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En direct des laboratoires
25 janvier 2012L'information sociale chez les drosophiles : des racines de la transmission culturelle à l'adaptation comportementaleQui se souvient avoir appris à baisser la poignée pour ouvrir une porte ? Difficile d'imaginer un gène qui code pour ce comportement quasi universel ! Partie intégrante de l'hérédité non-génétique, un tel mécanisme d'apprentissage est à la base de nombreux comportements qui jalonnent le quotidien, chez l'homme comme chez l'animal, et qui reposent sur une transmission sociale de l'information. Question centrale en biologie évolutive et psychologie, la compréhension de la diversité, de la complexité des comportements et de leur transmission bénéficie maintenant des recherches réalisées sur un insecte modèle, la drosophile. Une nouvelle étude menée par une équipe du laboratoire Evolution, génomes et spéciation du CNRS vient de paraître dans Current Biology.
Quel comportement adopter quand plusieurs choix sont possibles ? Question cruciale qui peut avoir des conséquences plus ou moins importantes dans la vie d'un individu. Grâce à la mise au point d'un protocole expérimental original sur le modèle drosophile, traditionnellement utilisé pour les études de génétique, il est maintenant possible d'analyser la balance entre une stratégie individuelle d'essai-erreurs, laquelle peut s'avérer coûteuse, et une stratégie de type sociale qui consiste à adopter un comportement suite aux interactions avec d’autres individus. En utilisant un caractère important pour la valeur sélective d'un individu, ici le choix du site de ponte, différentes expériences sont menées afin d'étudier l'acquisition et la transmission sociale d’une information entre des femelles naïves et des femelles expérimentées préférant un milieu de ponte particulier. Les résultats montrent que les femelles naïves apprennent des femelles expérimentées et que cette transmission d’information peut être induite par simple interaction entre individus en dehors de tout contexte de ponte. Ceci souligne l'importance des interactions entre individus, même si les mécanismes précis de ces interactions sont encore inconnus. Les travaux menés par Marine Battesti, Céline Moreno, Dominique Joly et Frédéric Mery du laboratoire Evolution, génomes et spéciation du CNRS permettent ainsi de mieux comprendre les processus de transmission sociale de l'information, leur diffusion et leur maintien au sein d'un groupe d'individus et comment cette information peut passer d'une génération à l'autre de façon non-génétique.
Référence
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