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En direct des laboratoires

 

24 mai 2018

Les aires protégées de plus en plus cernées par les pollutions lumineuses

 

Mot-clés : biodiversité, conservation, anthropocène

 

Une étude menée par des chercheurs du laboratoire LETG-Nantes et publiée dans la revue Biological Conservation, montre qu’en 20 ans les pollutions lumineuses nocturnes épargnent en partie les aires protégées mais qu’elles se concentrent de plus en plus autour d’elles, formant de véritables auréoles lumineuses. Les aires protégées, clés de voûte des mesures de protection de la nature, constituent donc les derniers remparts face à l’anthropisation massive de notre planète mais elles ressemblent de plus en plus à des confettis de nature au milieu de paysages toujours plus dominés par l’Homme.

 

Cartographie des lumières artificielles nocturnes moyennes sur la période 1993-2012. Données issues des archives du Defense Meteorological Satellite Program - Operational Linescane System (DMSP-OLS) Night-Time Light (NTL).
Les valeurs indiquent des valeurs numériques d’intensité lumineuse, s’échelonnant de 0 (pas de pollution lumineuse) à 63 (pollution lumineuse maximale).

(Crédit : Adrien Guetté / UMR LETG-Nantes CNRS, EPHE, Université d’Angers, Université de Bretagne Occidentale, Unievrsité Caen-Normandie, Université de Nantes, Université de Rennes 2).).

 

Les pollutions lumineuses nocturnes désignent les lumières artificielles ayant potentiellement ou réellement des impacts négatifs sur les écosystèmes. Elles sont cartographiées depuis le début des années 1990 grâce aux données satellitaires. En utilisant ces données, cette étude propose deux cartes : une carte des pollutions lumineuses moyennes de 1993 à 2012 et une carte de leurs tendances d’évolution sur la même période. En croisant ces cartes avec l’emprise des aires protégées à l’échelle mondiale, il apparaît clairement que les pollutions lumineuses y sont plus faibles mais aussi qu’elles y sont plus stables. Ce résultat encourageant confirme l’intérêt de cet outil clé de la protection de la nature qui joue pleinement son rôle de rempart face à l’artificialisation des paysages. En revanche, on observe également un pic de pollution lumineuse moyenne dans une première auréole de moins de 25 km autour des aires protégées et même une augmentation de ces pollutions dans une seconde auréole comprise entre 25 et 75 km. Puisque l’on sait aujourd’hui que les aires protégées doivent fonctionner en réseau, ce résultat est inquiétant car il met en évidence un isolement croissant des aires protégées au sein de paysages toujours plus dominés par les pressions humaines. Au-delà des espaces protégés, il devient plus que jamais urgent de maintenir ou de restaurer des espaces peu ou pas dominés par l’Homme. Ces espaces doivent jouer le rôle de corridors écologiques, et plus particulièrement dans le cas de cette étude, de « trames noires », c’est-à-dire de connexions entre des espaces à forts enjeux de conservation qui ne soient pas ou plus soumis aux lumières nocturnes artificielles.


 

Références :

Guetté, L. Godet, M. Juigner, M. Robin. Worldwide increase in Artificial Light At Night around protected areas and within biodiversity hotspots. Biological Conservation, 223, 97-103 (2018).


Contact chercheur :

Laurent GODET – Littoral, Environnement, Télédétection, Géomatique - LETG (CNRS, Univ. de Nantes) - laurent.godet@univ-nantes.fr

 

 

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