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En direct des laboratoires

 

31 janvier 2018

Réconcilier Pasteur et Darwin pour contrôler les maladies infectieuses

 

La combinaison de l’histoire des sciences et de la biologie illustre comment la réconciliation entre les domaines de la biologie dérivés des travaux de Louis Pasteur et Charles Darwin ouvre des pistes prometteuses pour le contrôle des maladies infectieuses.

 

Charles Darwin (1809-1882) le naturaliste et Louis Pasteur (1822-1895) le microbiologiste

 

À première vue, tout oppose Louis Pasteur et Charles Darwin. Que ce soit au niveau des thématiques de recherche, des techniques et des objets d’analyse, des convictions religieuses ou de l’environnement social dans lequel ils travaillaient. Cela explique, en partie, que les personnalités et recherches des deux savants aient très rarement été mises en regard.

 

Cet essai publié par PLoS Biology combine le point de vue d’un biologiste (Samuel Alizon, CNRS Montpellier) et celui d’un historien et philosophe des sciences (Pierre-Olivier Méthot, Université Laval, Canada). S’appuyant sur cette double expertise, le cheminement des disciplines en sciences de la vie fondées par Pasteur et Darwin au siècle dernier est analysé à la lumière de résultats et de problématiques contemporains.

 

Ce travail souligne tout d’abord qu’il existe de nombreux points communs entre le microbiologiste et le naturaliste. En effet, contrairement à une opinion répandue, Darwin s’est intéressé aux micro-organismes et a même réfléchi à la façon de les intégrer dans le cadre de ses théories. De même, l’évolution microbienne est essentielle pour comprendre les travaux réalisés par Pasteur sur la nature et les causes des maladies infectieuses. La divergence entre microbiologie clinique, écologie et évolution semble donc avoir eu lieu au cours du XXe siècle.

 

En analysant des travaux récents portant sur des thématiques de santé publique telles que la résistance aux antibiotiques, la virulence des infections ou le succès des politiques de vaccination, l’article montre que la réconciliation entre les thématiques abordées par Pasteur et Darwin est particulièrement féconde. Ceci est lié au fait que l’approche moléculaire héritée de Pasteur a tendance à négliger la vision dynamique des processus alors que la vision évolutionniste héritée de Darwin tend à faire l’impasse sur les mécanismes moléculaires. Au-delà de l’intérêt historique à rapprocher ces deux penseurs, le cadre théorique de la biologie de l’évolution pourrait permettre à la microbiologie d’atteindre de manière plus efficiente les objectifs de santé publique du XXIe siècle.

 

De récents travaux en épidémiologie et en écologie des maladies montrent qu’il est urgent de passer d’une perspective visant seulement à éradiquer les pathologies infectieuses à une perspective visant à les contrôler durablement. Toute politique de santé publique induit une pression de sélection sur les parasites. Afin d’améliorer la gestion et l’utilisation des antibiotiques, il est essentiel de tenir compte de ces phénomènes de « coévolution » et des contextes écologiques pouvant favoriser l’augmentation de la résistance et de la virulence des maladies infectieuses.

 

Référence :

Alizon S, Méthot PO. Reconciling Pasteur and Darwin to control infectious diseases. PLoS Biology.  2018

 

Contact chercheur :

Samuel ALIZON - Maladies Infectieuses et Vecteurs : Ecologie, Génétique, Evolution et Contrôle - MIVEGEC (CNRS / IRD / Université de Montpellier) - samuel.alizon@cnrs.fr

 

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