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En direct des laboratoires

 

14 février 2011

Le peuplement de Madagascar remonte à 2000 av. J.-C.

 

La question de la colonisation de Madagascar par l'homme est complexe. On pensait jusqu'à présent que les premiers habitants étaient arrivés entre 400 et 200 avant notre ère. Une équipe franco-malgache comprenant plusieurs chercheurs du CNRS (UPR 2147-CNRS et de l'Université de Mahajanga (1)), vient de trouver des traces de découpe sur des ossements d'hippopotames nains datant de 2000 av. J.-C. Cette découverte, qui fait remonter le peuplement de Madagascar d'un millénaire et demi, sera publiée dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences.

 

 

La découverte de traces de découpes sur des ossements d'une espèce d'hippopotame nain aujourd'hui disparue a été effectuée dans la grotte d'Anjohibe située au nord-ouest de Madagascar. Une équipe franco-malgache a mis au jour plusieurs os longs (fémurs, radio-ulna) comportant des traces de découpe concentrées sur les zones d'attaches musculaires ou tendineuses. La datation au radiocarbone a fait remonter ces ossements à environ 2000 ans avant notre ère. Jusqu’à présent, les plus anciens indices d’activité anthropique étaient localisés dans le sud du pays : il s'agissait de traces sur des os de grands lémuriens.

Non seulement cette nouvelle découverte fait reculer la date d'arrivée des premières populations humaines de 1 500 ans (ce qui double pratiquement l'histoire humaine à Madagascar), mais elle permet également de modifier la carte de répartition des sites présentant les premières activités de l'homme en l'étendant jusqu’au nord-ouest de l'île. Anjohibe se trouve près des deux voies les plus courtes pour une colonisation humaine, une voie située au nord-ouest passant par les Comores pour une origine africaine, une autre voie située au nord-est pour une origine asiatique. Le peuple malgache actuel est le résultat d’un métissage génétique et culturel provenant principalement du Sud-Est asiatique (Indonésie) et de l’Afrique orientale.

Sur le plan écologique, cette étude n'est pas sans conséquence, puisqu'elle montre aussi que l’homme a coexisté pendant beaucoup plus de temps qu’envisagé avec la mégafaune subfossile dont les causes de l'extinction font toujours l'objet de débats.

 

(1) Le projet Mission Archéologique et Paléontologique dans la Province de Mahajanga (MAPPM) est une collaboration franco-malgache entre l'UPR 2147 du CNRS (Dynamique de l'Évolution Humaine : Individus, Populations, espèces) et l'UFR Mozea Akiba de l'Université de Mahajanga, financée par la Sous-direction des échanges scientifiques et de la recherche (Pôle Archéologie et Sciences Sociales) du Ministère des Affaires Etrangères et Européennes, le CNRS et l'Université de Mahajanga.

 

 

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A gauche, vue générale de la salle d'où proviennent les ossements d'hippopotame dans la grotte d'Anjohibe.
A droite, un des ossements portant des traces de découpe.

Crédit photo : © D. Gommery- MAPPM & CNRS

 

 

Référence
Les plus anciennes traces d’activités anthropiques de Madagascar sur des ossements d’hippopotames subfossiles d’Anjohibe (Province de Mahajanga), Comptes rendus de l'Académie des sciences (série Palevol), Dominique Gommery, Beby Ramanivosoa, Martine Faure, Claude Guérin, Patrice Kerloc’h, Frank Sénégas, Hervé Randrianantenaina.

 

Contact chercheur

Dominique Gommery, Dynamique de l'évolution humaine (UPR 2147 du CNRS), 44 rue de l'Amiral Mouchez, 75014 Paris. Tél. : 01-43-13-56-19.

 

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