et ruraux. Leurs résultats suggèrent que le déclin de ces oiseaux en ville est lié à la nourriture urbaine issue des activités humaines, inadaptée au développement de leurs petits. Ces résultats ont été publiés récemment dans la revue Plos One.

 

Cutlure in vitro d’un mélange de différents champignons utilisés pour la fabrication du fromage (Penicillium camemberti, P. roqueforti) ainsi que P. rubens. 
© Jeanne Ropars

Groupe de moineaux en milieu urbain.
© Paul Tixier

 

Pour cette étude, les biologistes ont mené leurs travaux sur 110 moineaux (68 adultes et 42 jeunes âgés de quelques semaines), capturés sur deux sites urbains et deux sites ruraux de la région Poitou-Charentes. Leur but était de déterminer si vivre en ville avait des répercussions sur l’état nutritionnel et la physiologie des volatiles, pouvant expliquer leur déclin en milieu urbain. Pour ce faire, les chercheurs ont réalisé des mesures morphologiques et physiologiques sur chaque oiseau. Ils ont par exemple évalué la taille de leur bec, de leurs pattes et de leurs ailes, leur masse corporelle et la quantité de graisse au niveau du cou.


Les résultats montrent notamment que, comparé aux populations rurales, les volatiles urbains adultes étaient sensiblement plus petits de 5 à 10% et moins gros (26 grammes contre 28 en moyenne). Paradoxalement, les jeunes urbains se sont révélés significativement plus gras que les ruraux, avec un score de gras moyen de 2.5 contre 1.9. « Ces données suggèrent que les moineaux urbains ont une nourriture trop grasse. En effet, pour une bonne croissance, les oisillons doivent surtout incorporer des protéines, via l’ingestion d’insectes ; or en ville, ils ont plus accès à des aliments gras issus des activités anthropiques », explique le biologiste Frédéric Angelier.


Cette nourriture inadaptée pourrait contribuer au déclin des moineaux en ville en nuisant non pas à la survie des oiseaux adultes, mais à leur reproduction - avec moins d’œufs produits -, ainsi qu’à la croissance et à la survie de leurs petits.  « Cependant, souligne Frédéric Angelier, cette nourriture trop grasse ne doit pas être le seul facteur responsable. D’autres paramètres, pourraient aussi jouer de façon conjuguée, comme les pollutions sonore ou atmosphérique ».

 

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Référence 

Influence of urbanization on body size, condition, and physiology in an urban exploiter: a multi-component approach, par Alizée Meillère, François Brischoux, Charline Parenteau et Frédéric Angelier publié le 13 aout 2015 dans Plos One
DOI: 10.1371/journal.pone.0135685

 

Contacts chercheurs

Frédéric Angelier, Centre d'études biologiques de Chizé (CEBC) – CNRS / université de La Rochelle
Tél. : 05 49 09 96 19
Email : frederic.angelier@cebc.cnrs.fr

 

Alizée Meillère, Centre d'études biologiques de Chizé (CEBC) – CNRS / université de La Rochelle
Tél. : 05 49 09 78 13
Email : alizee.meillere@cebc.cnrs.fr

 

Contact communication

Bruno Michaud, Centre d'études biologiques de Chizé (CEBC) - CNRS / Université de La Rochelle
Tél. : 05 49 09 67 43
Email : bruno.michaud@cebc.cnrs.fr


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