CNRS : Centre National de la Recherche Scientifique
Liens utiles CNRSLe CNRSAnnuairesMots-Clefs du CNRSAutres sites
Accueil  Environnement et développement durable - Centre National de la recherche scientifiqueAccueil  Institut écologie et développement - Centre National de la recherche scientifique
  Accueil > Espace communication > En direct des laboratoires

sur ce site :

En direct des laboratoires

 

3 janvier 2012

Le paludisme est arrivé en Amérique du Sud via la traite négrière

 

Dans une étude à paraître dans les Proceedings de l'Académie des sciences américaine (PNAS),une équipe internationale emmenée par des chercheurs de l'unité Maladies Infectieuses et Vecteurs : Écologie, Génétique, Évolution et Contrôle (CNRS/IRD/Universités de Montpellier 1 et 2) a montré que le parasite majeur du paludisme était arrivé en Amérique du Sud il y a seulement quelques siècles, en suivant les routes du trafic d'esclaves africains.

 

Plasmodium falciparum, le plus répandu et le plus virulent des cinq micro-organismes responsables du paludisme humain, est aujourd'hui présent dans la quasi totalité des pays de la zone intertropicale où il infecte annuellement plus de 500 millions de personnes. Sa découverte récente chez les grands et petits singes de l'Ancien Monde suggère fortement qu'il est originaire d'Afrique, ce qu'indique aussi sa très grande diversité génétique dans ce continent. Toutefois, les modalités de son expansion mondiale ne sont pas connues et notamment la manière dont il a conquis l'Amérique du Sud.

Grâce à des chercheurs du monde entier, une collection de matériel biologique unique par sa diversité a été réunie : plus d'un millier d'isolats couvrant toute l'aire de répartition du parasite. L'analyse de ses marqueurs génétiques dans différents endroits de la planète a permis d'obtenir plusieurs résultats, exposés dans l'article bientôt publié dans les PNAS. Tout d'abord, les P. falciparum sud-américains actuels sont éloignés de ceux circulant en Asie. Cela exclut que le parasite soit entré en Amérique via le détroit de Béring en suivant le peuplement humain ancien. En réalité, il apparaît que le pathogène est originaire d'Afrique. Les dates estimées de son arrivée dans le Nouveau Monde sont compatibles avec une introduction liée au commerce des esclaves, soit il y a 500 à 200 ans. Enfin, les analyses montrent que P. falciparum a été introduit en Amérique en plusieurs fois, et de façon indépendante, à partir de l'Afrique. Ces introductions multiples, l’une au nord du continent sud-américain et l’autre au sud, reflètent les différentes routes empruntées lors de la traite négrière transatlantique et les différentes destinations des esclaves (empire colonial espagnol ou empire portugais).
           
Ces travaux, de même que ceux qui concernent les primates, démontrent l'exceptionnelle capacité invasive de P. falciparum, une caractéristique qu'il est essentiel de prendre en compte pour l'élaboration de programmes de lutte contre une maladie qui a tué plus de 650 000 personnes dans le monde en 2010.

 

Breve Paludisme

Globules rouges infectés par Plasmodium falciparum © P. Bastien /D. Basset

 

Référence
Multiple independent introductions of Plasmodium falciparum in South America, Proceedings of the National Academy of Sciences, Erhan Yalcindag, Eric Elguero, Céline Arnathau, Patrick Durand, Jean Akiana, Timothy J. Anderson, Agnes Aubouy, François Balloux, Patrick Besnard, Hervé Bogreau, Pierre Carnevale, Umberto D’Alessandro, Didier Fontenille, Dionicia Gamboa, Thibaut Jombart, Jacques Le Mire, Eric Leroy, Amanda Maestre, Mayfong Mayxay, Didier Ménard, Lise Musset, Paul N. Newton, Dieudonné Nkoghé, Oscar Noya, Benjamin Ollomo, Christophe Rogier, Vincent Veron, Albina Wide, Sedigheh Zakeri, Bernard Carme, Eric Legrand, Christine Chevillon, Francisco J. Ayala, François Renaud & Franck Prugnolle.

 

 

Contact chercheur
Franck Prugnolle, Maladies Infectieuses et Vecteurs : Écologie, Génétique, Évolution et Contrôle (Mivegec), CNRS/IRD/Universités de Montpellier 1 et 2, IRD Montpellier, 911 avenue Agropolis, BP 64501, 34394 Montpellier Cedex 5. Tél. : 04 67 41 64 29. Email : franck.prugnolle@ird.fr

 

Contact communication
Service communication de la Délégation Languedoc-Roussillon du CNRS, com@dr13.cnrs.fr

 

 

Accueil du Sitecontactimprimer Plan du sitecredits