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En direct des laboratoires

 

1er août 2017

Vers des réseaux d’habitats multi-espèces robustes aux changements globaux

 

Sélectionner les futures aires protégées en combinant critères de qualité et de connectivité de l’habitat pour de multiples espèces pourrait permettre de mieux conserver la biodiversité sous la pression des changements climatiques et des changements d’usage des sols. C’est ce que démontre une étude (1) menée par un chercheur du CNRS et ses collègues de l’Université McGill et de l’Université du Québec en Outaouais (Canada) (2) sur la région du grand-Montréal et publiée dans Conservation Biology.

 

Conserver la connectivité des habitats est une approche devenue commune pour conserver la biodiversité. Le défi est de protéger des réseaux d’habitats qui prennent en compte les besoins écologiques (souvent assez différents) d’un grand nombre d’espèces et qui puissent continuer à fournir des habitats de qualité et bien connectés dans le futur, malgré les changements globaux en cours. Albert et al. proposent une nouvelle approche combinant théorie des graphes et priorisation multicritères pour faire face à ce défi. Cette approche permet d’identifier au niveau régional des réseaux d’habitats multi-espèces qui restent connectés pour différents scénarios de changements climatiques et d’usage des sols.

 

Ces travaux montrent qu’optimiser les réseaux d’habitats à conserver à partir de critères de qualité et de connectivité permet de ralentir le démantèlement des réseaux dans des paysages fragmentés, même sous la pression des changements globaux. Par exemple, protéger 17% de la surface régionale (Objectif Aïchi n°11) en priorisant les habitats forestiers sur leur qualité et la manière dont ils contribuent à la connectivité de la région conduit à potentiellement satisfaire 72% des critères de conservation.

 

Priorisation des habitats sur la base de leur qualité (gauche) et de leur qualité et de leur contribution aux connectivités à courte et longue distance (droite)  pour 14 espèces focales dans la région de Montréal. ©Cecile H Albert


Trois grands principes doivent être appliqués pour sélectionner efficacement les réseaux d’habitats à conserver :

  1. Combiner plusieurs indices de connectivité et de qualité de l’habitat pour de multiples espèces ayant des besoins écologiques et des capacités de dispersion variés
  2. Prendre en compte différentes facettes de la connectivité fonctionnelle, et notamment ses dimensions multi-échelles (connectivités à courte et longue distances) et multi-mouvements (ex. déplacements quotidiens, dispersion natale, migration climatique)
  3. Tester la robustesse des réseaux identifiés aux changements climatiques et d’utilisation des terres à venir à l’aide de scénarios.


L’approche proposée a été appliquée à un ensemble de 14 espèces focales de la région Montréalaise (Québec). Le projet a permis de :

  1. Comparer la manière dont les priorités de conservation sont modifiées lorsque les besoins de plusieurs espèces en termes de qualité de l’habitat, de connectivité à courte et longue distances, mais aussi de niche climatiques sont considérés
  2. Tester l’efficacité de différents scénarios de conservation à maintenir la connectivité des réseaux d’habitats dans le futur.

Réseaux d’habitats au niveau régional et diversité des besoins en termes d’habitat différents (niveaux de vert) et en termes de dispersion (niveaux de jaune à gauche et niveaux de bleu à droite) dans la région de Montréal. ©Cecile H Albert


Grâce à l’engagement actif des porteurs d’enjeux de la région tout au long du projet, un ensemble disparate d’initiatives de conservations locales a été articulé en une vision régionale unique de réseaux écologiques. Cette vision est maintenant implémentée sous la forme d’une ceinture verte pour le Grand Montréal. De par sa flexibilité, l’approche proposée par Albert et al. peut être appliquée à toutes les villes ou régions, où la connectivité est particulièrement réduite, et il est facile d’y ajouter d’autres critères de conservation concernant la biodiversité (ex. espèces rares) ou les services écosystémiques.

  1. Menée dans le cadre d’un projet soutenu par la commission européenne (Marie Curie IOF DYVERSE) et par le consortium Québécois de recherche sur les changements climatiques, OURANOS (projet ÉCOBIOCC)
  2. Cécile H. Albert, chercheur à l’Institut Méditerranéen de Biodiversité et d’Ecologie marine et continentale (CNRS / Aix Marseille Uni / IRD / Avignon Uni), Bronwyn Rayfield de l’ Université du Québec en Outaouais et Apex Resource Management Solutions Ltd., Ottawa (Ontario, Canada), et Andrew Gonzalez et Maria Dumitru de l’Université McGill à Montréal (Québec, Canada).

 

 

Référence :
Applying network theory to prioritize multi-species habitat networks that are robust to climate and land-use change. Albert, C. H., Rayfield B., Dumitru M. & Gonzalez A. 2017.Conservation Biology.
DOI: 10.1111/cobi.12943.


 

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Contact chercheur :

Cécile Albert – Institut Méditerranéen de Biodiversité et d’Ecologie (CNRS / Aix Marseille Uni / IRD / Avignon Uni)  : cecile.albert@imbe.fr

 

Contact communication :

Vanina Beauchamps-Assali - Institut méditerranéen de biodiversité et d'écologie marine et continentale (IMBE – CNRS / Aix-Marseille Université / Université d’Avignon / IRD) : vanina.beauchamps-assali@imbe.fr

 

 

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