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En direct des laboratoires

 

10 avril 2012

Quand le parasite de la bilharziose joue les noctambules

 

Confronté à une réémergence de la bilharziose à Schistosoma mansoni dans la province du Dhofar, le ministère de la Santé du Sultanat d’Oman a sollicité le laboratoire Ecologie et évolution des interactions (CNRS/Université de Perpignan) dont ce parasite est le principal modèle d'étude. L'équipe française du laboratoire a découvert un comportement inédit pour cette espèce : au lieu d'émettre ses larves à la mi-journée, elle les relâche une fois la nuit tombée. Une découverte bientôt publiée dans la revue Tropical Medicine and International Health.

 

Schistosoma mansoni est un ver parasite responsable de la bilharziose intestinale humaine. Selon l'Organisation mondiale de la santé, 54 millions de personnes vivant dans les régions tropicales et sub-tropicales sont atteintes par cette maladie. Le cycle de vie de S. mansoni est bien connu des scientifiques : ce parasite se développe dans un mollusque d’eau douce et produit des milliers de larves nageantes qui vont infester l’homme par voie transcutanée.


Par le passé, les travaux du laboratoire 2EI ont démontré que S. mansoni a un chronotype diurne adapté aux périodes d'activités aquatiques de l'homme avec un pic d'émission des larves situé à la mi-journée, ce afin d'optimiser leurs chances de rencontrer un hôte. L'étude menée au Dhofar a permis de constater que S. mansoni , en plus d'avoir un chronotype diurne, possède un chronotype exclusivement nocturne avec un pic d'émission situé à 20 heures. Les travaux des chercheurs montrent que, dans cette région, le parasite s'est adapté aux périodes d'activités aquatiques, non seulement de l'homme, mais également à celles du rat !


Ces résultats surprenants posent plusieurs questions. Quelles peuvent être les interactions entre les deux chronotypes ? Quelles conséquences pourraient avoir des formes « hybrides » sur la santé humaine ? Dans quel sens l'adaptation s'est-elle faite, de l'homme vers le rat ou du rat vers l'homme ?

 

bilharziose

Le site de Tibraq, où le chronotype nocturne de Schistosoma mansoni a été découvert
© Gabriel Mouahid

 

Référence : A new chronotype of Schistosoma mansoni : adaptive significance, Tropical Medicine and International Health, Gabriel Mouahid, Mohamed A. Idris, Olivier Verneau, André Théron, Mahmoud M. A. Shaban & Hélène Moné.

 

Contact chercheur

Gabriel Mouahid, Laboratoire Ecologie et Evolution des Interactions (2EI, UMR 5244 CNRS / Université de Perpignan Via Domitia), Université de Perpignan Via Domitia, 52 avenue Paul Alduy 66860 Perpignan Cedex. Tél. : 04 68 66 21 84. E-mail : mouahid@univ-perp.fr

 

Contact communication
Service communication CNRS Délégation Languedoc-Roussillon - com@dr13.cnrs.fr

 

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